La saison 3 semble poursuivre un chemin entrepris dans le 3×01 avec une psychanalyse poussée du personnage de Rick.

L’épisode 3 poussait quasiment à l’extrême le WTF de la série mais dessinait aussi la dimension plus sombre et noire de cette saison 3. Rick semble développer une psychologie encore plus nihiliste qu’auparavant avec des actions de plus en plus discutables. S’il met en danger sa famille dans des scènes où l’urgence est toujours la plus totale, Rick est souvent à l’origine et à la conclusion de toutes les aventures. Responsable de son irresponsabilité, il n’hésite jamais à dépasser les limites de l’acceptable. Totalement conscient de son génie, Rick pousse alors dans ses retranchements la patience de son entourage.

Ici, il rejoint une ligue de super-héros dont l’Homme aux mille fourmis ou encore Supernova (Gillian Jacobs en guest vocale) pour combattre un grand méchant. Mais après une nuit agitée, la menace change d’identité et ce n’est autre que Rick, dans un moment de black-out nocturne, qui se retourne contre la ligue.

rick morty saison 3

Bousculant les habitudes et ne répétant pas le modèle de l’épisode précédent, la série parvient à se renouveler régulièrement. Elle ne dépasse pas les bornes de l’indigence et devient même une succulente thérapie pour Rick qui se dévoile encore ici. Dans une étude de cas sociale ou même de cas sociaux, l’épisode 4 met les déviances d’un personnage face à son auteur. Devant le fait accompli, Rick semble résigné à supporter son caractère imprévisible. Et c’est ce danger perpétuel qui nourrit l’énergie de la série qui propose épisode après épisode un magnifique patchwork de psychologies.

Il ne faut pas oublier l’imagination fertile des auteurs. La créature constituée de millions de fourmis ou encore les armes et inventions de Rick bluffent par leur simplicité et leur ingéniosité. Et comme souvent, les idées servent le scénario et procurent une certaine jouissance récréative pour nos yeux et nos oreilles. Car oui, Rick and Morty c’est aussi une écriture maîtrisée. Les dialogues font mouches et n’hésitent pas à utiliser Rick pour parler de l’état du monde (ici Israël) pour un trait d’humour ou bousculer l’ordre établi de la bien-pensance. Cet épisode 4 démontre une nouvelle fois la grande forme de la série et prolonge encore le CV impressionnant du génie des auteurs.