This is Us pourrait bien avoir fait quelques petits. Le succès immense et inimaginable de la meilleure série de ces 2 dernières années ne pouvait rester sans conséquence. La télé américaine l’a bien compris : rien n’est plus attrayant et pertinent que de parler des choses simples, belles, dures de la vie. Life Sentence pourrait bien en devenir un nouveau symbole.

Stella a vécu toutes ses dernières années en sachant qu’elle allait mourir de son cancer. Seulement, quelques jours avant l’échéance, elle apprend qu’elle est guérie … Elle va devoir reconstruire sa vie, en découvrant au passage qu’elle était, pour beaucoup, romancée …

Le pitch de Life Sentence est très enthousiasmant, original et sincère. On parle d’une jeune femme, formidable Lucy Hale, qui doit reconstruire sa vie après ce qui s’apparente à sa résurrection. Comment peut-on vivre après avoir cru pendant des années qu’on allait mourir jeune ? L’épisode prend le parti pris très audacieux de montrer une personne, comme l’indique le titre « condamnée à vivre » : vivre avec les imperfections de sa vie, avec la peur du lendemain, avec les mensonges de ses proches qui se sont toujours contenu et ont toujours mis leur propres désirs de côté pour faciliter un minimum le court temps que Stella devait passer avec eux. L’épisode gagne l’intérêt du spectateur en théorisant une notion contradictoire : l’égoïsme inconscient. Stella ne se rendait pas compte que tout son petit monde tournait autour d’elle, et que sa guérison miraculeuse va faire changer la donne.

Life Sentence

Quand Stella se croit condamnée.

Ainsi, la séparation de ses parents peut advenir face à elle, alors qu’elle était mise en pause le temps du départ de Stella. On apprend aussi que sa sœur a sacrifié sa vie professionnelle pour rester près d’elle. Et, presque pire encore, que beaucoup de ce qu’elle pensait savoir de son mari Wes est faux, jusqu’à des détails sentimentaux importants pour leur couple. Une scène magistrale et surréaliste de l’épisode montre Wes rétablir pendant un long moment toutes les vérités sur lui, jusqu’à donner à Stella l’impression qu’elle ne le connaît pas.

Ce qui fascine, dans toute cette noirceur de propos, c’est la manière dont le sujet est traité. Voix-off, surexposition… L’épisode marque beaucoup son aspect fictionnel, évoque à de nombreuses le cinéma romantique de Marc Webb dans cette distanciation permanente du récit par rapport au propos. Ainsi, la guimauve et les quelques caricatures présentes dans l’épisode paraissent presque ajoutées exprès, mais ce postulat ne fait que frôler les dangereuses rives du cynisme : le résultat final est beau, pertinent et on en veut plus.

Life Sentence

Puis, Stella découvre qu’elle va vivre.

Là où la série évoque This Is Us, c’est dans sa capacité à raconter des choses simples, mais surtout à dépasser l’individualisme de son personnage. C’est clairement une série de groupe, on suit Stella mais le personnage existe dans un univers de personnages formidablement incarnés. L’épisode a un sens, rien n’est laissé au hasard. On peut même trouver des points communs dans la structure de cet épisode par rapport à celle du premier épisode de This Is Us, on a le sentiment de la série pourrait s’arrêter là puisqu’on a déjà une histoire complète, quand Stella décide de rester qui elle est et d’embrasser la nouvelle vie qui s’offre à elle. Là où This Is Us avait l’effet de surprise du twist formidable des trumeaux, Life Sentence clôt son intrigue d’une manière encore plus simple et réelle. On peut craindre qu’elle devienne vite hors sujet, dès le second épisode.

Mais franchement ? La confiance, on l’a.

AMD