Dark Matter : pauvre science-fiction…

Dark Matter : pauvre science-fiction…

Dark Matter s’était lancée l’été dernier sur Syfy, qui la promeut fièrement « création originale ». C’est à se demander où est l’original là-dedans, car après une première saison qui frôlait le médiocre, le season premiere de la saison 2 l’est carrément.

ATTENTION, SPOILER TRANSITIONNEL SUR LA PREMIÈRE SAISON ET SUR LE DÉBUT DE SAISON 2 DE DARK MATTER. LA LECTURE DE CET ARTICLE SE FAIT A VOS RISQUES ET PÉRILS. 

A la fin des treize premiers épisodes, après quelques pérégrinations plus ou moins passionnantes dans le passé de chacun, après qu’on ait découvert que Deux était une androïde, que Un est en fait un PDG qui a changé de visage pour trouver l’assassin de ses parents (c’est donc Batman) et que Cinq était la responsable de la perte de mémoire de l’équipage, il était révélé que Six était en fait le traître caché dans le vaisseau. Pas du tout criminel comme les autres, il est un agent du gouvernement chargé de mettre les occupants du Raza hors d’état de nuire.

Car en effet, on apprend dans le pilote que Six a tué cinq personnes, et n’a récolté qu’un « congé maladie », autrement dit cette mission, comme « punition ». L’Alliance Galactique sait comment servir ses intérêts. Quoi qu’il en soit, Deux, Trois et Quatre sont fichus en prison, tandis que Un est libéré grâce à l’influence de la société qu’il dirige, et que Cinq est mise en stand-by. Dans la prison, la vie n’est évidemment pas des plus simples.

©Syfy

©Syfy

Car oui, pourquoi s’embêter dans un scénario VRAIMENT original quand on a une prison et tout l’imaginaire qui va avec ? Dark Matter est, véritablement, de la science-fiction low cost, la SF du pauvre. Ce qui est franchement gênant quand la chaîne s’appelle Syfy et qu’on se fait le chantre de ce genre de cinéma. Du haut de ses fonds verts ultra-visibles et de ses effets spéciaux au rabais, la série ne peut proposer qu’une suite de clichés inintéressants, voire franchement ennuyeux, qu’elle essaie péniblement de rehausser avec un cliffhanger dont on a peur qu’il soit désamorcé par la suite (le vrai Jace Corso tue Un/Derrick Moss par vengeance, mais ne va-t-on pas nous embrouiller pour nous dire que c’est finalement Un ?). Autrement, tout est ultra-prévisible : l’équipage qui fait de la résistance et se retrouvent à taper les autres prisonniers, la présence de gangs, les matons pourris jusqu’à la moëlle, la possibilité d’aller à l’infirmerie pour être un peu chouchoutés, Six qui joue le gentil alors qu’il les a tous trahis (et quel jeu magnifique tout en air de chien battu de la part de Roger Cross). Dark Matter se permet même un peu de grivoiserie gratuite en faisant ce qu’elle a fait toute la première saison durant, à savoir faire fantasmer sans aucune subtilité le spectateur sur le corps de Deux, dont on peut admirer les courbes une bonne minute à l’écran vu qu’on l’oblige à se mettre en sous-vêtements, histoire de rameuter quelques téléspectateurs, et de privilégier la seyante virilité masculine. Quelle beauté de discours.

©Syfy

©Syfy

Et puis bien sûr, qui dit cliché dans la forme dit cliché dans le fond ! Tout l’épisode durant, ce n’est que « je n’arrive pas à croire que tu nous aies fait ca », « lâche-moi tu nous as trahis t’es plus mon copain » pour Cinq envers Six (qui toutefois n’a besoin que de lui dire son vrai nom pour se la remettre dans la poche et la faire décrypter un dossier pour lui, le coup classique, les sentiments sont si malléables en Amérique) ; ce même Six découvre EVIDEMMENT qu’il a été dupé (« quoi, ils sont tous morts et tu ne m’avais rien dit ? » « Mais mec t’étais amnésique ! » « Je sais, mais tu m’as laissé comme ça ? ») et tente de se racheter en disant qu’il a fait ce qu’il fallait faire, pour aider et protéger ses désormais ex-camarades ; du côté de Deux, Trois et Quatre, on se bat et on fait des petits compromis sans grand intérêt ; et du côté de Un, on continue à la jouer Batman en se mêlant de ce qui ne le regarde pas et en cherchant juste à voir qui est le témoin du meurtre (évidemment assassiné le lendemain, cela va de soi), et qui défie Six venu lui rendre une petite visite de courtoisie (après tout, c’est normal, je t’ai trahi, buvons un whisky en s’apitoyant sur le sort) au lieu de retourner à une vie pépère alors qu’il est libre (sans compter le surjeu absolu de Marc Bendavid, absolument pas crédible notamment quand Six vient lui expliquer la situation). Bref, rien de nouveau dans l’atmosphère de Dark Matter qui est loin, bien loin, trop loin d’une proposition digne de ce nom dans le domaine de la science-fiction. Tout le chemin est tellement balisé qu’on en connaît les ficelles, et le pire, c’est que ces 13 épisodes de 40 minutes vont paraître longs, très longs…

©Syfy

©Syfy

Surtout, rien de nouveau ne semble avoir germé dans l’esprit des producteurs depuis la fin de saison 1 tant la proposition artistique est absolument la même : de l’humour pince-sans rire, un jeu d’acteur robotique, des pseudos-trucs hallucinants qui n’en sont pas avant chaque coupure publicitaire, et une division d’intrigue entre les personnages qui donne plusieurs veines exploitées de façon minimaliste et qui n’explore pas du tout qui sont les personnages, ce que l’amnésie a vraiment changé, quels sont leurs vrais intérêts…, se contentant en permanence de les guider par leurs orgueils et leurs désirs (surtout Ryo Tetsuda, la caricature de l’Asiatique bagarreur qui ne parle pas beaucoup mais reste efficace avec ses poings). Tout ce qui peut désormais en sortir, et qu’on peut presque prévoir, est un autre retournement de veste de Six, un nouveau love interest associé à la considération de sa condition pour Deux (je suis androïde, en ai-je quelque chose à faire ou bien vis-je comme les humains qui me regardent juste comme une poupée gonflable ?), et surtout un oubli complet de ce que l’amnésie a crée, puisque les actions de Cinq, sa cause, ont été à peine effleurées, comme si Dark Matter avait été dépassée par son propre postulat.

Dark Matter est donc partie pour rester ce qu’elle est : quelconque. La suite sur Syfy tous les samedis.

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Leo Corcos

Critique du peuple, par le peuple, pour le peuple. 1er admirateur de David Cronenberg, fanboy assumé de Doctor Who, stalker attitré de David Tennant.

19 Comments

  1. Alors, que dire… Parler de la série, ou de l’article ? A vrai dire, je vais me concentrer sur cet article, qui, au demeurant bien rédigé, n’en reste pas moins d’une prétention absolue.
    Quel est cet être supérieur, qui par sa plume cybernétique, se permet de critiquer…pardon, de flinguer littéralement une série ? Votre opinion est-elle si importante auprès des pauvres mortels, que cette dernière est une science indétrônable ?

    Mon père, m’a toujours dit : « Ce n’est pas parce que tu n’aimes pas, que c’est mauvais pour tout le monde »…

    Vous n’aimez pas ? grand bien vous fasse, c’est votre droit… Mais à dézinguer la série comme vous le faites, vous investissez de votre prétention, un avis que tous ne partage pas, et par là même, donnez à votre avis, une supériorité qui ne lui est pas due.
    Que vous disiez que vous n’aimez pas, parce que vous ne rentrez pas dans l’histoire est une chose. Mais que vous disiez que vous n’aimez pas, parce que l’histoire est nulle…là ça passe déjà moins. Qui êtes vous, pour qualifier quelque chose de « bonne » ou de « nulle » ? Vous estampillez comme ça, de votre jugement négatif, les choses que d’autres vont apprécier.

    Émettez votre avis, ne jugez pas !

    Le fond de votre article, laisse entendre que, qui aime cette série, ne vaut pas mieux que la série elle même à savoir « banal » « quelconque » « ennuyeux »…Bref, inférieur !

    Alors certes; il y a des incohérences, des fonds verts et des clichés…Mais à bien y réfléchir, peu de série peuvent se targuer de n’avoir aucune incohérence ou de ne souffrir d’aucun cliché… De Stargate SG1 au Mentalist, en passant par le mythique Magnum et nos chers Arnold Willy… Oui, toute série, tout film possède son lot de défaut et alors ! On est là pour se laisser porter, ou pour disséquer le moindre plan raté ?

    Mais il y a un public pour tout et de tout pour un public, Môssieu !

    Personnellement, j’aime le space opéra et la science-fiction, je ne dirais pas que ce programme est l’un des meilleurs que j’ai pu voir, mais il a lui, une prétention bien concrète, celle de me divertir et de divertir, j’en suis certain, de nombreuses autres personnes.

    Enfin, pour conclure, je dirais que la critique est facile, mais critiquer ce n’est pas faire. Comme le disait Coluche « un critique, ça sait rien faire, sinon il ferait, il critiquerait pas « .

    A bon entendeur…

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  2. IL y a deux façons de juger quelque chose : dire « oui JE trouve ca nulle » et « oui c’est nul ». Un journaliste ne doit jamais émettre son avis personnel. Donc si il lui ai interdit de dire je, il est bien obligé de dire « oui c’est nul ». Ensuite le lecteur doit etre intelligent et savoir qu’il lit une critique de quelqu’un sous couvert d’un avis tout de même objectif. Donc dans tous les cas, critiquer une critiquer en disant : qui etes vous pour juger? non. Le devoir de critique est d’mettre un avis, un jugement ou quelque soit le synonyme.

    Tu emets un jugement « j’aime quand ca me divertit » certes mais ici on essaye d’aller plus loin. Si on ne critiquait que ce que nous aimions car la « vérité » appartient à ceux qui aime, aucun site n’existerait.

    Réponse
  3. Leo Corcos

    Merci Tom pour ces précisions importantes. Un critique n’a rien d’un être supérieur (cette critique me semble venir, par expérience, de la frustration de gens qui ne supportent pas qu’on touche à leur série, ce qui nuit à sa crédibilité selon moi). C’est quelqu’un qui donne son avis, donc qui a par essence une subjectivité engagée qu’il tend à objectiviser au maximum. Je suis désolé, mais on ne peut pas faire autrement si on veut parler d’une série, et quoi qu’il arrive, il y aura toujours des contents et des déçus. C’est étonnant comme les critiques comme les vôtres tombent quand nos articles sont négatifs… qu’est-ce qu’il faudrait, être en permanence positif et ne jamais avoir ce genre de débat ? Ou alors dire « oui c’est bien » quand tout le monde est d’accord, et « non c’est nul » quand on n’est pas d’accord ? Je ne pense pas que vous en seriez satisfait.

    Par votre commentaire, vous tirez à vous toute la prétention dont vous accusez mon avis sur la série. Vous ne vous en cachez donc pas en citant Coluche sur la fin ; je vous en prie, « faites » donc le travail à ma place, vous semblez en savoir un rayon.
    Vous dites « à dézinguer la série comme vous le faites, vous investissez de votre prétention, un avis que tous ne partage pas, et par là même, donnez à votre avis, une supériorité qui ne lui est pas due ». Donc, si je comprends bien, parce que je dézingue la série (ce qui est un avis critique en soi, il y a un curseur entre le dithyrambique et la détestation), mon avis est prétentieux ? Ce raisonnement est simpliste, minimaliste, et franchement injuste, je trouve. Débattez sur le fond, pas sur la forme : je ne dis pas que la série est mauvaise pour tout le monde, je dis penser que la série est mauvaise car elle condense clichés, acteurs moyens, effets spéciaux au rabais… C’est ma vision, pas la vision. Et ça n’empêchera personne d’apprécier. Qui sait si Dark Matter deviendra un culte comme les séries que vous citez ? La Porte du Paradis de Michael Cimino a été un four total et détesté, avant de devenir un culte cinéphile. L’objectif de cette critique n’est pas d’attacher un statut, une étiquette à la série, mais bien d’émettre un avis, oui. La série est jugée comme série, pas comme une globalité prenant la série et son public (je ne comprends d’ailleurs pas cette partie de votre commentaire qui ne relève que de votre interprétation).

    Et en effet, ici, on tente d’aller plus loin. Si j’ai touché votre statut de spectateur qui se contente d’un simple divertissement, je m’en excuse, mais je ne vais pas m’empêcher de critiquer la série pour autant. Et de plus, même le divertissement en tant que calibré comme tel mérite une critique, et si je critiquais Dark Matter dans cette optique, il obtiendrait toujours 2 sur 5. La série a des incohérences, comme beaucoup d’autres, donc laissons-la tranquille, dites-vous ? Et donc pour cette raison, on devrait la laisser tranquille ? Parce que c’est « déjà arrivé », parce que « peu de séries n’ont pas d’incohérences », parce que c’est « monnaie courante », il faudrait donc laisser et ne pas tendre à une certaine perfection, une jouissance et un plaisir du visionnage jusque dans les moindres recoins techniques ? Je ne suis pas d’accord. Le rôle d’une critique est de faire avancer le débat, et rappeler aux cinéastes le devoir d’exigence qu’un public est en droit de demander.

    Dire à une critique, sur fond de subjectivité personnelle touchée par une critique négative, qu’il n’a rien pour juger, c’est la mort du débat, c’est la complaisance dans la non-exigence, et c’est l’avènement de ce « public pour tout et tout pour un public », ce « pain et des Jeux ». Ici, nous tâchons de dépasser cela.

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  4. C’est nul = juger (c’est clair, c’est net et surtout RADICAL, c’est nul et point barre. Personne ne doit le remettre en cause.) C’est prétentieux et c’est donner à son propre avis une légitimité qui ne lui est pas due.

    « A mon sens », « selon moi », « A mon avis « , « Pour ma part = emettre un avis (c’est un partit pris personnel et non un état de fait.)

    Oui messieurs la frontière existe…

    Réponse
  5. C’est comme le Brocolis… je n’aime pas, ça ne veut pas dire que ce n’est pas bon. C’est âpre, granuleux, avec une pointe d’amertume.. J’énonce là des des éléments qu’il m’est personnellement difficile à apprécier… Cependant, le fait que je n’aime pas, n’oblige pas mon voisin du fait que c’est âpre, granuleux etc… à ne pas aimer également.

    Votre discours est construit dans la radicalité de l’avis. « C’est nul parce que c’est quelconque, banal, etc etc etc …  »
    Non, vous n’aimez pas, parce que vous n’êtes pas réceptif à ce programme pour les défauts suivants…(au passage, vous, le fan de docteur who, je crois que niveau clichés, on est pas mal servi non plus.)

    « C’est nul », tout comme « c’est excellent » ne sont pas des notions à employer dans une oeuvre artistique et créative. Car l’art et la création, sont subjectifs, et par essence; la subjectivité est une notion NON radicale.

    Et ça, ça fait toute la différence.

    Tout le monde à le droit de dire « je n’ai pas aimé pour telle ou telle raison », en revanche, personne n’a le droit d’affirmer que c’est nul.

    Réponse
  6. Le problème c’est qu’on avait compris mais que les rédacteurs ici choisissent ou non d’émettre un avis ou un jugement selon la direction que la critique doit prendre.
    ON essaye d’être le plus objectif en se basant sur un ressenti dicté par une mise en condition, une contextualisation. Peut-être que Dark Matter aurait été très bien reçue il y a dix ans.
    Et en relisant la critique il n’y a jamais la notion « Nul » qui vient donc déjà il y a un choix de vocabulaire qui restreint beaucoup. Léo utilise beaucoup de formule de doute également avec « peut » qui sous entend qu’il ne tranche jamais véritablement.
    Donc oui, il n’a pas aimé mais lisez toutes les critiques que l’on trouve sur le web par des journalistes pro et vous aurez qu’ils n’utilsent jamais les formules « a mon avis, « je pense ». Il saffriment quelque chose car tacitement, le lecteur sait qu’il va lire un jugement

    Réponse
  7. Leo Corcos

    J’ai une question à vous poser, juste une : où voyez-vous écrit « c’est nul » ? Qu’est-ce qui vous permet de penser que je dis « c’est nul », à part votre interprétation, ce qui de fait, fait de vous le prétentieux dans l’histoire puisque vous vous permettez d’établir le niveau de subjectivité dont j’ai usé dans cet article ? Jamais sur ce site nous n’avons fait autre chose que d’exprimer un avis : dans le monde, des gens ont détesté Star Wars VII, nous l’avons adoré, en expliquant pourquoi, mais cela n’a jamais été désigné comme valeur commune, à partager.

    C’est d’ailleurs expressément pour cela que personnellement je n’utilise jamais la première personne dans mes articles (comme tous les journalistes d’ailleurs, quand c’est le cas c’est sur leur blog) : parce que l’on tâche de donner un maximum d’objectivité à un avis subjectif, qui ne soit pas simplement « j’ai aimé/pas aimé, trouvé cela nul/génial »… La subjectivité est incluse dans le fait même d’écrire un article, dans la perception même de ce que l’on a vu comme défaut ou qualité. Le devoir d’objectivité vers lequel on tend n’est là que pour étayer nos arguments. Le pire c’est que c’est exactement ce que vous énoncez avec le brocolis, et nous avec Dark Matter : je n’ai pas aimé Dark Matter parce que c’est plein de clichés, mal joué, et visuellement douteux. Cela m’a été difficile d’apprécier cela pour lui mettre un 5/5. Après, vous voulez qu’on le dise texto dans les articles ? Cela en hacherait la qualité, ce serait une béquille argumentative bancale visant justement à garder un avis pour soi qui empêcherait l’autre de s’y projeter pour ensuite faire avancer le débat. C’est aussi cela, le devoir critique.

    Mon discours est constitué en tant qu’avis. Vous avez le droit de ne pas le partager, le site n’a jamais été là pour faire preuve de valeur absolue, alors que les sites dédiés au cinéma sont nombreux. Oui, nous n’avons pas été réceptifs à ce que Dark Matter propose. Et alors ? On va juste se contenter d’écrire « alors chez Smallthings on n’a pas été réceptifs à Dark Matter, mais autrement, ca reste une série de SF, hein, vous pouvez aimer ». Personne n’écrit cela, n’en prend la peine, on se contente surtout de dire qu’on n’a pas aimé pour telle ou telle raison. C’est pauvre, cela n’avance à rien, cela ne nuance en rien ni ne donne du recul, et c’est surtout la mort de la critique. C’est cantonner l’écriture à « y a des goûts et des couleurs, hein, l’art ca existe mais ce genre d’art moi j’aime pas ». La réaction est par définition subjective, parfois c’est négatif et parfois positif, mais si on n’accepte pas cela et qu’on doit dire à l’autre, à chaque fois, ce que vous énoncez, vous refusez son avis.

    Si l’art et la création sont subjectifs, les avis aussi, et c’est bien parfois dans la division des avis que se retrouve l’art, comme l’avait prôné Nicolas Winding Refn lors de l’une de ses conférences. Tout le monde peut bien dire que c’est nul : mais on doit l’argumenter, laisser place à un débat.

    Au passage, merci de votre fidélité au site dans votre passage sur ma passion pour Doctor Who. Ca me touche

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  8. « Dark Matter : pauvre science-fiction… »

    Déjà rien que dans le titre, « l’avis » est radical.

    Rien que cette phrase est prétentieuse. Car pour juger ce qui est pauvre et ce qui ne l’est pas, faut déjà avoir un sacré orgueil.

    Vous n’aimez pas c’est un fait.
    Moi, j’aime c’est un fait aussi.

    Donc vu que moi, j’aime la « pauvre science fiction », c’est que visiblement mes goûts ne sont pas les bons.

    Quoi que vous disiez, en bon français (j’utilise là « en bon français », la notion de langue et non de peuple, vous l’aurez certainement compris), c’est ce que la forme et le fond de votre article sous-entendent, et de façon assez explicite.

    Je ne m’en prends pas à vous parce que vous émettez un « avis » (jugement) dirigé par votre subjectivité, mais parce que les mots que vous employez prétendent que vos goûts prévalent sur ceux des autres.

    Encore une fois :
    Je n’aime pas cette série, est avis. (A vous de l’étayer effectivement avec vos impressions).
    Cette série est pauvre, est un jugement.

    Le but donc pour en revenir à mon commentaire initial était de vous poser justement la question :
    Qu’est ce qui vous permet de juger ce qui est pauvre et ce qui ne l’est pas ? voyez j’évite le terme « nul » et reprend le votre. Par ailleurs j’ai utilisé le terme « nul » comme étant la traduction du contenu de votre article un mot, et non un terme que vous avez employé.

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    • Bravo  » jc  » bien dit tout ses critiques omniscient qui ce permettent de cassé les séries sf juste après une ou deux saison …..bizarrement pour les experts après une multitude de saisons toute plus « fades » les une que les autres il y a moins de critiques. …prenons exemple de FARSCAPE une des meilleures séries sf des années 90  » (et elle sont rare ) et bien elle est pratiquement inconnu en France ,je commence à pensé que la France « déteste  » la sf ?

      Réponse
      • quel est le rapport avec Farscape et les saisons fades ? Si c’est fade, on en parle en mal. Si c’est bien, on en parle en bien. Point. Farscape est très bien mais à son époque les blogs nexistaient pas 🙂

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  9. En définitive, ce qui m’a choqué dans le fait de descendre la série comme vous l’avez fait, n’est pas en soi, que vous n’avez pas aimé la série et que vous le fassiez savoir, c’est votre job… mais que les termes que vous avez employés, mettent à défaut la subjectivité et le goût de ceux qui aiment. Dont moi effectivement.

    La critique doit effectivement être objective, sinon elle reste méchante (ou agréable selon), mais inutile, et inefficace.
    Le mieux étant de se faire évidemment son propre avis.

    Mais là ou je veux attirer votre attention, c’est que vous écrivez pour vos lecteurs. Ceux qui aiment la série, comme pour ceux qui ne l’aiment pas. Mais dans votre contenu, si vous voulez attiser le débat, vous ne devez néanmoins pas faire en sorte que les deux camps puissent se retrouver pour débattre.

    Pour cela, il faut certes faire sa critique, mais en prenant bien garde de ne pas porter atteinte à la subjectivité des autres, en prévalant la sienne.

    Enfin…selon moi…

    Réponse
  10. « vous ne devez néanmoins pas faire en sorte que les deux camps puissent se retrouver pour débattre. »

    Pardon, il fallait y voir une question donc avec un point d’interrogation.

    Réponse
  11. Leo Corcos

    Votre manière de raisonner et de surinterpréter me sidère, cela en devient de la mauvaise foi. Et encore une fois, relisez vous avant de traiter quelqu’un de prétentieux…

    Si je mets « pauvre science-fiction », c’est pour dire que la série ne rend pas service au genre, et en même temps dire que ce qu’elle propose est une pauvre science-fiction, cela avant de l’étayer dans l’article ci-dessus. Mais vous vous braquez à la seconde même, je n’y peux rien. Mais si j’avais mis « géniale SF », vous auriez parlé de prétention ? Je ne pense pas. « Pauvre » est un qualificatif comme un autre que j’utilise pour mon avis sur Dark Matter. A vous lire, on dirait que dès qu’on émet un avis négatif sur une oeuvre, on est prétentieux. Qu’aurai-je dû mettre ? « Dark Matter, SF pauvre selon moi » ? Vous vous rendez compte du ridicule, j’espère ? Oh, et « pauvre », cela ne veut toujours pas dire « nul », et je ne vois toujours pas où vous en prenez la « traduction ». Et cela n’implique en aucun cas que ceux qui aiment ont des goûts douteux. Vous vous battez contre des moulins, j’espère que vous vous en rendez compte. Vous vous confinez dans l’interprétation d’un avis, dont vous ne pourrez jamais tirer toute la moëlle puisque vous ne l’avez pas émis. J’ai donné cette avis comme quoi pour moi cette série est mauvaise. N’importe quel lecteur y verra tacitement que c’est mon avis, c’est le pacte de lecture critique. Votre conception du « c’est mon avis, il faut le dire, il faut en permanence choisir ses mots » relève d’une écriture lisse, sans âme. Qu’est ce qui me permet d’en juger ? Rien. J’émets juste un avis, il faut que vous l’entendiez : c’est un avis, pas une croisade contre les spectateurs et les critiques positives.

    C’est surtout « vous effectivement », oui, qui vous sentez agressé. Un critique est là pour donner cet avis et pour encourager le débat, se mêler avec l’avis de l’autre pour qu’il en retire une réflexion sur ce qu’il voit. C’est justement cela que fait le critique : amener les deux camps pour et contre à débattre dans le cadre d’une réflexion. De fait il peut susciter la division ou la réunion, et c’est normal. Oui, on écrit pour « ne pas porter atteinte à la subjectivité des autres », et oui, on écrit avec notre subjectivité. Est-ce que cela implique forcément que lorsque cette subjectivité s’exprime, on prévaut sur les autres ? Non. Vous ne faites qu’alimenter ces fameux « il ne faut pas écouter les critiques, allons profiter du film/la série et aimons », sauf que le critique n’est pas là pour empêcher cela, mais pour émettre, soulever, susciter des idées et des pistes de réflexion sur une oeuvre créatrice et visuelle. Je ne vais pas empêcher d’aimer Dark Matter, mais plutôt dire que Dark Matter n’amène absolument rien de nouveau. Vous nous reprochez d’avoir fait du « c’est nul, ne regardez pas », mais à aucun moment cela n’apparaît, vous ne voyez cela que selon votre interprétation de l’intensité de mes mots. Mais il y a une langue, et la langue est là pour dire des choses plus ou moins fortes. C’est précisément ce que le critique fait dans son choix des mots : encourager l’échange entre les subjectivités qui seront de toute façon touchées, qu’on parle en bien ou en mal

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  12. Je conçois que cette série ne plaise pas à tous le monde. Mais je signale que c’est une série à très faible budget donc c’est normal que les effets spéciaux soient bof mais comme pour ma part je n’ai pas trop l’oeil, ça ne me dérange pas plus que ça.
    Les clichés qui m’ont bien saoulés c’est la relation et l’espèce de triangle bizarre entre One/Two/Three. Franchement ils auraient dû éviter.
    Sinon moi ça m’a plutôt plu, ta critique est peut-être un peu sec mais je crois que le seul truc qui m’a bien énervé c’est:

    je suis androïde, en ai-je quelque chose à faire ou bien vis-je comme les humains qui me regardent juste comme une poupée gonflable ?

    Je comprends pas la référence à la poupée gonflable oui Two à eu une relation pas sérieuse avec Three et un drama avec One mais est-ce qu’ils sont affublés de nom du genre « toy boys » ? Bah non, Two est plus qu’une poupée gonflable, elle est capitaine du raza, elle a des connaissances pour manoeuvrer et piloter un vaisseau. Bref elle a ses propres capacités. Mais c’est typique des critiques masculines de mettre ce genre de terme sur des persos féminins.

    Bon voilà, après je te conseillerais de faire des articles sur des series que tu adores.

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    • Leo Corcos

      Ah c’est sûr, la série a un faible budget, on est sur Syfy, ce n’est pas Netflix. Mais on peut vraiment mieux optimiser ce qu’on a sous la main, tout ce que je vois dans Dark Matter, c’est une série qui a du coup décidé de faire quelque chose de limité et peu ambitieux, parce qu’il y a ces moyens faibles, au lieu d’essayer de les optimiser.

      Je vais lier ma réponse à la deuxième partie de ton commentaire à ce que tu dis plus haut : ce qui m’énerve plus que toute autre chose dans cette série, c’est tout ce qui tourne autour de Deux. C’est soit une androïde capitaine du Raza avec de bonnes capacités de combat, soit un objet de désir. Et souvent les deux sont superposés : elle est une femme énergique et forte parce qu’elle est un objet de désir et réciproquement. Je trouve ca réducteur, parce que ca ne sert pas Deux, ca ne fait que la coincer dans un rôle de femme sans relief, absolument pas approfondie. Ce n’est pas une question de critique masculine sur personnage féminin, mais ici (et d’ailleurs, pardonne-moi, mais tu sors ma phrase de son contexte, il y a tout un truc autour et cette phrase n’est qu’une projection qui n’engage que moi 😉 ), je dénonce le fait que Deux n’a pas le choix dans son comportement entre objet de désir (comme à la prison) et capitaine (comme dans le pilote, ou bien dans l’épisode 3 avec le lien neuronal).

      J’aimerais bien. Mais je découvre de nouvelles choses, je suis au service du site, et j’aime toucher à tout. Et puis si je ne faisais que ce que j’adorais, ce ne serait ni drôle, ni enrichissant d’un point de vue personnel et collectif 🙂

      Réponse
  13. Ok 🙂 je ne sais pas si c’est vraiment possible d’optimiser pour les décors. Ça doit vraiment dépendre de la chaîne et il est possible que l’équipe de la série n’arrive pas à négocier un bon budget. Je regarde Killjoys et les décors sont beaucoup plus variés alors que concrètement je crois que les audiences des deux series sont assez proches.

    Concernant ta phrase, je ne la mettais pas hors-contexte c’est juste que je comprenais pas ton ressenti et du coup j’ai trouvé ça insultant pour un personnage féminin. Pour te répondre, je comprends ton ressenti et de mon point de vu, le fait que tu percoives que Two n’a pas le choix dans son comportement entre objet de désir et capitaine est dû à sa relation avec One. One la percevait clairement comme un objet de désir, dans la plupart de leurs scènes les scénaristes ont essayés de mettre en place une espèce de tension sexuelle, One ne percevait quasiment jamais Two comme son capitaine. Si on compare avec Three qui a aussi couché avec Two, lui il sait mettre les limites et la reconnaît vraiment comme un capitaine. Les scénaristes ont aussi essayés de nous vendre One/Two comme le grand amour alors qu’ils sortent juste de stase et qu’ils souffrent tous d’amnésie. Pour moi, je n’y voyais qu’une attirance sexuelle mal écrite. Les américains quand ils écrivent des romances font souvent de grosses bévues et ne prennent pas le temps de développer. Surtout que les personnages ne se faisaient meme pas confiance.

    Je trouve que dans la saison 2, Two sort de ce schéma et à vraiment un rôle de capitaine. J’espère sincèrement qu’ils ne vont pas écrire d’autres romances. Ça m’énerve qu’ils se sentent obligés d’en écrire. Peut-être pour attirer un certain public ?

    Sinon malgré des personnages clichés, je les trouve tous attachant et c’est vraiment la raison pour laquelle je regarde la série 🙂

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  14. Le problème de cet article, c’est que le critique n’a probablement pas regardé la même série que les autres :
    Un n’a pas changé de visage pour trouver le meurtrier de ses parents, mais de sa femme. Rien à voir avec Batman, donc. Regardez la série avant de juger, ou revérifiez vos informations. Là, ça fait vraiment pas sérieux.

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    • cest certain que les gens qui aiment ne vont pas approuver la critique négative… mais encore ?

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    • Leo Corcos

      Il faut donc croire que je me suis laissé emporter, j’avais cru comprendre les parents et non sa femme. Mea culpa. Mais bon, la métaphore vaut toujours, quelque part, et cela reste, comme Tom le dit, un peu léger pour qualifier ma critique de non-sérieuse. Je crois qu’elle ne se résume pas qu’à ces mots

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