Suite critique de la saison 2 de Stranger Things qui continue doucement mais sûrement.

Le chapitre 3 (disons chapitre plutôt qu’épisode puisque c’est clairement l’intention de proposer un long film) se la joue filler en comblant un peu le temps. Le reptile occupe les garçons quand Eleven continue de se sentir captive chez Hopper.

La relation entre Eleven et Hopper gagne en épaisseur puisque les flashbacks nous content enfin leur rencontre dans les bois. On sent une belle alchimie entre le bourru et l’innocente. Cette relation prend plusieurs tournures au fil de l’épisode et du suivant renvoyant vraiment à une sorte de syndrome de Stockholm revisité. Si Eleven n’a pas le rôle central cette saison, elle perd un poil d’intensité pour se construit presque une réputation de sauveuse comme quand on attendra Superman dans Justice League. On sait qu’Eleven retrouvera les garçons et on patiente. Quand Eleven fuit la cabane où elle est enfermée, on redoute la rencontre avec Mike.

Si le scénario nous prive d’une sorte de « Eleven découvre l’extérieur » qu’on avait pu un peu découvrir la saison précédente, c’est pour éviter une certaine redite. Seule une scène avec une mère renverra au passé trouble et flou de la jeune fille. A deux doigts de croiser Mike, Eleven fait frissonner le spectateur. Un certain suspens pointe son nez avec une envie de les voir réunir. On ne nous offrira qu’une scène de jalousie à distance qui ne fait que retarder l’échéance.

La partie de l’intrigue avec D’Artagnan, la créature trouvée par Dustin divertit sans passion. On nage en terrain connu rappelant E.T. ou les récents et déjà référencés Super 8 et Echo. Les relations s’approfondissent avec un Lucas et une Max beaucoup plus pertinents que prévus.

On construit les personnages avant d’avancer un peu dans l’intrigue avec ce chapitre. Il reste néanmoins Winona Ryder qui ne parvient pas à trouver un juste milieu entre la fragilité et la folie.

Le chapitre 4 prend une tournure un poil plus dark avec Will qui semble désormais au plus près de l’Upside Down et Nancy et Jonathan qui semblent avoir un coup d’avance sur tout le monde. Nancy et Jonathan continuent leur romance déguisée en mission. Ils prennent les devants et vont à la pêche aux informations. C’est d’ailleurs assez étrange que Nancy se réveille soudainement et va au charbon… Mais tout le monde se réveille dans cet épisode avec Eleven qui n’accepte plus de ne plus rien apprendre et savoir. Elle découvre des dossiers sur elle dans le plancher de la cabane. On a connu mieux comme idée de twist. Pourquoi la cabane de Hopper aurait des archives du laboratoire où était enfermé Eleven ? Par ce biais, le passé d’Eleven s’éclaircit, elle se découvre des parents et un prénom. Le personnage gagne en intensité dramatique, elle qui jouait sur le mystère en saison 1, elle avance dans les réponses.

Will se retrouve dans un état proche de la possession. L’idée peut rebuter mais l’épisode joue assez bien sur la non-monstration. Tout est encore abstrait pour, sûrement, exploser en fin de saison. On sent alors un basculement sensible du ton et des intrigues de cette saison 2.

Avec plusieurs points de vues et éclatement des intrigues, Stranger Things 2 facilite la narration et comble le temps avec brio et facilité. Les personnages prennent de plus en plus conscience que la situation commence légèrement à les dépasser en tout point. Dustin voit D’Artagnan muter, Eleven comprend ce qu’est la mort et Will passe du côté obscur. Vu que Hopper découvre que l’Upside Down gangrène la ville d’Hawkins, la première partie de saison se conclut par une belle ouverture vers des sentiers plus sombres.