Le voilà enfin, après tant de débats sur l’utilité ou non de ce reboot, SOS Fantômes n’est pas un troisième film mais bien une version rafraîchie des deux films cultes des années 80. Mené par Paul Feig, le maître des comédies avec Melissa McCarthy (ça c’est du titre), Ghostbusters n’est pas le film le plus honteux de l’année.

Spoilers présents dans l’article, le dernier paragraphe parle des caméos.

Pour remettre dans le contexte, je n’ai vu aucun film de Paul Feig et je n’ai pas revu SOS Fantômes 1 et 2 depuis dix ans. C’est donc avec un oeil rebooté également que j’ai regardé le film. C’est lors d’une soirée très sympathique à la Machine du Moulin Rouge organisée par Sony et dans des conditions étranges (escape game et gros coussins en guise de fauteuil pour la projo) que l’on a enfin découvert le film de Paul Feig.

2 heures plus tard, je suis mitigé. Le film n’est pas raté mais il n’est pas non plus réussi. La note d’intention ne doit pas se limiter à juste faire une copie du film original, il faut apporter des nouveautés et il n’y en a clairement pas. La structure du film, les rebondissements et la fin ne sont, sans surprise, claqués sur le film d’Ivan Reitman. On retrouve des scientifiques (Kristen Wiig, Melissa McCarthy et la géniale révélation Kate McKinnon) aidées par une newbie (Leslie Jones) et par un abruti de standardiste (efficace Chris Hemsworth) qui doivent combattre des fantômes en liberté à cause d’un criminel qui ouvre les portails inter-dimensionnels.

Ecto-1 √
Les combinaisons  √
Les fusils à proton √
Le logo √
Glouton √
Slimer √
Du Slime √

sos fantômes

Toutes les balises sont posées en prenant un temps assez considérable. Cette sensation nous plonge alors dans un état proche du blasé. Rien ne nous surprend et il sera difficile de le faire tant le scénario semble emprunter une route beaucoup trop facile et un poil poussif. Wiig et McCarthy forme un beau duo et l’énergie est telle que le film est plutôt rythmé. Jones et McKinnon font le travail avec une mention pour cette dernière qui est tout en folie effrayante. Hemsworth nous fait l’idiot du village avec un naturel fou. Les seuls gags réussis viendront de lui, le reste ne suivra pas avec des dialogues un peu hystériques et du comique de situation bien peu pertinent. Avec un peu de réflexion, vu le rôle secondaire de Hemsworth, on se doutait qu’il allait jouer un rôle primordial dans la seconde partie du film. Ca ne manque pas mais il est encore sous-employé. Il est clairement miscasté contrairement à un Rick Moranis, certes surcasté mais terriblement dans la cible. Ce qui étonne est que le film nous permet de revoir le trop rare Andy Garcia .

C’est à travers un chemin aux gimmicks non pas éculés mais connus que SOS Fantômes version 2016 déroule son script sans pression d’aucune sorte. C’est avec une petite frustration qu’au début du film, on se plait à remarquer que la chanson phare est entendue quelques secondes avant qu’on coupe la chique à ce bon vieux Ray Parker, Jr. Subtil message pour nous dire qu’on n’est plus dans l’ultra référentiel ? A vrai dire, le film connait son héritage et se sent peut-être obligé de le préciser. La caserne des pompiers désaffectée est là en caméo. La démarcation semble cependant trop légère. Le film joue à fond sur l’univers déjà connu, l’attente du spectateur est alors ailleurs. Mais où ? Dans l’humour ? Dans les effets spéciaux ? A ce titre, une avalanche de couleurs s’offre à nos yeux. C’est beau, oui mais ça pue un peu la surenchère surtout dans ce final à Time Square où les fonds verts piquent un peu et où les effets sont modernisés (c’est la moindre des choses).Une mention est à faire sur la séquence des ballons hantés, plastiquement superbe, bien découpée et même un peu flippante.

sos fantômesghostbusters

Outre cette scène marquante, il ne reste rien au film pour se démarquer. C’est bien joué, honnêtement écrit, l’énergie est communicative et on prend plaisir à suivre la chasse aux fantômes. Ce reboot ne va pas plus loin. Rien ne ressort qui justifie un reboot en 2016. L’aura du film de 1984 lui a donné une identité. Le film était original en 84, il inspirait, il était repris. Refaire un film de ce calibre en 2016, c’est jouer dans une cour où des tonnes de concurrents se battent déjà. Les effets spéciaux des années 80 étaient un émerveillement pour l’époque et garde un aspect nostalgique inattaquable désormais. SOS Fantômes 2016, c’est un film à effets spéciaux faciles et à la mécanique qui n’a plus d’âme depuis plusieurs années. Des rip-off de Ghostbusters sont peu nombreux mais Evolution (d’Ivan Reitman, papa de Ghosbutsters) avec David Duchovny, sorti en 2001 était très honnête et peut-être le meilleur hommage aux deux films de la saga. Voisins du troisième type en 2012 avec Ben Stiller et Vince Vaughn reste un échec pour cette tentative de renouer avec l’idée d’un quatuor contre une menace sur fond d’humour.

Malgré l’énergie produite par le cast, SOS Fantômes reste juste un film anecdotique dans la catégorie des blockbusters. Divertissant et jamais honteux, le film parvient à faire le travail et n’est jamais boursouflé comme bon nombres de gros films actuels.


La mort de Harold Ramis avait un peu mis de côté la possibilité d’un SOS Fantômes 3. Avec les réactions différentes du cast d’origine de SOS Fantômes, il était difficile de savoir si les caméos allaient pouvoir se faire. Si Ramis apparaît en buste posé dans une université, Bill Murray se la joue à contre-courant en interprétant un sceptique, Dan Akroyd joue un chauffeur de taxi dans une micro scène et Ernie Hudson joue l’oncle du personnage de Leslie Jones. La bonne surprise est pour Sigourney Weaver et Annie Potts (la secrétaire) qui n’hésitent pas à faire coucou dans une scène. Murray a un rôle tertiaire avec une grosse séquence qui nous fait dire que le caméo était peut-être un peu trop. Ivan Reitman apparaît en arrière-plan en fin de film dans un écran de télé.