Et voilà que nous fêtons les 20 ans d’Ally McBeal, ce qui fait de nous au moins des gens de 30 ans quand on regardait…

Le parcours : premier épisode diffusé le 8 septembre 1997 sur Fox. 112 épisodes, 5 saisons

Le résumé : Ally McBeal, jeune avocate talentueuse, se retrouve dans un cabinet d’avocats avec des personnalités fortes et excentriques.

Le background : j’ai tout vu à sa première diffusion les mercredis sur M6 à 20h50.

Amenez-moi le pilote : On n’oublie pas une série comme Ally McBeal. Drôle, profondément moderne et touchante et pertinente, la série de David E. Kelley a quand même un premier épisode qui se révèle classique 20 ans après.
On n’a eu des séries post-90 qui ont surfé sur le chemin tracé par des femmes fortes comme Xena, Scully, Carrie, Buffy et Ally et ont fait évoluer positivement le traitement de ces personnages.
Ancré dans son époque cet épisode liste à peu près tous les poncifs du genre avec la relation homme / femme on ne peut plus cliché. Le génie de la série est de pointer du doigt la conception de la différence des sexes en les intégrant dans un monde de conventions sociales très et trop codifié. Dans cette lente évolution de la société, Ally McBeal fait alors le premier pas.
Ally est virée de son cabinet quand un de ses clients voit ses mains aux fesses justifiées par un TOC. N’acceptant pas cette décision, Ally McBeal se retrouve sans travail, elle croise Richard Fish, mâle alpha sans gêne qui a ouvert un cabinet où on retrouve Billy Thomas… premier et vrai petit ami d’Ally McBeal qu’elle n’a pas revu depuis la fac.
Nous voilà donc dans un gigantesque cabinet d’avocat où les personnages les plus farfelus se retrouvent. John Cage l’excentrique, Renée la femme libérée, Georgia la coincée, Elaine l’égocentrique, Billy le professionnel…. Chacun aura son étiquette et se retrouvera au milieu d’histoires d’amour, de travail et d’amitié. Les relations seront donc au centre de cette série attachante.
Le petit plus est que la série utilise des séquences fantaisistes comme Scrubs où on peut voir Ally et des flèches dans le coeur, un bébé danseur, une tête qui gonfle… Les pensées d’Ally sont matérialisées (et de moins en moins dans la série) par des effets spéciaux efficaces (pour l’époque).

Un peu geignarde au début, Ally est la figure de proue de la série, plaque tournante de la tourmente amoureuse. Dans ce premier épisode, elle parait brisée et fragilisée par beaucoup de choses. Mais le point fort de la série et du premier épisode est de passer du rire au sérieux en une scène. La partie juridique prend du poids et les procès sont toujours très pertinents, faisant écho aux humeurs de l’épisode.
Mise en musique par Vonda Shepard, la série met toute son énergie à montrer la montée en confiance d’une jeune femme qui se cherche et se cherchera pendant 5 saisons. Imposer une figure féminine dans un monde qui parait masculin, ne pas oublier la romance, souligner les différences tout ça pour démontrer que la Vie est faite de combats injustes mais que les armes sont dans les mains de chacun. Et c’est le marteau du juge qui décidera de tout malgré tous les efforts…

Montrant déjà tout son potentiel, le premier épisode d’Ally McBeal aligne les idées gagnantes. Des personnages de second plan étranges, aux décors récurrents qui seront des personnages à part entière, Ally McBeal maîtrise déjà ses enjeux, simples certes, mais efficaces. On comprend aisément qu’Ally aura fort à faire avec Georgia, que la relation avec Billy sera au centre des attentions, que Fish sera le responsable du comic relief mais cachera aussi un professionnalisme immense et que les affaires les plus décalées donneront tout le crédit à une série riche.

Au fil des saisons, les personnages secondaires trouveront leur propre voie, devenant étonnamment plus intéressants et supportables dans leur folie et leurs comportement qu’Ally. Beaucoup de gimmicks viendront donner une forte identité à la série entre Barry White, les toilettes mixtes, les chansons ou encore les étranges habitudes de l’excellent John Cage. Le lieu de travail est un lieu de vie que David E. Kelley saura utiliser au mieux, jusqu’à l’écœurement et une saison 5 qui n’aura plus rien à raconter, délaissant Ally au profit d’une copie fade. Les saisons seront très inégales, multipliant les guests de fortune, les seconds rôles de qualité ou les intrigues réchauffées. Entre Robert Downey Jr. en récurrent en saison 4, à Lucy Liu qui joue Ling, personnage hautement charismatique, la série s’enrichira de beaucoup de choses et se perdra en voulant se renouveler.

Série énergique, Ally McBeal est une série folle, rare de nos jours, qu’il faut impérativement ne pas oublier.