Après une saison 1 franchement décevante, très lente, vide et difficile à supporter, c’est encore une fois par simple intérêt pour le pitch de saison qu’on est là à suivre la série.

Mais coup de bol : il aura fallu une saison, mais Channel Zero a l’air de s’être réveillée ! Après la saison 1 intitulée Candle Cove, The No-End House prend le relais pour la saison 2.

Cette fois, on ne parle pas d’une émission hantée et maudite mais bien d’une maison hantée. Banal, sauf que cette maison est composée de pièces plus effrayantes les une que les autres au fur et à mesure qu’on avance dans la maison, et que les peurs qui y sont présentes différent en fonction de la personne qui tente l’aventure. Ainsi, les peurs de chacun sont matérialisées dans chacune des pièces, et c’est pour cette raison que personne n’a jamais été au bout de l’aventure : quand on est face à soi-même, on ne tient pas toute une maison.

Episode 1 : This isn’t Real

On passe le titre assez banal et facile pour se concentrer sur les propositions très malignes de l’épisode. Il faut tout de même vingt bonnes minutes pour nous présenter les personnages et l’univers (montrer, surtout, les traumas du personnage principal, pour qu’on comprenne bien une fois dans la maison pourquoi elle voit ce qu’elle voit), tout se passe d’une manière très classique avec de longs plans, des musiques un peu oppressantes pour pas grand chose, jusqu’à l’arrivée dans la maison. On passe du réel au fantastique, c’est le moment pour Channel Zero de laisser libre cours à sa créativité, et elle ne déçoit pas.The No-End House

Quand on entre dans la maison, on est face à une explosion d’étrangetés et de tension horrifique spectaculaire que ne renierait pas Twin Peaks. L’épisode est très inventif, de la métamorphose organique des bustes à la confrontation avec le Miroir, on nage en pleine évocation psychanalytique et le résultat est très, très, très convaincant. Les motifs sont fascinants, l’épisode propose une floppée d’indices sur ce que les futurs événements seront et n’oublie pas la montée de tension, franchement spectaculaire. On ose imaginer ce que seront les dernières pièces de la maison, à ce stade on a l’impression comme l’héroïne que l’insoutenable est déjà passé… Mais le pire est très probablement encore devant elle.

Comme dans la première saison, l’irréel représenté par la maison a des répercussions sur le réel. Elles sont ici particulièrement dramatiques et changeront sans doute beaucoup de choses en ce qui concerne les peurs de l’héroïne, qui vont beaucoup évoluer au fur et à mesure de l’accoutumance à cette nouvelle situation. Pour l’heure, on est juste heureux que Channel Zero explore enfin tout le potentiel qu’elle a toujours eu. Même si il lui a fallu une saison.

AMD