Sorti en blu-ray, DVD et VOD le 19 juillet dernier, le nouveau film de John Hillcoat est un polar foncièrement noir porté par un casting hallucinant. Chez Smallthings, nous avons décidé de revenir sur ce Triple 9 le temps d’un article.

Michael Atwood et son équipe de flics corrompus attaquent une banque en plein jour. L’enquêteur de ce hold-up, Jeffrey Allen, ignore encore que son propre neveu Chris, policier intègre, est désormais le coéquipier de l’un des malfrats. Afin d’effectuer un dernier braquage extrêmement risqué commandité par Irina Vlaslov, Michael et son équipe décident de détourner l’attention de l’ensemble des forces de police en déclenchant un code « 999 » – signifiant « Un policier est à terre ». Mais rien ne se passe comme prévu…

Nous lui devons les excellents La Route et Des Hommes Sans Loi. Le réalisateur australien, connu pour ses films incarnés, réalisés avec brio et sans concession, revient ici avec un long métrage parfaitement maîtrisé qui nous prouve une fois de plus sa capacité à manier différents genres cinématographiques. Triple 9 nous plonge au cœur d’une intrigue policière passionnante, à coups de rebondissements et de ficelles narratives bien agencés, qui nous emporte de sa première grande séquence d’action à son dénouement un poil expéditif. A la tête du scénario, Matt Cook nous sert un récit cohérent qui, s’il a un air de déjà-vu, tente d’innover en créant des situations hasardeuses et des personnages sans foi ni loi.

triple 9

Copyright Mars Distribution

Le film tire sa force de son scénario en jouant sur les connaissances du spectateur qui, dès les premières minutes, en sait plus que les personnages. De ce fait, nous sommes complètement impliqués dans l’histoire et nos angoisses quant au sort des protagonistes émergent de ce que nous savons. Dans cette même lignée, nous nous attachons plus vite à Chris – formidable Casey Affleck – qui réside dans l’ignorance quant à ce qu’il se trame autour de lui. Tout ceci donne lieu à des scènes de tension savoureuses qui jouent habilement avec nos attentes et qui sont magnifiées par la mise-en-scène de Hillcoat. Nous pensons à deux séquences en particulier qui parviennent à nous tenir en haleine grâce à un suspens croissant où l’issue se révèle toujours inattendue : celles des véritables chasses à l’homme dans des espaces confinés et peu éclairés qui nous rendraient presque claustrophobes.

En effet, c’est avec l’intelligence de sa mise-en-scène que le cinéaste parvient à mettre à oeuvre un polar unique. Il alterne les séquences déchaînées au montage très rapide et les séquences de tension, silencieuses avec aisance pour un rendu final rythmé où les minutes défilent à tout va. Malgré tout, ce genre ayant été vu et revu des années durant, il semblait difficile d’éviter totalement certains clichés – et c’est Kate Winslet qui en fait les frais. Si nous apprécions beaucoup l’actrice, nous devons admettre que son personnage stéréotypé, chef de la mafia russe, aux dialogues peu recherchés ne l’aident en rien. Cela affecte grandement sa carrure de « grande méchante » et les pires malfrats se révèlent être tout autres. Elle est le maillon faible d’un casting au sommet, et de ce côté-là, John Hillcoat a su s’entourer : Woody Harrelson, Anthony Mackie, Chiwetel Ejiofor, Clifton Collins Jr., Aaron Paul, etc.

triple 9

Copyright Mars Distribution

Triple 9 est une oeuvre surprenante que nous n’attendions pas et qui mérite le coup d’œil. Le traitement des personnages et leurs relations demeurent son point fort où chacun, à une ou deux exceptions près, détient un rôle décisif quant au déroulement de l’intrigue et dont le trait de caractère est facilement identifiable. Une oeuvre mémorable dont on se plaira à revoir, sans aucun doute. Disponible en blu-ray, DVD et VOD.