Après un succès surprise au box-office, Ninja Turtles avait sa suite assurée. Deux ans après, Ninja Turtles 2 est réalisée par Dave Green à qui on devait le très sympathique found footage Echo.

Les 4 tortues revenaient pour cet opus (on avait peur que Leonardo ne signe pas…), Megan Fox et Will Arnett également. Robbie Amell (Arrow) s’ajoutait au casting. Les premières images donnaient envie avec un Krang enfin là et un Technodrome teasé. Au final, après 1h30, Ninja Turtles est du même acabit que le premier. Si le premier film pouvait être sympathique à bien des égards, il n’arrivait pas à la cheville d’autres blockbusters la faute à un script assez faiblard qui n’était pas sauvé par les scènes les plus importantes. Autant la scène de la montagne était une belle démonstration de la puissance des ordinateurs de la firme de SFX, autant le film ne décollait jamais de soné tat de comédie sans âme.

Le problème avec ce Ninja Turtles se situe dans le projet global, la proposition artistique. La mise en place d’une suite était obligatoire vu le succès mais le projet s’enlise dans une absence totale d’idées et de motivation. Dave Green est un bon artisan. Echo était un found footage très honnête qui rappelait les Goonies, ET ou Explorers. Mais Ninja Turtles était autre chose, c’est un blockbuster certes mais le genre de projet en pilotage automatique, une tendance qui transforme le divertissement en fast-food.

Il y a un vrai problème dans les blobckbusters modernes, pas ceux des très grandes majors, pas les grandes franchises mais ceux qui sont fait avant tout pour proposer du lourd à tous les niveaux. Ninja turtles fait partie de ces films qui ne sont là que pour divertir et qui ne propose rien d’autre. Et nous sommes dans une impasse. C’est qu’au final, Ninja Turtles pousse l’improbable en tant que modèle. Tout semble sorti de nulle part et proposé en pâture. Le scénario, la réalisation, les acteurs, rien ne semble cinématographique ou inscrit dans une démarche volontaire de proposer du sens. Tout est insensé. Vraiment.

ninja turtles

Le scénario part sur un postulat feignant et fainéant. L’évolution normale de l’intrigue se passe de réflexion sur la cohérence. April O’Neil veut mettre une jupe. Elle la met sur son pantalon et le plan d’après, comme pour ne pas montrer une Megan Fox qui se tortille pour enlever un jean trop serré, se retrouve en jupe et grandes chaussettes. Les Tortues savent tout du Technodrome via leur ordinateur alors que l’engin vient d’une autre dimension et on passe sur d’autres facilités…

La réalisation semble abandonner tout travail manuel pour une proposition graphique qui n’est plus qu’un amas de CGI. Les films de ce genre sont nombreux, on ne sait plus à quoi on reconnait un jeu vidéo et ses cinématiques à un film. Les mouvements de caméra, l’esthétique global nous poussent à ne pas trouver l’objet filmique attirant, on ne sent plus impliqué dans l’immersion cinéma. Le résultat est alors simple, on ne voit plus que du mouvement à défaut de contenu. On ne distingue que la machinerie autour de l’idée. La position et l’existence même d’un cameraman et d’un réalisateur derrière n’a plus d’effet. La magie du cinéma se transforme et mute en une magie de l’image virtuelle. L’humain n’a même plus sa place. On se demande même si Megan Fox n’est pas en images de synthèse et si Robbie Amell n’est pas une marionnette contrôlée par un bon acteur car OUI, Robbie joue plutôt bien son rôle de sidekick. Il a des expressions et garde son tshirt.

Au-delà de toutes ces considérations d’un vieil aigri du cinéma, Ninja Turtles 2 ne se prend pas au sérieux à tous les niveaux et propose 90 minutes de totale roue libre. La scène de l’avion et du fleuve est assez bien maîtrisée mais la technique ne fait pas du tout. Elle reste une copie de la scène de montagne du premier. Les Tortues sont mieux caractérisées que dans le premier alors que Bebop et Rocksteady sont insupportables, les enjeux sont quasi inexistants et il n’y a aucun suspens alors que les thématiques étaient vraiment là pour proposer quelque chose de moins idiot. Si vous avez aimé le premier, vous adorerez le second. C’est une suite très, peut-être trop, fidèle. Le climax n’impose rien et jusqu’à la dernière minute, rien ne semble répondre à la logique de ce bas monde. Allez. On pardonne ?