Bonjour, je m’appelle Thomas, j’ai 35 ans et je n’avais vu ou joué à Pokemon ( et encore moins à Pokemon Go). Oui je suis de la génération d’avant, celle qui est un peu moins intrusif dans les buzz actuels, celle qui devrait danser à Bercy pendant la tournée Top 50, celle qui devrait adorer Dirty Dancing.

Bon je suis rien de tout ça, je suis juste un enfant des années 90 car né en 81. Je ne suis pas de la génération Y définie par des tableaux sans queue ni tête. Non je suis pas comme un enfant de 1995. Non, l’enfant de 1995 n’a pas connu AOL Illimité, Dragon Ball, le Club Dorothée et Prosper le roi du pain d’épices.

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Ce tableau est FAUX

Je suis donc un trentenaire classique, un peu cliché mais qui ne tombe dans les travers de la nostalgie rampante. J’aime l’avant car nous étions dans un processus de HAVING, de possession que les jeunes d’aujourd’hui semblent avoir oublié. Le seul Having validé est le téléphone. Tout le reste est immatériel. Avoir un Pog, une paire de Pump, un t-shirt Fido Dido, c’était, certes clivant, mais terriblement attachant. Alors donc hier, j’ai appuyé sur Play pour regarde le premier épisode de Pokemon. Datant de 1997, la série est arrivée pile poil quand je n’étais plus en age de regarder ça, je n’étais plus la cible, le Club Dorothée était terminé et j’étais passé, comme une nouvelle étape, aux séries un peu plus teen sur KD2A.

Me voilà donc devant ce premier épisode avec ce générique que je connais malgré moi et cette première scène qui fonctionne à merveille.  Un combat entre pokémons sur Game Boy qui passe par magie à l’animation 2D.
Sacha est présenté dans le contexte, il n’est pas ce genre de héros qui sera pris dans la spirale qui m’embarquera pour 250 épisodes. Non, ici Sacha va être dresseur de Pokémon, on ne nous explique pas qui sont les pokémons, d’ou ils viennent, qui sont ils et pourquoi on doit les dresser. Aucunement gênant, cette introduction est fluide. L’humour est bienvenu mais on ne sait pas si c’est le regard adulte qui fait ça mais on rit à voir les têtes des pokémon et leurs noms. Oui Bulbizarre me fait pouffer de rire.

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Sans explications encore, on nous explique qu’il y a eu trois chasseurs de Pokémon avant Sacha et qu’il ne reste donc plus qu’un Pokémon un peu étrange à prendre, Pikachu. Et là, le charme opère. Entendre cette boule jaune dire Pika avec sa voix et son style est un coup gagnant. Si ça marche sur moi, ça a du génialement marcher sur les jeunes. Encore une fois, on rit à chaque Pika. Ridiculeusement drôle, Pikachu forme un bon duo avec Sacha. Le titre de l’épisode en anglais : I Choose You, est assez explicite.
Renforcé par un aspect ludique extrêmement bien dosé, l’épisode est loin d’être déplaisant. Le pokédex remplace le procédé de la voix off et nous narre toutes les infos nécessaires pour que, comme dans un jeu vidéo, nous apprenions de scène en scène.  Et comme dans un jeu vidéo, on sent une gradation des événements. Sasha va découvrir son premier Pokémon, apprendre comment faire, appréhender les attaques et surtout consolider sa relation avec Pikachu. Elle est de suite mise en avant et soulignée par une mise en danger et une urgence permanente. L’épisode va vite et quand on est habitués à suivre Dragon Ball Z, on sait que la rapidité de narration est non négligeable.

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Au final, ce premier épisode est une introduction rapide mais très efficace à l’univers qui s’annonce ludique et vaste ! Comprendre ce qui a marché à l’époque avec le regard d’aujourd’hui permet de remettre beaucoup de choses en perspective et de voir que l’incohérence majeure de Pokemon GO se trouve dès ce premier épisode. On ne peut pas attraper de pokémons sans se battre avant. L’application semble jouer l’inverse. Soit. Les 930 épisodes suivants ne sont pas prévus au programme, ce pas en avant vers la nostalgie que l’on n’a pas connu devrait être obligatoire et pas seulement pour les plus vieux. Entendre dire que NOS madeleines de Proust sont ringardes n’est pas un argument valide.