On attendait beaucoup de cet animé qui nous avait tant promis. L’affiche avait l’air intéressante, et tout nous donnait envie de le découvrir. Mais suite au visionnage, on ne peut que dire qu’on a été salement déçus, pour ne pas dire trahis. L’animé ne propose rien, sauf quelques belles images grâce au studio Shaft. Mais pour ce qui est du scénario, on repassera.

Attention, la critique est pleine de spoilers. Lisez à vos risques et périls !

L’animé commençait déjà mal. Norimichi, le héros de l’histoire, suit sa bande de potes qui enchaîne les blagues potaches à longueur de journée. Je me suis dit que c’était normal après tout, ce sont des collégiens et la conversation ne vole jamais très haut ( du genre, comment avoir une photo de la culotte de la prof ). Mais le problème, c’est que… ça s’arrête là, quasiment. Il y a même un moment d’une incroyable vulgarité quand Yusuke, l’ami de Norimichi, prononce la phrase suivante : « J’aime tellement Nazuna que je vais aller aux toilettes, ça m’a donné envie de chier. »

Voilà. C’était… vraiment nécessaire de dire ça ? Le pire c’est qu’il le redit deux ou trois fois, histoire de bieeeeennnnn mettre mal à l’aise… 12 euros 50 de payés pour ça, quand même.

 

fireworks

( Sur cette image, le personnage de droite continue à dire des grossièretés très enrichissantes. Oui oui, c’est vrai. )

 

Mais même quand le spectateur tente d’en savoir plus sur Norimichi ou Nazuna, l’animé reste très superficiel sur la question. Pire encore, le scénario n’est qu’une suite de clichés sur les adolescents pré-pubères qu’on a lu 500 fois dans différents mangas, et qui en deviennent très lourds. Quand, par exemple, une libellule se pose sur la joue de Nazuna et qu’elle lui demande de la retirer, il est complètement sur-choqué comme si l’insecte était posé ailleurs, vous voyez ce que je veux dire ? Nazuna est le stéréotype de la jeune fille avec des formes qui asticote un gringalet chétif qui ne sait pas quoi faire devant une paire de seins. Oui oui, l’éternel cliché des mangas. C’est triste.

Mais ce qui est encore plus triste, c’est quand le spectateur pense que la suite de l’animé va s’améliorer. Et bien… non. Pour résumer, Nazuna ramasse une mystérieuse bille dans la mer, et la garde avec elle. Norimichi la découvre dans les affaires de la jeune fille, et réalise qu’elle peut exaucer des souhaits. Il va s’en servir pour empêcher Nazuna de partir loin d’ici, obligée de suivre sa mère qui a divorcé. L’histoire reprend donc le thème d’ « Un jour sans fin », où le héros revit sans cesse la même journée. À chaque fois, il réussit à fuguer avec elle, repoussant à chaque fois le moment fatidique où elle est rattrapée par sa mère qui l’empoigne de force. Malgré des moments poétiques où l’image pouvait être très belle par moments, tout ça ne nous fait… rien. Il n’y a pas d’enjeu, on ne s’attache pas aux personnages pauvres en sentiments. On ne connaît même rien de Norimichi et de son passé, donc on ne comprend pas vraiment le lien qui l’unit à Nazuna.

Nazuna, justement. Ce personnage m’a de plus en plus agacée au cours du film. Ce n’est pas une vraie romance qui s’instaure entre elle et Norimichi, parce qu’on dirait qu’elle était prête à fuguer avec n’importe qui, en fait. Que ce soit Yusuke ou Norimichi, c’est comme s’ils étaient interchangeables. Nazuna peut se servir d’eux car elle sait qu’elle peut séduire. Dans sa fugue, elle compte travailler comme hôtesse de bar à Tokyo, et comme pour bien enfoncer le clou, elle déclare même être « un peu nympho », comme sa mère qui a changé deux fois de mari ! Okaaaaaayyyyyyyyyyyy… Il y a même eu un moment complètement What the Fuck dans un train où elle s’imagine être une idole et chante en costume rose bonbon de princesse !!! J’ai besoin de dire que c’était ridicule ?

 

(Attention, cliché ambulant en approche )

 

Donc Nazuna pourrait vendre ses charmes pour subsister dans sa fugue, et elle a des rêves niais d’idole ? Rassemblant ainsi les pires clichés féminins ? Mais revenons à l’histoire. ( Quoi, quelle histoire ? Elle a dû disparaître en même temps que l’intelligence des scénaristes ). Norimichi, donc, exauce ses souhaits grâce à la bille de verre en question, mais tout se déroule un peu trop facilement à mon goût. Il n’y a pas de réelle épreuve, pas de réel obstacle. Contrairement à « Un jour sans fin » où le héros doit lutter de haut vol pour sortir de sa boucle infernale. Contrairement à « L’Effet Papillon »,  où le héros ne réussit jamais à sauver celle qu’il aime à cause du déterminisme de sa destinée. Et que dire de « Your Name », qui s’articule autour d’une rencontre impossible entre deux êtres menacés par la mort ? Dans «  Fireworks », il n’y a pas d’effets secondaires à remonter dans le temps, pas de situation critique, pas de scène finale pleine de suspens où une décision vitale doit être prise. Et c’est décevant.

Et vous vous souvenez de la vraie signification du titre de Fireworks en japonais ? Le titre signifiait, en gros : « Les feux d’artifice sont-ils ronds ou plats, quand on les regarde de côté ? ». Naïve comme j’étais, je pensais que cela avait une signification beaucoup plus métaphysique que ça. Et bien que dalle. De temps en temps ils sont plats, de temps ils sont ronds. Point. Je vous jure que c’est vrai. Et là, le coup de grâce : vers la fin, on a eu droit à un autre moment de vulgarité gratuite, avec un homme qui demande à sa petite amie : « Et tes seins, ils sont gros ou ils sont plats, quand on les regarde de côté ? Hué ! hué ! hué ! hué ! ».

 

Mais par tous les dieux de l’enfer, vous avez osé ? Vous avez détruit la signification même de votre film ? Bien entendu, il va sans dire que sa copine lui met une grosse gifle, en le traitant de « pervers ». Nonnnn, on l’avait JAMAIS vu venir. C’est juste le gag recyclé 12532569874521 de fois dans tous les mangas possibles, et vous osez le mettre dans un animé de la longueur d’un film, redistribué à l’international ?

 

Oui je sais. Je sais ce que vous allez me dire. « C’est un classique de tous les mangas, c’est un gag récurrent et si déjà tu te plains, vas pas en regarder». Oui je l’admets, Dragon Ball était rempli de moments pervers et ça reste un chef d’œuvre. Les moments de vols de petite culottes et de « baka, hentai ! » sont monnaie courante et font partie de l’ADN même des mangas. Mais le problème des clichés dans « Fireworks », c’est qu’ils n’apportent rien, dégradent le propos du film ( en se moquant vulgairement du titre ) mais surtout, ne sont jamais dépassés pour créer autre chose. Dans « Your Name », il arrive au héros de peloter les seins de l’héroïne quand il se retrouve dans son corps ( sans mauvais jeu de mots ). Mais quand il refait ce geste vers la fin, il pleure car il réalise qu’il a encore une chance de la revoir vivante. La vulgarité s’en retrouve contournée pour une émotion plus profonde que ça. Mais « Fireworks » reste désespérément plat. Jamais on ne parvient à s’attacher aux personnages, car on ne sait rien de ce qu’ils pensent vraiment. La seule chose tangible, c’est : Norimichi veut Nazuna. Et non, ça ne suffit pas.

 

Une dernière chose encore, la fin. La mystérieuse bille de verre finit dans la mer, et Norimichi se retrouve plongé dans un monde créé par lui, où il peut rester avec Nazuna durant une nuit éternelle. Un peu comme s’ils étaient dans une boule à neige. C’est la seule fois où j’ai trouvé le film réussi. On peut souligner le parallèle avec « Madoka Magica : Rebellion », un chef d’œuvre lui aussi produit par Shaft, où la magical girl Homura se corrompt pour créer son propre monde où elle enferme ceux qu’elle aime pour l’éternité. Une rapide allusion est faite à Madoka quand Yusuke joue aux jeux vidéo, avec une magical girl qui lui ressemble beaucoup à l’écran. Mais là où l’univers de Madoka était baroque, sombre, désespéré et rempli de significations cachées, l’univers de « Fireworks » ne signifie rien. Même les sentiments des personnages semblent inexistants. Au fond, on ne sait pas très bien pourquoi ils sont ensemble, et la scène du baiser final ne nous fait ni chaud ni froid. Au fond, on s’en fiche complètement. Et c’est là le plus grand drame de ce film : il a échoué à être une vraie romance, où le spectateur doit normalement être tellement impliqué dans les personnages qu’il doit mourir d’envie qu’ils soient enfin réunis. Pas là. Et que dire de la fin ? Histoire d’achever le massacre, elle est de même terriblement bancale. La bille de verre explose comme un feu d’artifices et l’univers construit par Norimichi s’effondre. Elle se décompose en bouts de verre et tous les habitants de la ville en reçoivent un où ils peuvent voir leurs rêves de réalisés ( Dans ce cas-là encore, où il est, l’enjeu ? ). Et le lendemain… On constate juste que Norimichi s’est enfui de sa classe, et c’est tout. Comme le dit le youtubeur Anime Man, ça aurait pu être une bonne fin ouverte, mais là, c’était juste paresseux et stupide. Comme si les scénaristes eux-mêmes n’avaient même plus envie de faire d’efforts. Voici la vidéo d’Anime Man sur le sujet, il l’explique mieux que moi :

 

Voilà, Fireworks est une grosse déception. On a osé le comparer à « Your Name », alors qu’il ne lui arrive vraiment pas à la cheville. « Your Name » proposait un plotwist inattendu qui vient transformer une comédie romantique en film catastrophe pour sauver l’héroïne de son funeste destin. Et là, malgré le thème « d’Un Jour sans Fin », ou bien du bel animé « La Traversée du Temps » qui était léger, poétique et qui posait de grandes questions métaphysiques, « Fireworks » n’apporte strictement rien. C’est d’un ennui total, bourré de clichés, avec en plus de ça de la vulgarité inutile. À oublier. Hayao Miyazaki disait lui-même craindre pour l’avenir de l’animé japonais, qui selon lui, était de plus en plus fait « par et pour des Otakus », avec le cliché du garçon niais, timide et sans cervelle et de la fille sur-sexualisée qui l’excite. Si même Myazaki est inquiet, on est en droit de l’être aussi ! Alors une dernière fois, ne payez pas une place de ciné pour aller le voir… à moins que vous ayez 12 ans, que vous n’ayez plus que deux neurones, ou que pour une quelconque obscure raison, vous ayez envie de perdre votre temps.