Pause de Noël oblige, on se fait quelques petits bilans. Après Big Bang ou Gotham, voici l’heure de parler de Flash et Supergirl.

Supergirl est arrivée sur CW depuis la rentrée et le moins que l’on puisse dire est que la série a payé les pots cassés. Exit Calista Flockhart pour cause de gros sous, exit Los Angeles pour cause de gros sous, et bonjour Vancouver et une CWisation de la série.
Il y avait dans cette saison 1 de Supergirl, beaucoup de générosité, peu de prise de risques et un sentiment de voir une série intemporelle aux accents épiques prononcés. Depuis le passage sur CW, on sent que quelque chose a changé mais quoi ? La majorité s’accorde à aimer cette saison 2 avec cette fois-ci des prises de risques. En y regardant de plus près, on voit clairement des choix drastiques qui ont été fait après le déménagement de Los Angeles à Vancouver. On tire un trait sur certains personnages comme Lucy Lane, chef du DEO et qui est totalement zappé en saison 2. Jimmy Olsen prend la place de Cat Grant alors qu’il n’était qu’un « vulgaire » photographe, le DEO change de décor en abandonnant la grotte secrète pour un loft high-tech. Ces changements ne sont pas déplaisants car ils n’ont pas beaucoup de poids dans la balance. Ce qui fait tiquer est surtout la multiplication d’intrigues plus ou moins pertinentes.

L’excellente mauvaise idée de la saison

A la fin de la saison 1, un vaisseau Kryptonien se crashait. On apprend que Mon-El (un El, encore, mais qui n’a rien à voir avec Kara) vient de la planète soeur de Krypton, Daxam qui a aussi été détruite. Oublié le temps de faire un double épisode avec Superman (bon Tyler Hoechlin, lire la critique des deux épisodes), Mon-El devient un personnage comique. A travers son apprentissage avec Winn et Supergirl, Mon gagne rapidement en capital sympathie. Son duo avec Winn était d’une efficacité redoutable et on pouvait se prêter au jeu du ship entre eux deux. Pourtant, c’est par un autre personnage, oublié en saison 1, qu’un ship inattendu se produit.  Alex, soeur de Kara, se lie d’amitié puis d’amour avec une flic. La romance sera difficile pendant quelques épisodes. Le revirement sexuel (qui n’en est pas vraiment un au final) du personnage peut surprendre mais l’écriture de ce fil rouge est un peu grossière et fade. Le personnage a enfin une story-line mais qui sonne un peu trop drama dans une série qui n’en a pas besoin. C’est d’ailleurs ce qu’on peut reprocher à cette saison 2 qui joue beaucoup sur les interactions entre les personnages et en basant leurs évolutions sur des intrigues qui se cannibalisent. On ne sait plus ce que raconte la saison 2, nous avons une président alien, un Daxamite, un Martian Manhunter qui se trouve une martienne, une relation amoureuse et un Jimmy Olsen justicier, histoire de lui donner aussi une intrigue grossière. Ne parlons pas des Luthor qui rappellent que Smallville avait aussi la bonne idée de miser sur le duo Père Fils mais qui devenait rapidement une caricature.

Où vais-je ?

Au final, Kara est la seule à ne pas avoir de poids dans la saison 2. Il faut alors attendre que Mon-El lui trouve un intérêt pour que la série lorgne enfin dans la comédie romantique, cancer des séries TV car trop souvent écrites avec les pieds. Le duo entre Mon et Kara est très bien mais c’est beaucoup trop léger pour que cette saison 2 soit, au final, plus intéressante que la saison 1. Il y a plus d’intrigues mais moins d’intérêt. Pire, le crossover avec Flash, Arrow et Legends Of Tomorrow a démarré à la dernière minute d’un épisode de Supergirl et par la suite, Kara n’a eu aucun rôle important dans cet événement sériel (lire notre critique du crossover). La série n’est pourtant pas un ratage, Melissa Benoist est toujours aussi enjouée, les effets spéciaux sont d’une qualité très honorable et l’univers est varié. Attention, tout de même, à savoir en retirer des bons sujets.

Tuez la !

Flash subit un peu le même traitement avec une saison 3 encore en deçà de la saison 2 qui était déjà moyenne. On commence à ne plus croire au pitch de départ de chaque épisode où Barry nous vend qu’il est l’homme le plus rapide du monde. Quand on a eu Reverse Flash, Zoom et désormais le Dieu de la Vitesse Savitar, on se questionne. Avec un Flashpoint décevant (lire notre critique du premier épisode), la série repartait quand même sur des bases nouvelles. La team Berlanti ne parvient pas à renouveler les interactions, il n’y a que Harrison Wells qui parvient à proposer quelque chose de différent et c’était d’ailleurs normal. Ce qui choque avec cette saison 3 est qu’il n’y a rien d’excitant, rien qui nous fait dire : je veux savoir.

L’ajout de Tom Felton nous met la puce à l’oreille quant au déroulement de l’intrigue principal avec Alchemy, le couple Iris/Barry n’apporte rien, Wally fait du surplace scénaristique malgré son pouvoir qui lui permet de ne plus en faire littéralement, Joe rencontre quelqu’un, Cisco fait du Cisco et Caitlin développe son pouvoir de Killer Frost dans un traitement assez étrange. Un épisode sur 2, Caitlin devient une menace ou une allier. La stabilité des enjeux devient problématique dans une série qui navigue sans cesse entre le surplace et le pas en arrière. Pire, l’écriture est d’une facilité déconcertante et on se rappelle au bon souvenir de Smallville qui ne volait pas bien haut. Les méta humains sont peu inspirés (le coup de l’ado mal dans sa peau, une fois, ça va, trois fois c’est beaucoup) et la menace centrale prend trop de place. C’est le problème de ces séries modernes feuilletonnantes qui ne peut pas se démarquer de leur intrigue principale sans paraître incohérente. L’épisode crossover était plutôt bon et se servait de toutes les qualités de la série pour offrir une belle aventure de SF. Cisco était le pivot scientifique, Barry s’activait et… c’est tout. On ressent un grand désarroi sur les autres personnages qui ne pèsent pas bien gros (toujours cette histoire de poids et de balance dans cet article…) L’épisode The Present, dernier avant la pause hivernale, est la cerise sur le gâteau avec une scène sur Terre 3 d’une médiocrité dans les dialogues et dans le jeu incroyable, de scènes entre Barry et Iris maladroites qui nous poussent à la sympathie avec des forceps pour ensuite produire de l’empathie avec la scène finale, et surtout de personnages secondaires bouffés par l’intrigue Savitar. Julian (Tom Felton) et Wally deviennent des prétextes pour faire avancer une intrigue qui n’en demandait finalement pas autant. On sent que derrière cette avancée scénaristique se cache simplement un surplace niveau intelligence du récit et brainstorming d’idées.

Dans quoi suis-je tombé ?

Racontez-nous des histoires percutantes, divertissantes au lieu de vous enfermer dans des intrigues balisées par le format de la saison TV, soyez créatifs, produisez des fils rouges qui tiennent 6/8 épisodes, renouvelez le casting, les opposants, les forces en présence, faites en sorte que l’on prenne du plaisir ! S’il vous plaît.