C’EST LA SAINT VALENTIN ! Enfin non, là maintenant on est le 8 février mais ils sortent quand même Cinquante Nuances plus Sombres parce qu’ils vont pas attendre une semaine de plus hein, ça va pas non ?

Cinquante Nuances plus Sombres, c’est la suite de Cinquante Nuances de Grey. Vous savez tous ce que c’est mais je rappelle quand même pour ceux qui dorment au fond : à la base écrit comme une fan fiction de Twilight (ouais eh bah moi j’aime cette saga OK ?), la trilogie de bouquins d’E.L James (voir nos critiques) a été vite un succès mondial et puis bla-bla-bla adaptation cinématographique qui est aussi un succès financier mondial (critique c’est autre chose, hein) et bande annonce du 2 qui est notamment parvenue à battre de record de visionnage que tenait avant Star Wars 7. Et donc là, c’est un nouveau réalisateur, monsieur James Foley, qui reprend la barre notamment parce que l’Autrice n’était pas satisfaite du premier film… pour la même raison que les fans : pas assez de sexe, coco. J’avais personnellement trouvé le premier volet passable, agréable à regarder visuellement et avec une morale somme toute correcte (Anastasia avait largué Christian le pervers sadique narcissique). On s’ennuyait mais… gentiment.

Cinquante Nuances plus Sombres

Du SEXE ! Enfin !

Mais Cinquante Nuances plus Sombres CHANGE LA DONNE. Sur la question du sexe, il y en a vraiment beaucoup plus, la saga ne passe pas le cap de la pornographie ou même de l’érotisme (la teub et le minou, c’est cool mais ça se vend pas à des gamines de 12 ans, alors qu’un message dégueula… non, j’anticipe trop) mais on est émoustillé gentiment par ces corps qui se mêlent et certaines scènes très sexy et d’un torride assez inattendu. Est ce que ça veut dire que c’est subtil ? BIEN SÛR QUE NON MES PETITS CHÉRIS, j’ai aucune idée de comment est le bouquin mais ce second volet est hyper vulgaire. Au delà du fantasme de l’homme riche avec de belles voitures qui va t’offrir un IMac et un IPhone couleur or rose si tu te mets avec lui (véridique), les dialogues sont d’une indigence sans nom. Pour vous donner un exemple parce que vous n’attendez que ça, Christian sort à un moment des boules de Geisha et Anastasia lui demande “ah non tu me mets pas ça dans le cul hein” et lui répond “c’est pas pour ton cul” avec un regard bovin. On en est là. TOUS les dialogues du film sont de ce niveau là.

Cinquante Nuances plus Sombres

C’est pas comme si elle était pas prévenue …

J’ai pas une connaissance très profonde du sujet (et puis ça vous regarde pas) mais à quel moment le BDSM (le marquis de Sade, tout ça) c’est supposé être vulgaire ? On le sait que les gens qui font ça sont plutôt super classes, distingués, en général, même dans les films pornographiques ça revient assez souvent M’A-T-ON DIT. Il y a un vrai décalage dans le film, entre les immeubles super classes et la chambre de la punition assez stylée dans le décor et ces dialogues horriblement grossiers. C’est supposé faire un minimum envie, mais à quel moment c’est attirant un type qui te regarde en te disant “viens on va manger” avec une tête qui ferait rougir Hayden Christensen de dégoût ? Et la fille lui répond “I’m Hungry” en plus, et elle lui fait limite un clin d’œil des fois qu’on aurait pas compris qu’à la scène d’après ils vont grimper aux rideaux (oui parce que Johnson et Dornan, c’est pas de l’actor studio, hein). Ça ne fonctionne pas, ça ne peut pas fonctionner, tous les goûts sont dans la nature mais qui est émoustillé par ces passages de dialogues risibles ? Faites moi signe, expliquez moi, vraiment ! Quand les scènes de sexes fonctionnent, c’est parce qu’ils ne parlent pas …

ET SI LE FILM SE CONTENTAIT DE ÇA. Mais non ! Cinquante Nuances plus Sombres, c’est aussi un message dégueulasse ! Alors oui, je connais la polémique, mais à mon avis le premier film avait un semblant de morale puisqu’Anastasia finissait par quitter ce gros con (pardon oui mais hein, je me mets au niveau) de Christian. Dans celui-là, non seulement elle se remet avec lui puisqu’il lui promet qu’il va changer, mais en plus elle lui laisse quarante mille chances de se rattraper et qu’il ne le fait absolument jamais. Et au final elle l’épouse après qu’il manque de mourir dans un crash d’hélico (sans qu’on nous explique comment il s’en sort hein, faut pas déconner non plus LAWL) … Donc le message du film : si vous sortez avec un pervers narcissique les filles, restez avec lui, même si ses anciennes conquêtes (Kim Basinger, trop excellente actrice pour ces conneries) vous expliquent qu’elles n’ont pas réussi à le faire changer, VOUS vous réussirez parce que vous êtes LE VRAI AMOUR. C’est un peu dégueulasse et risqué, non? Même pas un petit peu?

Cinquante Nuances plus Sombres

Pourtant je l’aime bien moi, Dakota.

Le pire, c’est que ce n’est même pas accidentel. Cinquante Nuances plus Sombres sait très bien ce qu’il fait, manipule sa jeune audience tout à fait parfaitement. Un exemple ? À un passage du film, Anastasia est invitée par son patron avec qui Christian entretient une rivalité à se rendre à un voyage d’affaires à New York, Christian refuse bien sûr et Anastasia, après lui avoir gentiment tapé sur les doigts en lui disant que ça ne le regardait pas, l’écoute … pour qu’on se rende compte plus tard que le boss avait des vues sérieuses sur elle et qu’il l’agresse sexuellement. Le film donne donc raison à Christian alors qu’il a juste fait parler sa jalousie obsessive et son besoin de posséder physiquement et mentalement sa partenaire (au moment de l’épouser, il lui dit littéralement “be mine”…). Banaliser cela, c’est cool, merci James Foley (et sans avoir lu le livre, sans doute aussi merci à EL James pour donner ces réponses là aux jeunes femmes prises de doutes en devenir).

Cinquante Nuances Plus Sombres, en plus d’être horriblement vulgaire, est donc en plus totalement à jeter dans son propos. La mise en scène n’est même plus léchée, elle est banale et la BO est franchement oubliable. Pourtant, on voudrait savoir la suite, ne serait-ce que pour savoir si, oui ou non, le message final sera aussi désastreux. À suivre !

AMD