Produite par Selena Gomez, 13 Reasons Why est la nouvelle série de Netfix de ce printemps.

Adaptée du roman du même nom, 13 Reasons Why raconte les événements avant et après le suicide d’une adolescente, Hannah Baker. Quelques jours après son décès, Clay reçoit une boite contenant des cassettes audio (pour les plus jeunes, ce sont des bandes magnétiques qui contiennent du son). Elles sont numérotées jusqu’à 13 et contiennent les confessions de Hannah qui expliquent les 13 raisons qui l’ont poussé à se suicider.

Basculant entre présent et flashbacks, la série créée par Brian Yorkey arrive à proposer un teen show original  au ton parfaitement juste. Nous ne sommes pas dans Riverdale avec ses néons fluos, son côté soap appuyé, ni dans Dawson est ses amourettes complexes. 13 Reasons Why serait à rapprocher des Années Collège avec des histoires assez dures, traitées de façon réaliste. Moins glauque que la série australienne, 13 Reasons Why possède un univers juste où se côtoient affaires d’ados et problèmes humains. Les clichés sont rares et la série exploite avec intelligence tous les pans des histoires de lycée. Loin des caisses soapesques de Riverdale, la série se permet quand même de baigner dans la culture américaine avec ses capitaines de l’équipe de foot, ses classes de musique et l’échelle de popularité des jeunes gens mais rien n’est utilisé de façon déguisée pour couvrir des intrigues simplistes.

13 reasons why 

Il y a un vrai travail de dialogues et d’intrigues. Nous sommes dans la compréhension de l’adolescent par l’adolescent et non dans l’interprétation comme le faisait Dawson. Il y a d’abord le thème du suicide adolescent avec les questions qui l’entoure comme le harcèlement, l’humiliation, le soutien et évidement tout ce qui en découle : les fondements de l’amitié, de l’attirance, du respect. La vraie question de la série tourne autour de l’identité de chacun. Qui sommes-nous par rapport aux autres ? C’est la question qu’on s’est tous posée à l’époque du collège et du lycée. 13 Reasons Why parvient sans peine (du moins dans les 4 épisodes que nous avons pu voir) à élever un peu le débat dans l’univers des teen shows même si l’émotion pêche trop souvent. Il reste alors une certaine mélancolie qui vous happe.

Suivre Clay (Dylan Minette, vu dans Don’t Breathe, Prisoners) à travers ses souvenirs (les visions de Hannah au milieu de la classe), les flashbacks (où le seul moyen de discerner le passé du présent et le pansement de Clay) et sa quête pour la vérité est une expérience sensorielle. L’ambiance est instantanée dès les premières minutes. La musique envoûtante de Eskmo, les chansons à l’ambiance John Hughes donnent un ton intemporel à la série tout en instaurant une modernité folle. Il y a un retour aux fondamentaux là où Riverdale soulignait grossièrement tous les gimmicks. On notera la prestation assez tendue de Kate Walsh (Grey’s Anatomy) en mère endeuillée.

13 reasons why

Il y a également un aspect vintage assumé. Remettre les cassettes audio sur le devant de la scène, les vélos, la technologie peu envahissante procure une nostalgie plaisante loin du forcing à la Stranger Things.

Teen show impeccable au bon goût d’antan, 13 Reasons Why revigore le genre sans le révolutionner. Les enjeux sont suffisamment simples mais intrigants pour tenir la longueur. Et on attend désormais que Katherine Langford (Hannah) explose à l’écran.

13 Reasons Why arrive sur Netflix ce vendredi 31 mars.