C’était il y a 10 ans, la première diffusion de cette petite bombe audiovisuelle appelée Californication une série n’ayant aucun tabou pour décrire pathétiquement Hollywood.

Le parcours : 84 épisodes de 28 minutes répartis sur 7 saisons, du 13 août 2007 jusqu’au 29 Juin 2014 sur Showtime et dès le 14 Mars 2008 sur M6 en France.

Le résumé : Hank Moody, brillant écrivain peu productif a voué sa vie à la reconquête de l’amour de sa vie Karen et leur fille Becca. En attendant d’y arriver il fume, boit, couche, écrit de temps en temps, brillamment supporté par son agent et meilleur ami Charlie Runckle. Hank a cependant cette fâcheuse tendance à être dépassé par les évènements. Malgré cela, obtiendra-t-il ce qu’il cherche ?

Le background : Magnifiquement politiquement incorrect, Californication crée la polémique dès sa sortie et provoque l’engouement du public, les audiences sont bonnes mais pas autant que les principaux succès de la chaine câblée : Dexter et aujourd’hui Homeland. Paradoxalement, les audiences sont supérieures en France (M6 n’étant pas une chaine payante).

Showtime

Amenez-moi le pilote : Dès les premières images, la série se veut d’un transgressif totalement assumé et assez drôle. Ce pilote, très bien mené, met vite en place tout ce qui entoure la vie de Hank dont son ambition principale : sa famille. La musique puis la réalisation soignée soulignent la fragilité de Hank à céder à l’alcool, la violence, le sexe, et surtout l’arrogance.  Malgré cela, c’est son obsession touchante pour Karen et Becca, sa tchatche, son bon fond qui ressortent fortement de ce pilote. C’est là tout l’intérêt du scripte de la série, le personnage principal est la quintessence de l’anti-héros. Sur le papier, il est dégoutant et complètement immoral, mais le personnage cache une réelle tendresse qui nous tient en haleine tout au long de la série.

Si la première saison aide à placer les personnages et ne tient de qualité que la provocation qu’il en ressort avec ce côté « série sexy »,  le scénario est,  à première vue, peu évolué. Toutefois, cette impression s’estompe à la suite de la série tant tous les personnages s’épaississent tout comme les nouveaux arrivants. Cette série est grisante, fraiche, totalement politiquement incorrecte et drôle.

Showtime

Le titre du show rappelle évidemment l’album et la chanson des Red Hot Chili Peppers (qui d’ailleurs se sentent volés de leur chanson) dénonçant déjà en 1999 cet Hollywood. Ce mot Californication est devenu un nom commun souvent utilisé après le succès planétaire de la chanson, il s’agit de la débauche d’Hollywood, de ce star-system, de ce monde qui heurte et change profondément les artistes, faisant des artistes les plus talentueux des commis de machine à écrire au service d’une production surpuissante, d’une recherche effrénée du chiffre, de l’audience, souvent au prix de l’humanité et de l’honneur de certains. Il s’agit dans la série de la chute des Hommes dans cette jungle, du manque de justice, de la réussite de ceux qui ne la méritent pas nécessairement, et de l’effondrement de ceux pouvant faire une petite erreur. La série parvient à dépasser ses personnages pour au fur et à mesure nous dépeindre ce Hollywood où sexe, alcool et drogue riment avec succès. Evidemment, toujours avec humour et cynisme.

Cela se voit dès la première saison où cette folie californienne emporte totalement Hank dans un monde de débauche aussi éloigné de la morale que de ce qu’il recherche profondément. Hollywood le prend par ses vices, l’attire au fond sans lui laisser le choix, saisissant chaque petite faiblesse de sa personnalité pour le faire plonger encore plus fort et plus bas malgré sa lutte pour l’éviter. Chaque milieu est concerné, du livre au film, du rap au rock … Personne n’est épargné par la série.

Showtime

Là est la réelle réussite de la série, on s’y attache grâce à ses excellents et brillamment interprétés personnages, en même temps, on voit cet Hollywood, ce monde rêvé qui fait vomir, il ne s’agit pas de la chute de Hank, mais de ce qui l’y entraine. Très charismatique, il attire toute l’attention, très humain, il se laisse battre. La série décrit un milieu où la demi-mesure n’existe pas : soit l’on n’existe pas dans les productions et l’on a une vie correcte ; soit l’on essaye de tirer son épingle du jeu et c’est quitte ou double.

« It’s understood that Hollywood sells Californication » (C’est entendu que Hollywood vend la Californication) – Californication, Red Hot Chilli Peppers, 1999.