Et oui, chaque année, nous avons notre saison de Game Of Thrones et notre Sharknado.

Sharknado est devenue une franchise un peu oubliée. Il faut dire que l’effet de surprise et la qualité de ces nanars / navets se sont éventés. Depuis 2013, nous subissons ces films tantôt comme des défouloirs, tantôt comme des expériences. Cette année, Sharknado 5 Global Swarming semble prendre du galon à tous les niveaux.

Thunder Levin laisse sa place de scénariste (il a écrit les 4 premiers !) à Scotty Mullen, le directeur de casting… Et c’est toujours l’insignifiant Anthony C. Ferrante qui gère la réalisation. Et on ressent tout de même une amélioration de l’histoire avec des aspérités plus appréciables que dans les 2 ou 3 précédents films. On oublie l’aspect forcé du nanar pour en faire un vrai film parodique. Il semblerait même que Tara Reid comprenne enfin que son non-talent est apprécié. Toutes ses scènes sont d’une inutilité ou d’une débilité impressionnantes. Ses cris et sa justesse de ton feront pâlir d’envie les acteurs et actrices les plus réputés. On se demande même si Andy Serkis n’est pas derrière tout ça tellement Reid paraît improbable.

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Sharknado 5 propose d’étoffer la mythologie de la franchise en instaurant une légendaire tornade avec le Dieu des Requins. Depuis les temps anciens, les tornades de requins existent. Et un artefact peut tout changer… On est loin du simple film catastrophe de 2013. Le métrage se permet de piocher dans pas mal de références comme de faire un caméo morbide d’un cadavre qui a un lasso et un chapeau… En détournant la fameuse scène où Indiana Jones remplace un objet par un petit sac et est poursuivi par une boule géante, Sharknado 5 commence sur les chapeaux de roues. Ce n’est qu’après 20 minutes de film que le générique se dévoile. Tout en animation, c’est peut-être la séquence la plus efficace des 5 films réunis.

 

Les 70 minutes suivantes, nous voyagerons en Suisse, en Egypte, en Angleterre, en Italie et ON LOCATION comme disent les américains. Oubliez les fonds verts foireux et foirés du précédents films pour pratiquement tous les décor, la production s’est déplacée à travers le monde et la production value est plutôt intéressante. Ne soyons pas déçus, le manque de budget est quand même là puisque les décors ne sont utilisés que pour quelques scènes. Lors d’une attaque de Buckingham Palace, une vue aérienne véritable du palais est suivie d’un plan serré sur des personnages qui sont devant une grande maison loin de faire illusion. Cette multiplication de paysages fait plaisir à voir, nous passons des pentes enneigées de Suisse au soleil de Rome, le tout en un temps record. Car oui, Sharknado 5 va vite, très vite, à tel point que les personnages secondaires se suivent en un temps éclair… et ne se ressemblent pas. Encore que…
Il faut voir le nombre impressionnant de « guests » totalement inconnues chez nous, aux visages botoxés et au jeu médiocre, qui s’enchaînent. Il n’y a guère que Ian Ziering qui semble encore y croire. Au passage d’une scène, on jugerait même que les pleurs et les yeux rougis viennent simplement d’un manque cruel de coke sur le plateau. Bluffant.

sharknado 5

Olivia Newton-Jones. Oui, oui.

A en croire cette interview du réalisateur, Ferrante fait en sorte d’avoir TOUS les plans qu’il veut. Il a oublié l’essentiel : la cohérence. La moitié des plans ne s’inscrit dans une quelconque cohérence narrative. Les entrées ou sorties de champ sont oubliés. Nous avons donc des personnages qui arrivent dans la scène sans prévenir, des gros plans de personnages qui font des gestes inutiles (un troisième rôle regarde sa montre sur un plan de 2 secondes). On ne compte plus les plans sur Tara Reid et ses non-expressions ponctuant chaque dialogue, les faux-raccords et les erreurs techniques (des personnages sont hors cadre alors qu’ils parlent, on voit clairement les acteurs commençant à courir sur un plan où ils devaient être déjà en train de courir).

Sharknado 5 est donc vraiment un mauvais film ponctué de moments WTF qui rappellent quand même que nous sommes sur un produit calibré pour être mauvais. Le scénario, assez bon comparé aux 4 autres, fait balader un personnage dans une tornade pendant tout le film. Avec le recul, c’est très drôle.
Si le premier était une réussite dans le genre, le 2 utilisait les ficelles comme il fallait, le 3 oubliait d’être fun et le  4 était en roue libre. Dans la catégorie des faux nanars, Sharknado a tout offert. La conclusion de ce cinquième opus fera grincer des dents puisqu’il introduit un nouveau personnage (campé par Dolph Lundgren) et pompe la scène mythique de Retour vers le Futur.

On vous laisse découvrir ça et on se dit à l’année prochaine pour un Sharknado 6 qui s’annonce intrigant.

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NOS CRITIQUES DES SHARKNADO

Sharknado 2 : main au culte

SHARKNADO 3 : jump the shark, really

Sharknado 4 : le ridicule ne tue pas, il ne rend pas plus fort non plus