Un an après le gros succès public et critique de Stranger Things, la saison 2 débarque sur Netflix.

On avait quitté Eleven dans l’Upside Down alors que Will, Mike, Dustin et Lucas avaient quasi sauvé le monde ou du moins la ville de Hawkins. On se retrouve un an après les événements et Mike continue d’avoir les mêmes visions que lors du dernier épisode.

Pour ce retour, Stranger Things nous présente un prégénérique efficace qui ouvre une nouvelle intrigue qui ne sera pas traitée lors de ces deux premiers épisodes. On part alors sur des bases intéressantes ! Le potentiel semble vraiment là après 2 épisodes. On redoutait un gros fan service avec des références appuyés que ce soit vers la saison 1 ou l’époque des 80s. Si pour ce dernier point, les films cités sont toujours bien présents, pour les coups de coude envers la saison 1, on reste vraiment dans la séquelle propre et inspirée.

Ce premier épisode prend le pari de raconter un post-traumatisme. A la manière d’un 13 Reasons Why, on comprend et on saisit l’importance de l’absence de quelqu’un chez les personnages. Que ce soit Barb chez Nancy ou Eleven chez Mike, il y a un vrai manque qui s’est installée. Cette absence est plutôt bien gérée avec une lente montée en puissance du traumatisme pour le spectateur alors qu’on comprend que les personnages vivent avec depuis un an. Pour les autres personnages, on installe de nouveaux enjeux qui s’insèrent avec justesse dans l’ambiance. La nouvelle élève, Max, apporte un peu de fraîcheur et de nouvelles interactions entre les garçons, et Bob (Sean Astin, Les Goonies, Le Seigneur des Anneaux), le nouvel amour de Joyce (Winona Ryder) est celui par qui le calme et la sérénité arrivent pour la famille de Will. Le shérif Hopper découvre des champs de citrouilles détruits par un mystérieux mal qui semble s’étendre….

stranger things 2

Chacun a son intrigue et son développement, ce qui a le mérite d’éclater les points de vue et de voir le temps défiler rapidement. Les rares liens avec l’univers développé dans la saison 1 (ou dans le 1 puisque la saison 2 de Stranger Things se titre Stranger Things 2, comme si la série n’en était plus une) sont vraiment distillés (on continue d’explorer l’Upside Down du côté des scientifiques et on découvre où se trouve Eleven). Cet épisode 1 introduit donc parfaitement le concept de suite avec des personnages qui ne refusent pas leur passé.

L’épisode 2 continue sur cette lancée. Depuis la révélation de l’épisode précédent, on est face à des trous dans le scénario que cet épisode efface. En plus de combler le gap de temps entre la saison 1 et la saison 2, l’épisode permet de développer encore mieux les rapports entre certains personnages. Et chez les garçons, Max continue de bousculer leurs relations. En ce soir d’Halloween, chacun y va de sa soirée. Si Nancy continue de penser à Barb, Jonathan se cherche une place, Joyce est toujours à deux doigts de craquer et Hopper gère deux problèmes de plus en plus importants. La maîtrise du scénario est plutôt bonne dans cet épisode puisqu’il distille encore un peu d’informations sans jamais forcer le trait. On sent une progression tout en sentant une montée en puissance des enjeux. Et si les références forcées envers les années 80 sont encore présentes (avait-on vraiment des jeunes aussi contents de leur culture?), c’est désormais une marque de fabrique incontournable qu’il faudra supporter.

Esthétiquement parfaite, la série est consciente de l’univers qu’elle a développé et ne s’attache pas à ressasser et à nous redonner des choses déjà-vues. L’épisode 1 aurait pu très bien nous faire un gros appel du pied avec Eleven revenant sous les faisceaux de lumières des garçons, il n’en est rien. Les frères Duffer réussissent le pari de démarrer un autre chapitre vraiment différent. Il reste encore 7 épisodes pour développer cette saison 2 qui commence sur de bons rails. On ne sait encore rien, les personnages avancent à l’aveugle et nous, spectateurs, restons à l’affût.