Aaron Mahnke a lancé en 2015 le podcast Lore sur les légendes urbaines, histoires vraies et autres creepy pastas.

Difficile de trouver une crédibilité aux histoires d’horreur quand on peut tout inventer à l’heure d’internet. Lore se veut pédagogue et informatif. A cette intention, la série que propose Amazon a donc tout pour faire frissonner les plus difficiles. Un problème se dresse devant nous : Lore ressemble plus à un docu-fiction qu’à une vraie série formelle.

Episode 5 – The Beast Within

Une histoire de loup-garou nous permet d’aller du côté des monstres tapis au fond de nous. Entre anecdotes, faits historiques et reconstitution (appelons désormais cette série comme telle), cet épisode nous interroge sur la nature humaine. Le terme monstre a pris beaucoup de sens depuis des siècles et l’épisode nous rappelle qu’il n’y a pas plus effrayant que des Hommes qui jouent aux monstres… Encore une fois, ce sont les interludes qui intéressent davantage….

Episode 4 – Passing Notes

Robert patrick (Scorpion, Terminator 2) joue la guest de luxe pour un épisode somme toute très banal. En plein 19è siècle, l’épisode nous conte l’histoire d’une maison hantée. Epoque éloignée mais phénomènes encore actuels pour ce Conjuring ancien qui tente d’instaurer une ambiance. Malgré les efforts (les phénomènes sont très étranges et plutôt inédits), l’épisode peine à maintenir l’intérêt. Les efforts de Robert Patrick ne suffisent pas. La platitude de la mise en scène ne permet toujours pas de se sentir concerné. Il reste les interludes ludiques et pédagogues somptueusement animés… mais ça ne suffit pas.

 

Episode 3 – Black Stockings

Ambiance très folklorique puisque nous sommes en Irlande pour une histoire de croyance qui fait la part belle à l’imaginaire. Cet épisode 3 se concentre sur ces légendes qui racontent que certaines personnes sont remplacées par des créatures.

L’histoire en prologue est clairement glaçante avec cet homme qui a tué sa femme car il croyait qu’elle avait été remplacée. Et c’est dans cette veine que l’épisode nous raconte l’histoire de Bridget Cleary, femme qui se veut de plus en plus indépendante. Mais en 1895, c’est très mal vu de la part de son mari. IL voit alors quelqu’un d’autre que sa femme quand il la regarde. Il commence un simili exorcisme et un traitement.

Manquant de justesse dans le jeu, le casting ne parvient pas à faire décoller l’histoire. Devenant un peu une habitude depuis le début, Lore peine à convaincre. Les histoires ne méritent pas autant de minutes d’épisodes. Les interludes sont toujours plus pertinentes que le reste. Et si les critiques se répètent dans leurs arguments, ça ne donne pas envie de continuer… Il reste une poignée d’épisodes. Courage.

Episode 2 – Echoes

L’épisode passe un peu mieux puisque la voix-off s’efface enfin au profit d’une narration plus concrète. Un noir et blanc propre nous raconte l’histoire de Walter Freeman, le père de la lobotomie. L’épisode installe une bonne ambiance et les interludes pédagogiques sont toujours beaux et documentés. Le casting semble un peu plus pertinent que le précédent épisode. Il manque juste encore un peu de matière pour offrir une belle immersion. On reste encore dans un projet qui manque de substance pour justifier le passage de ce podcast en images. L’histoire racontée ne possède pas de fin aussi forte que ça pour que l’épisode décolle et trouve sa voie.

loreL’histoire en prologue, celle du Bunny Man, mérite vraiment qu’on s’y attarde plus qu’une « bête » introduction. A ce titre, on entre vraiment dans l’histoire avec la voix off et les documents présentés. Dommage que le coeur de l’épisode ne soit pas à ce niveau.

Episode 1 – They Made a Tonic

Aaron Mahnke pose sa voix de narrateur pour nous introduire une petite histoire très bien mise en image par de l’animation. Glaçante, cette histoire d’enterrée vivante introduit alors l’histoire principale, celle de la famille Brown qui a inspiré une des plus célèbres histoires de la littérature. La famille Brown est touchée par deux décès suite à la Tuberculose. Le médecin de famille tente de trouver un remède.

lore critique

Après cette introduction, l’épisode commence et il faut quelques minutes avant que la voix-off ne s’arrête enfin de parler. On se pose alors la question de savoir si elle sera envahissante. Elle le sera. En nous expliquant et soulignant les avancées de l’histoire, cette voix au ton un poil monocorde nous détache totalement de l’immersion. D’ailleurs, cette immersion est très difficile tant l’entreprise semble fade. Aucune profondeur de champ, aucune photographie un peu appuyée, cet épisode de Lore a des allures de reconstitution pour un documentaire sans âme.

Heureusement, les bonnes parties sont celles qui n’ont aucun rapport avec l’histoire racontée. Par des archives et des animations soignées, Mahnke nous raconte les idées scientifiques les plus folles pour prouver qu’un mort est bien mort. C’est informatif, insolite et vraiment passionnant. C’est bien pour ça que Lore a du mal à trouver sa voie tant son identité est bâtarde. Les épisodes suivants s’installent aussi dans cette époque étrange et fascinante du 19è siècle. La voix-off peut être excusée mais espérons ne pas retrouver cet aspect un peu toc d’une reconstitution.