Syfy pond des séries au kilomètre depuis quelques saisons et avec Aftermath la chaîne descend d’un cran et prouve qu’elle a plus d’idées que de talent.

On n’oublie pas Andromeda (2000–2005), Battlestar Galactica (2003–2009), Being Human (2011–2014) , Eureka (2006–2012), Farscape (1999–2003) ni les récentes Z Nation et The Magicians, mais Syfy pond quelques fois des immondices sérielles oubliables comme Van Helsing. C’est le cas d’Aftermath, série péri-apocalyptique avec Anne Heche et James Tupper (le duo de la série Men In Trees et duo dans la vie).
Le trailer nous proposait une série fantastique qui raconte l’apocalypse avec météorites, tsunamis et monstres en tout genre. Au final, nous avons une série qui se ridiculise de minute en minute. La famille Copeland tente de faire des provisions en attendant la fin du monde mais un démon enlève leur fille sous leurs yeux. Ils doivent rejoindre un camp et attendre de revoir leur fille.

Créée par Glenn Davis et William Laurin, le duo derrière Missing, Disparus sans laisser de trace (oui ça remonte), Aftermath est un désastre à elle-seule. Si on saisit l’univers dans lequel nous sommes, les personnages, eux, semblent blasés au possible. Tout ce qui arrive (tornade, tremblement de terre) ne semble plus les tourmenter. Et quand on dit blasés, ils le sont tellement qu’ils ne voient pas la tornade arriver derrière eux dans une scène WTF. Le ciel est bleu, dégagé, un énorme nuage se forme non loin mais personne ne le voit alors qu’ils sont tous dehors à se chamailler. Magique

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La série continue comme ça pendant 30 minutes, chaque scène a son moment de pure bêtise crasse, de flemmardise scénaristique, de ratage artistique. Le flic parle d’un disparu, il frappe à la porte la scène suivante. Le dîner se passe bien, le disparu se transforme en démon la scène suivante. La fille Copeland disparaît, la famille lui envoie un texto…. Rien ne tient debout. On nage en plein surréalisme. L’atmosphère de fin du monde semble toutefois toucher quelques autres personnes d’une autre façon. Une fièvre étrange se manifeste chez les gens, devenant délirants et violents. Les feverheads sont un peu les Walkers d’Aftermath et comme dans Walking Dead, la série se dote d’un univers de chaos parsemé de marginaux maladifs.

L’autre gros problème de la série est qu’elle ne propose rien niveau intrigue ou point de départ. On ne sait pas quel est le but de la série. Est-ce une série de survie ? Va-t-on devoir se coltiner « à la recherche de notre fille » toute la saison ? Y’a t-il un vilain dans l’histoire ? On n’en sait foutrement que dalle… et on s’en ficherait presque. La série se suit bizarrement sans aucune animosité flagrante. On rit de la série mais on veut saisir tous les tenants et aboutissants. Entre les démons, les catastrophes et l’aspect chaotique du projet et de l’ambiance, il n’y a vraiment aucun déplaisir.

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Anne Heche et James Tupper prennent le contrepoids des clichés parentaux TV avec Heche en beauf bourrue et Tupper en protecteur niais et sont à côté de chaque scène. La petite Taylor Hickson semble mieux s’en sortir avec sa propre storyline. La mise en scène est très moyenne avec des plans amateurs et des problèmes d’espace très mal gérés. Les effets spéciaux sont plutôt dans la bonne moyenne et on ne dit pas non aux quelques effets gores du plus bel effet.

Fourre-tout total, Aftermath est une curiosité assez indescriptible. Il faut attendre 320 minutes avant que la série pose un peu ses bases et se permet de raconter enfin quelque chose. Mais si on se rappelle de Z Nation et de son évolution, on peut donner une chance à la série qui a tout de même une sacré marge de manoeuvre devant elle.