Radius est un film au concept radical et ça fait du bien de voir un film aussi propre.

Ecrit et réalisé par les inconnus Caroline Labrèche et Steeve Léonard, Radius ne devrait rien dévoiler de son idée. Le personnage découvre dès les premières minutes du film qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Et si le spectateur a une longueur d’avance, on perd vraiment une immersion totale. On aurait pu s’imaginer beaucoup de choses, donner une dimension immense au récit. Virus, fin du monde? Tout aurait pu être possible. Mais comme c’est un petit film qui doit se vendre, le trailer nous vend l’idée maîtresse du film.

Pour ceux qui ne savent pas de quoi retourne le film et que, de toute manière, le concept a été éventé par le synopsis, voici l’idée : Liam se réveille après un accident de voiture. Il découvre que quiconque s’approche dans un rayon de 15 mètres meurt immédiatement.

Et il est dommage de savoir déjà cette information… Même l’affiche rajoute trop d’informations pour prendre un plaisir total. Car Radius mérite vraiment le détour. Le concept est fabuleux, procure un malaise ironique immédiat. Par son concept simple, le récit de Labrèche et Léonard se permet de distiller ses révélations en rajoutant par dessus cette idée étrange une histoire classique de perte de mémoire mais également celle d’une traque de cet homme qui sème la mort partout où il va.

A partir de cette ligne, les spoilers seront de mise.

Liam se cloître chez lui sans savoir qui il est et pourquoi il a cette malédiction. Quand une femme arrive à s’approcher de lui, il comprend qu’il est lié à elle. Tous les deux victimes de cet accident de voiture, ils vont devoir commencer une longue quête de vérité. On comprend assez vite le lien entre eux deux. Cette astuce permet d’offrir alors un récit moins original et plus porté sur la chasse à l’homme et la fuite. Ce ne sont pas non plus les flashs intermittents qui perturbent les personnages en guise de souvenirs qui viendront apporter du mystère. Ce qui marche dans Radius, c’est avant tout une fluidité exemplaire du propos. La perte de mémoire, la fuite, la malédiction sont des idées déjà vues mais il y a une aura indescriptible. Quand on sent le script se perdre un peu dans les aléas du dramatique facile, on revient sur le concept initial qui apporte de nouveau une touche d’empathie. Les deux personnages deviennent de plus en plus attachants. Et quand la révélation finale arrive, on ne peut plus nier qu’on s’est faits embarquer dans quelque chose d’assez intéressant.

En effet, quoi de mieux que de s’intéresser à un personnage dont on ne connaît rien si ce n’est des faiblesses pour ensuite se retrouver vers une révélation qui peut tout changer? Et c’est dans un comment que se termine le film et non un pourquoi. Frustration quand tu nous tiens, nous voilà happés par un film qui est audacieux et nullement prétentieux. Radius nous embarque dans une histoire ancrée dans des racines crédibles, humains et qui nous questionne sur l’identité à tous les niveaux.

 

EXPLICATIONS DE LA FIN

Liam et Rose sont dans la cabane de Liam. Lui se dirige vers le lac et son bateau qui lui est apparu dans un flash. Rose veut faire un feu mais découvre un carnet caché dans le foyer.

Liam se rappelle d’avoir mis dans l’eau quelque chose. Rose découvre une série de pages avec des disparitions de femmes et une description écrite au stylo. Sur l’une des pages, il y a Lily Grayson, sa soeur jumelle qui a disparu et dont elle se rappelait. Elle tourne la page et voit Rose Daerwood écrit. Son nom.

Liam comprend qu’il est un kidnappeur, qu’il a enquêté sur Rose pour la croiser et l’emmener avec elle dans sa voiture… le soir de l’accident.
Rose comprend également que Liam est un tueur. Il semait la mort autour de lui… Lors de leur accident, un orage les a frappé et a créé cet halo sombre sur les lieux et les a liés.