Un épisode de plus que la saison 1 et Stranger Things termine sa seconde saison.

Fallait-il un épisode de plus pour cette année? Clairement non. Depuis le début, l’histoire avance à pas de démogorgon comme pour combler jusqu’au final.
Cet épisode 8 réunit toutes les intrigues et tous les personnages pour un final satisfaisant. Eleven est de retour et retrouve Mike, les créatures de l’Upside Down doivent être confinées, Steve doit gérer les petits et Will est au centre des attentions.
Avec le recul, cet épisode semble oublier tout ce qu’il s’est passé puisque la solution trouvée est la même que celle qui a ouvert les vannes des intrigues (le feu). Surtout, aucun compte à rebours menaçant n’impose un quelconque choix stratégique. Le seul élément salvateur est l’arrivée d’Eleven qui pourra fermer le portail. Evidemment, ce n’est une surprise pour personne que le portail devait être fermé pour empêcher toute invasion.

C’est donc dans un suspens totalement vain que les personnages vont accomplir leur mission. Et le spectateur, lui, prend plaisir mais n’est pas impliqué.
Et c’est bien à la fin de cette saison que l’on comprend que la saison n’a pas vraiment le même visage que la première et qu’il est presque loin, le temps de la série intrigante. Eleven a perdu tout poids, tout mystère, la menace est désormais connue et sera toujours la même en saison 3 vu le teasing opéré en fin d’épisode et, enfin, les personnages ont bouclé leurs intrigues. Il reste bien 8 toujours en fuite et… d’autres numéros sûrement quelque part.

La saison se permet de ne pas utiliser la gigantesque menace que les affiches et le teaser nous avaient proposé, ce monstre Lovecraftien pèse toujours et encore sur Hawkins et on aimerait en voir plus. La production est tout de même au poil, léchée, efficace et vraiment au-dessus du lot. Mais Eleven a passé sa saison à pointer sa main vers l’avant et à chouiner, Will à hurler et Winona Ryder a mis de l’eau dans son vin et n’en fait plus des tonnes (juste des caisses). Il y a donc encore des ajustements à faire avant de retrouver un intérêt plus important envers Stranger Things. On salue Dacre Montgomery (le Power Ranger rouge dans le film sorti cette année, et oui !) dans le rôle de Billy Hargrove, assez fantastique dans son genre.

 

Les dernières scènes se paient le luxe de nous offrir des moments teen qui fonctionnent admirablement, rappelant que le potentiel nostalgiquo-Proustien est encore là dans un contexte dramatique. On avait oublié que nos personnages étaient des enfants avec une vie à construire… D’ailleurs, le côté référentiel se perd au fil des épisodes pour créer un univers de moins en moins « coup de coude » comme pour la saison 1 qui nous avait happé pendant un bon tiers avec des clins d’oeil pour, ensuite, dérouler son univers. Cette saison 2 est tout de même un cran en dessous de la saison 1. La quête de nouvelles dynamiques en créant de nouveaux duos ou de nouveaux groupes fonctionne bien seulement, elle ne permet pas de construire tous les personnages de la même façon.

On croit à une saison 3 plus dense mais on ne croit plus à la hype engendrée par la série. La preuve que les séries Netflix font plus de bruit avant leur diffusion qu’après, on ne parle déjà plus de la série et on cherche encore ceux qui ont élevé, un peu vite, la série au rang d’objet culte. Ceux qui ont adoré la saison 1 adoreront la 2, ceux qui ont aimé avec réserves la saison 1 comprendront que la saison 2 pousse moins ses idées.