Sorti en limité aux USA, The Autopsy Of Jane Doe ne bénéficie pas de sortie française outre sa projection lors du PIFFF mais l’Espagne aura ce bijou dès la semaine prochaine.

Réalisé par André Øvredal, metteur en scène du remarqué Troll Hunter et écrit par Richard Naing et Ian B. Goldberg (à qui on doit Dead Of Summer.  et qui écrit pour Once Upon a Time, Flash Forward et la prochaine série Krypton), The Autopsy of Jane Doe est ce genre de films un peu sorti de nulle part mais qui surprend en bien et qui risque de faire parler de lui.

Concept audacieux, The Autopsy of Jane Doe mise tout sur, comme le titre l’indique, l’autopsie d’une inconnue découverte enterrée dans le sol d’une maison qui a vient d’être le théâtre de meurtres. La police laisse le corps à Tommy Tilden (Bryan Cox, The Medicis, The Slap) et à son fils Austin (Emile Hirsch, Into The Wild), deux coroners en fin de service. Il est tard et Tommy laisse son fils sortir avec son amie pour s’occuper seul du corps. La police veut la cause de la mort pour demain matin. Austin annule sa sortie pour épauler son père. L’autopsie commence et les secrets de cette Jane Doe vont peu à peu devenir embêtants.

jane doe

©IFC

Il faut peu de temps pour que cette Jane Doe accapare tout l’intérêt du spectateur. Les secrets qu’elle renferme sont autant de mystère qui tiennent en haleine au fil des minutes. Dans un film qui prend son temps à instaurer une ambiance, aidé par un montage pertinent, on se laisse vraiment prendre au jeu de piste. On veut autant savoir que les Tilden l’identité de cette inconnue au regard vitreux. Chaque découverte constitue une nouvelle pièce du puzzle qui trouvera sa résolution en fin de métrage. Pas de scénario alambiqué ni de prise de tête, …Jane Doe joue à fond la carte du jeu de piste et c’est franchement divertissant !

Les Tilden sont présentés comme des coroners on ne peut plus normaux. Le film se permet juste de les présenter sous un jour flatteur avec une relation amoureuse pour Austin et une vie de solitaire avec son chat pour Tommy. L’atmosphère spéciale de salle d’autopsie avec ces corps et ces rituels s’impose immédiatement et on aurait aimé parcourir l’histoire de ces tiroirs morbides, glauques qui renferment des corps avec leur histoire fatale. C’est en misant sur ces petits détails et sur une unité de temps et de lieu assez restreinte que …Jane Doe trouve une identité propre et une originalité, finalement, bienvenue. A distiller ses idées avec intelligence et sens du rythme, le film se transforme en belle expérience cinéma.

Jane Doe

©IFC

Quand on comprend ce qu’il se passe, le film perd un tout petit peu d’intensité mais se révèle au final toujours efficace. Alors qu’il gagnait tout à miser sur la sobriété, le film se permet d’aller sur des chemins un peu plus convenus tout en gardant sa ligne de mire scénaristique. Rien n’est maladroit et la cohérence reste de mise. …Jane Doe s’impose même le luxe de ne pas apaiser son propos et de préserver une ambiance de mystère. Personnage attirant, statique et macabrement beau, Jane Doe trouvera sûrement les faveurs d’une préquelle par des producteurs en mal d’idées pour un film aussi putanesque que Blair Witch 2 ou URban Lgend 2. Ne tirons pas de plan sur la comète, réjouissons-nous de ce film impeccable, aux jump scares attendus mais peu nombreux, à l’atmosphère tendue, aux acteurs inspirés, au script malin qui réservera tout de même pas mal de surprises. N’allons pas par 4 chemins, The Autopsy of Jane Doe est une très belle réussite, un film d’épouvante qui ne lésine pas sur tous les aspects les plus crus et gores de l’autopsie. Profitez-en dans les festivals européens, n’attendez pas une sortie française avec un public irrespectueux. Tant pis pour le circuit cinéma, tant mieux pour le public de festivaliers.