Pourvu que la nuit s’achève : injustice pour les femmes afghanes

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L’auteure de La Perle et La Coquille (Prix des Lectrices 2016) revient avec Pourvu que la nuit s’achève. Sorti en juillet aux éditions Milady, ce roman de Nadia Hashimi nous raconte le parcours d’une femme présumée coupable de la mort de son mari. En Afghanistan, les hommes se font justice eux-mêmes, peu importe la vérité. Zeba arrivera-t-elle à échapper à la pendaison qui l’attend ?

La Perle et La Coquille est un roman qui a beaucoup touché les lectrices. Si je n’ai pas découvert ce livre, j’ai en revanche pu lire Pourvu que la nuit s’achève et cela a été une très belle surprise. N’étant pas friande de ce genre de littérature, j’ai commencé ma lecture à reculons. Nadia Hashimi a pourtant réussi à m’emmener avec elle en Afghanistan. J’ai suivi la vie des femmes de là-bas et quel périple intérieur ! J’ai été tour à tour horrifiée, tentée de découvrir la vérité, pleine d’espoir pour une fin heureuse pour Zeba.

Le mari de Zeba était un homme violent, un alcoolique qui battait sa femme et aurait très bien pu laisser sa famille mourir de faim sans éprouver aucun remord. Quand celui-ci est retrouvé mort, une hache dans la tête et sa femme à ses pieds recouverte de sang, le village est scandalisé. Bien que personne n’ait rien vu, Zeba est présumée coupable. Dans un pays tel que l’Afghanistan, on se fiche de la présomption d’innocence et la légitime défense n’existe pas, tout du moins pour les femmes. Celles-ci sont envoyées en prison pour la moindre désobéissance, alors si vous avez tué un homme, c’est la pendaison qui vous attend.

Yusuf, un afghan qui a grandi aux Etats-Unis, revient dans son pays natal comme avocat. C’est à lui que revient le cas désespéré de la jeune femme. Il est pourtant prêt à tout pour prouver son innocence, si innocente elle est ! Zeba se mure dans le silence, elle ne veut pas s’expliquer. S’ensuivent alors des passages de la vie de Zeba, de sa famille, de ses voisins. Nous découvrons l’envers du décor, le malheur, l’injustice.

Avec Pourvu que la nuit s’achève, Nadia Hashimi nous livre un récit poignant d’une femme forte et courageuse qui se retrouve coupable du meurtre d’un homme ignoble. Dans la prison de Chil Mahtab, elle va retrouver un peu la paix mais elle sait que, bientôt, elle mourra. Est-elle réellement coupable ? Nous ne saurons toute la vérité que vers la fin du roman.

Une intrigue captivante qui nous fait voyager dans un pays où la femme est toujours opprimée. Une histoire d’honneur, de revanche, de liberté. Une héroïne touchante et un combat loin d’être gagné. Pourvu que la nuit s’achève est un roman captivant qui vous bouleversera et qui restera longtemps dans les mémoires.

Extrait : 

« Mais rien ne serait plus jamais comme avant. Basir le comprit dès qu’il contourna la remise, dès l’instant où la vie qu’il connaissait se noya dans le sang et la violence. Zeba, sa mère, leva vers lui un visage blême et hagard. Elle était assise, dos contre le mur, dans une atmosphère macabre. Ses mains étaient noires de sang, ses épaules tremblaient.
— Madar-jan, commença-t-il.
Une silhouette avachie reposait quelques mètres plus loin.
Bachem, dit-elle d’une voix faible.
Sa respiration s’accéléra. Zeba se mit à sangloter, la tête entre les genoux.
— Rentre à la maison, mon fils… Rentre à la maison… Tes sœurs, tes sœurs… Rentre à la maison…
Basir sentit sa poitrine se serrer. Comme son père, il n’avait rien vu venir. »

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