Greenleaf, un soap trop excessif

Greenleaf, un soap trop excessifScore 30% Score 30%

Déjà diffusée sur OWN (Oprah Winfrey Network), fin Juin 2016, Greenleaf est une nouvelle venue sur Netflix France cette semaine.

Si la série peut paraître sur le papier intéressante, elle est notamment créée par Craig Wright un des scénaristes de Six Feet Under, et nous raconte l’histoire d’une famille de pasteurs américains qui, après un drame familial faisant ressortir les vieux démons et histoires de la famille, fait face à la tentative de reconstruction de cette famille entre religion, travail, enfants, mensonges, Histoire … Cette série n’annonçait pas révolutionner le genre, mais avait clairement des arguments à défendre. Qu’en est-il à la vue des deux premiers épisodes ?

Par où commencer ?

Premièrement, clairement inspirée par des séries comme Six Feet Under, et il y a de quoi tant cette série est géniale, Greenleaf cherche à créer un drama mêlant émotion, humour, et qualité. Mais très souvent la série en fait beaucoup, beaucoup trop. Par exemple, entre le personnage principal : Grace Greenleaf et certains membres de la famille, le climat de tension et de drame est très accentué par les scénaristes, essayant à tout prix d’aller nous chercher une petite larme qui est encore très loin. Mais c’est très dur de devenir attaché à des personnages dès les premiers épisodes, ainsi, on n’adhère pas à leurs peines, en plus l’émotion ou bien même « l’injustice » est très surjouée, pas la faute des acteurs, on y reviendra plus tard.

greenleaf

En effet, Greenleaf semble manquer de finesse et s’éparpiller dans tous les sens. Si on reprend la comparaison avec son modèle Six Feet Under, cette série tente de parler de beaucoup de choses, de créer des situations dramatiques à chaque petit événement, mais ne parvient pas comme son modèle à le faire de manière fine, pourquoi ?

On peut commencer en parlant de la réalisation. Plutôt commune la plupart du temps, il y a un point à souligner, la caméra se place souvent sous le personnage filmé (surtout pour les personnages forts), et leur donne une impression de puissance face aux autres personnages, alors que ces personnages ne nous impressionnent pas nous, public, ils n’ont pas encore gagné notre admiration, notre respect. Pire encore, ces personnages deviennent détestables. De plus, la réalisation essaye de souligner les réactions des personnages, accentuant encore une fois le côté dramatique : le rendant simplement ridicule.

De plus, il est commun que les personnages se perdent dans des questionnements paraissant existentiels à leurs yeux mais ne l’étant pas souvent. Ainsi, on peut assister à 5 minutes de profond débat entre deux personnages sur, par exemple, la chanson à chanter Dimanche à l’église, sujet qui prend du temps alors qu’il est inutile. Et lorsque chaque épisode de la saison ne dure pas plus de 42 minutes, c’est forcément beaucoup de temps de perdu, temps qui ne se retrouve pas dans la création d’une ambiance, de relations plus complexes, et tout simplement dans l’élaboration d’une série de qualité.

Enfin, les personnages. Qu’en dire ? Comme dit précédemment, de manière générale la série essaye d’installer de la profondeur, mais par manque de temps, par trop grande ambition, elle en devient superficielle. Cela s’en ressent au niveau des personnages. Si le personnage de Grace Greeanleaf est assez bien mis en place dès le début, les autres personnages sont souvent trop excessifs. Ils sont très manichéens, binaires : dès la première scène de réunion entre les personnages principaux, les principales personnalités se dégagent, entre ceux qui seront du côté de Grace dans la lutte entre la famille, et ceux qui ne le seront pas, chacun avec des positions très dures et très claires. Clairement : les gentils et les méchants. Aucune ambiguïté entre les personnages, seulement les méchants qui font souffrir injustement les gentils. Et c’est très inconfortable pour le spectateur : on ne sait pas d’où cette animosité vient, et elle est très forte et excessive. Ainsi, les gentils apparaissent comme des victimes surjouant leur douleur et les méchants apparaissent comme des bêtes diaboliques détestables. Toutefois, on peut remercier la série sur un point au niveau des personnages : la fille de Grace, Sophia, a un rôle rare à la télévision américaine, celui d’une ado respectueuse et respectable, ce qui se fait très peu.

 

Ainsi, voilà comment a démarré Greenleaf sur OWN le 21 Juin 2016, et sur Netflix la semaine dernière. Au final, beaucoup d’émotions tentent d’être passées à travers cette série, comme dans Six Feet Under, mais malheureusement, trop d’imperfections rendent la série et les personnages assez peu attachants. Malgré leur tentative d’avoir un show profond sur le milieu de la religion notamment, cette série s’arrête à des conflits familiaux que très peu intéressants pour le spectateur, et au final on est lassé par cela et on décroche assez rapidement. Enfin, si Six Feet Under nous a fait devenir des Fisher (famille présentée dans la série), on s’imagine peu être des Greenleaf pour l’instant, mais la série pourrait peut être évoluer de manière positive, elle devrait alors se reconcentrer sur des sujets plus précis.

 

Greenleaf est en intégralité (1 saison) sur Netflix France et est renouvelée pour une seconde saison de 16 épisodes.

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1 Comment

  1. Sur la même chaîne il y a Queen Sugar qui est 10 crans au dessus 😉

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