Aveu de faiblesses, polar psychologique et dénonciation du système judiciaire

Aveu de faiblesses est le très réussi second roman de Frédéric Viguier, qui paraît en cette « petite » rentrée littéraire de janvier chez Albin Michel. Après Ressources inhumaines, qui dépeignait le monde impitoyable du travail, Aveu de faiblesses raconte la descente aux enfers d’Yvan Gourlet, adolescent à la psychologie fragile, suspecté d’avoir tué son jeune voisin.

Yvan Gourlet, seize ans, est un adolescent solitaire. Très mal dans sa peau, il subit les moqueries de ses camarades. Sans ami ni petite copine, il reste accroché aux jupes de sa mère, adepte de la « sculpture sur beurre » et collectionneuse d’étiquettes de boîtes de fromage. Afin que cette dernière puisse poursuivre sa collection sans trop être obligée de manger de fromage, Yvan a pour habitude d’aller chercher des boîtes dans les poubelles alentours. C’est d’ailleurs ce qu’il part faire, le jour où son voisin de dix ans, Romain Barral, se fait sauvagement assassiner.

Très vite, les soupçons se portent sur Yvan. Il manque d’alibi et sa mère tente de lui en créer un en formulant quelques mensonges peu crédibles et vite décelés par la police. Le profil psychologique du jeune homme en fait rapidement le suspect idéal. Sans compter le fait que Grochard, inspecteur de police, aimerait beaucoup obtenir des aveux qui lui éviteraient de rechercher des preuves…

Maltraité par la police, violé dans sa pudeur, Yvan en arrivera-t-il aux aveux ? Le jeune homme est prêt à tout pour retrouver son quotidien rassurant, bien au chaud auprès de ses parents. Inspecteurs, psychologues et autres intervenants semblent chercher à le conduire en prison, sans qu’il puisse se défendre ou même comprendre ce qui lui arrive.

Aveu de faiblesses est une réussite. Frédéric Viguier nous propose un roman noir et cruel, qui traite différents thèmes comme la fragilité psychologique, ses racines et ses conséquences, l’absurdité du système judiciaire, la loi et ses contournements abusifs. Nous suivons toute l’histoire du point de vue d’Yvan, ce qui nous empêche d’y voir totalement clair. Un choix stylistique brillant, qui crée un sentiment d’angoisse et permet de mettre en lumière toute la complexité psychologie du personnage. Par ce biais, Aveu de faiblesses nous propose de participer à l’enquête, d’essayer de démêler le vrai du faux.

Frédéric Viguier nous livre un second roman addictif et très prometteur.

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