The Stray, le troisième épisode de Westworld, développe les premières pistes du scénario avec plus de punch et commence enfin à entamer sa lente progression vers « l’après ».

Le rideau se lèverait-il sur ce que semble nous promettre Westworld ? Tout porte à croire que oui. Si la première partie de ce troisième épisode ne fait que s’attarder sur la routine du parc ; la progression de William (Jimmi Simpson) et Logan (Ben Barnes), le duo représentant l’archétype manichéen du bon et du méchant visiteur, les mises à jour journalières des robots littéralement mis à nus, ou encore les journées de la gentille Dolores qui n’en finit plus de faire tomber sa boite de conserve pour qu’un galant vienne la lui rendre, la seconde partie de l’épisode introduit de nouveaux éléments du scénario plutôt prometteurs, de quoi donner lieu à quelques hypothèses notamment sur ce qui est réel ou ne l’est pas.

Tout d’abord, la politique du parc divise les rangs des employés et créateurs de Westworld. Deux « camps » se distinguent, ou plutôt visions que l’on pressentait divergentes dans les deux premiers épisodes par leur traitement sensiblement différent des robots, mais aussi leur façon d’accueillir les nouvelles stratégies marketing de l’entreprise. D’un côté, ceux qui ferment les yeux sur la condition des androïdes et tentent de tirer froidement leur épingle du jeu, et de l’autre les visionnaires sensibles au potentiel et à l’évolution d’une telle création scientifique, désireux d’aller plus loin dans la part singularité et d’« émancipation » de chaque personnage. Parmi les seconds, Bernard Lowe (Jeffrey Wright), qui faisait déjà quelques écarts de conduite en entretenant des conversations privées avec Dolores qui la poussaient à réfléchir par elle-même. Ces entretiens en tête à tête d’ordinaire destinés à mettre à jour les robots, ou effacer leur mémoire, flirtent ici avec la thérapie, si bien qu’on ne sait plus qui de la machine ou du créateur est le patient. On apprend ainsi que Lowe cherche à tester et développer la complexité psychique de Dolorès, tout en se confiant à celle-ci sur la mort de son fils. Une révélation qui en dit plus sur les réelles capacités de l’esprit des androïdes et sa troublante ressemblance avec la psyché humaine.

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Le docteur Robert Ford (Anthony Hopkins) et Bernard Lowe (Jeffrey Wright)

L’autre dévoilement est celui de la mystérieuse mort de l’acolyte du Dr Robert Ford, un certain Arnold, qui aurait également fondé Westworld avec lui. Le chercheur était sur le point de confirmer sa théorie du libre-arbitre chez les humanoïdes avant qu’il ne disparaisse dans le parc, et à en croire le Dr Ford, ce n’est certainement pas un accident. La coïncidence veut que les visions inhabituelles des robots leur soient dictées par une entité qu’ils nomment « Arnold ». Seulement, la curieuse réticence de Ford à cultiver la libre pensée chez ses robots, autrement que pour alimenter son fameux nouveau scénario, confirme que ses ambitions ne sont pas forcément favorables à l’évolution de leur statut. Le moins que l’on puisse faire selon lui, c’est leur permettre d’oublier les atrocités qu’ils subissent d’un jour à l’autre. Une prise de position qui explique le nettoyage quotidien des corps abîmés et le lavage de cerveau intensif que reçoivent les hôtes au quotidien, et qui prouve que l’apparente bienveillance du Dr Ford, comme sa perception du bien et du mal, sont à relativiser pour la suite, et pas qu’un peu.

La série développe également sa connivence avec le jeu-vidéo ; on y retrouve les notions de quêtes bloquées, de NPC (personnages), d’intrigue générale, de niveau caché, de dialogues, de code, et des scènes récurrentes entre les personnages qui pourraient correspondre à des cinématiques. L’entièreté du parc est conçu comme un immense jeu RPG grandeur nature. Les showrunners ont déjà admis s’être fortement inspirés de plusieurs jeux connus, tels que GTA et autres. Un rapport à l’univers vidéo ludique qui actualisent les prémonitions de Mondwest en 1973.

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Que cache le Dr Ford ?

Ce troisième épisode possède plus de caractère et se clôt sur un premier cliffhanger qui laisse entrevoir un potentiel débouché sur la concrétisation d’un bug viral (dont l’un des créateurs du parc pourrait donc être la source), avec le premier véritable pétage de câble en règle de la part de Dolores (Rappel : premier personnage abouti du parc). Si du côté des visiteurs, rien ne change, les coulisses commencent à présenter des parts d’ombre intéressantes qui pourraient donner lieu à des nœuds scénaristiques on ne peut plus palpitants.

Un premier élan qui reste à confirmer, rendez-vous lundi pour l’épisode 4.