Alléchée par son casting 3 étoiles et son affiche, Conspiracy ne correspond pas vraiment au slogan qui circule du “Jason Bourne au féminin”.

Synopsis:

Ex-interrogatrice de la CIA, Alice Racine est rappelée par son ancien directeur, Bob Hunter, pour déjouer une attaque imminente sur Londres. Face à un adversaire brutal et tentaculaire, Alice reçoit l’aide providentielle de son ancien mentor, Eric Lasch et d’un membre des forces spéciales, Jack Alcott. Mais elle réalise rapidement que l’agence a été infiltrée. Trahie et manipulée, elle va devoir inventer de nouvelles règles pour faire face à cette conspiration.

 

Michael Apted est aux manettes avec l’actrice Suedoise Noomi Rapace (Milenium, Prometheus, Enfant 44…) en lead féminin. Conspiracy nous propose une héroïne comme on voit rarement sur le grand écran, une espionne très professionnelle et douée dans son domaine, une sorte de Jason Statham au féminin en un peu moins musclée.

On ressent l’implication de la comédienne dans ce rôle de Mata Hari implacable, pourtant je pense que ce choix de Noomi Rapace est assez contestable, avec un jeu qui manque de nuances. Le film souhaite aussi souligner le fait que son héroïne garde un coté humain et sensible ne manquant aucune occasion de montrer Noomi avec un sourire gaga chaque fois qu’elle croise des enfants, une démonstration un peu trop forcée.

conspiracy

Dans l’ensemble, Conspiracy ne manque pas de rythme sans forcément offrir de scène spectaculaire, hélas la multiplicité de coïncidences, de retournements de vestes de toutes parts donnent un résultat scénaristique pas crédible pour un sou frisant le ridicule ce qui casse toute la bonne volonté de Michael Apted.

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Un autre problème concernant ce métrage c’est qu’il touche l’Europe et le Monde dans sa triste actualité des attentats en mettant en avant une tentative d’attaque virale par des extrémistes musulmans, avec un sens du détail accru. Certes, on a déjà vu ce genre de thème abordé sur grand écran, personnellement, je n’arrive pas à me distraire à 100% dans le contexte actuel avec une mise en scène de faits qui sont proches de la réalité, c’est plutôt anxiogène qu’autre chose. Mise à part Noomi Rapace, Conspiracy possède une belle distribution : Orlando Bloom , Michael Douglas , John Malkovich, Toni Collette. J’ai trouvé les rôles de John Malkovich et Toni Collette assez originaux incarnant les big boss des forces alliées mais qui ne manquent pas de se chercher avec des piques verbales, des grimaces…ça change des agents en costumes traditionnels qu’on n’arrive jamais à dérider. Venons en au cas de Mr Bloom qui reste un grand mystère. Sur les posters du film, il nous est vendu comme l’égal de Noomi Rapace alors que son rôle demeure mineur, mal écrit, pas crédible (avec une disparition soudaine et inexpliquée : coupé au montage peut-être).

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Noomi Rapace se débat comme elle peut, mais c’est assez flagrant qu’elle ne manie pas les armes comme un Matt Damon et ne convainc pas en espionne badass. Son trauma sans cesse ressassé ne permet pas de creuser sa vraie personnalité et ne la rend pas attachante.

Le cadre Londonien n’est jamais mis en valeur ou utilisé avec une ambiance fade et grisâtre globale. En général, les célèbres sagas d’espionnage offrent des voyages à travers le globe avec une variété des lieux plus ou moins paradisiaques, ici on mise sur une ambiance à la 24h chrono suivant Alice en temps réel dans une ville unique.

Étrange que ce film ne soit pas retiré des salles car sa thématique et sa localisation font un triste écho avec l’actualité très récente. Un manque de réalisme certain lié à ses twists à gogo qui manque de punch et d’adrénaline.