Avant le film de Patty Jenkins avec Gal Gadot, Wonder Woman est apparue avec un pantalon pour une série TV… Verdict.

En 2010, Warner a l’idée de faire revenir Wonder Woman sur les écrans.  Elle propose à David E. Kelley (Ally McBeal et beaucoup de séries judiciaires) de pitcher une série. Seule NBC semble intéresser par la série. En février 2011, un pilote est tourné.

C’est Adrianne Palicki qui décroche le rôle titre. Fraichement sortie de Friday Night Lights, l’actrice souhaite rebondir avec un projet délicat. Sculpturale, Palicki semble un bon choix. Mais quand la première photo de l’actrice en costume arrive en ligne, les critiques fusent. “Porno kitsch”, “cheap”, “ringard”, on ne compte plus les remarques négatives. Il faut dire que le costume semble sorti d’une boutique de costumes d’Halloween.

Le choc est surtout que le short culte de Wondy laisse place à un pantalon, moins sexy, plus dans les normes télévisuelles. Les images de tournage sont aussi en ligne. On sent une Adrianne Palicki peut à l’aise dans un costume trop serré qui, certes, rend justice à ses formes mais qui rend la figure héroïque un peu trop sexualisée.
Et c’est étrange quand on sait que dans la série, le personnage de Diana Prince critique le merchansiding putassier des figurines de Wonder Woman avec une poitrine opulante… Encore plus étrange, le personnage se sait parfaite mais ne souhaite pas qu’on le souligne. Elle dit tout de même “Wonder Woman is perfect. Perfect tits, perfect ass, perfect teeth. I mean, look at these teeth.” Il y a clairement un problème de ton.

Dans le casting, on retrouve Elizabeth Hurley (actrice oubliée depuis) et Cary Elwes (Saw).
Ce pilote n’a pas été approuvé par la chaîne et pendant quelques années, on attendait de voir ce pilote. Internet a fait des miracles et nous voici donc devant un pilote avec des effets spéciaux (fils pour les cascades, animation par ordinateur) non terminés. On pense aussi que le logo n’était pas définitif tellement il fait daté (regardez à 3m35).

Et ce pilote n’est pas bon. On n’oublie tout de la mythologie du personnage, aucun background n’est présenté. Diana Prince est une identité parmi… deux autres. Evidemment, il y a Wonder Woman l’héroïne, Diana Themyscira, directrice de Themyscira industries qui s’occupe de son image et Diana Prince, petite brune à lunettes qui est fan de comédies romantiques (elle regarde The Notebook sur son canapé avec son chat !!!)

Alors certes, ça peut être une version “moderne” mais rien ne fonctionne. la place de Wonder Woman est imparfaite, sans âme, sans charisme. Il n’y a aucune aura autour du personnage qui ressemble plus à une justicière kitsch qu’à une héroïne puissante. Dans des enjeux peu clairs, la série ne propose rien d’excitant. L’univers autour de Wonder Woman étant trop fade, l’implication est moindre. Elle a son jet mais c’est un petit avion furtif qui n’est pas invisible… Et à chaque apparition, nous avons le droit à des panoramiques de gauche à droite ou de droite à gauche sans aucune immersion.

Dans le dernier acte, sûrement à cause des critiques lors de la publication des photos de tournage, Wonder Woman met son short étoilé. Les combats sont plutôt bons mais tout sent le déjà vu. Le pilote ne sera jamais diffusé. Il est cependant trouvable sur Dailymotion.

2011, c’était quelques années avant l’arrivée d’Arrow, héros moins kitsch que les autres, et de Flash, qui a réussi son passage vers le 21è siècle. Depuis, Jessica Jones et Black Widow ont fait forte impression à la télévision et au cinéma. Et avec Marvel qui squatte les salles, DC a attendu seulement trois films avant de proposer un film entièrement fait autour d’une superhéroïne. Il était temps de se pencher à nouveau sur Wonder Woman…