Rétro Pixar, J-1 : Le voyage d’Arlo

Rétro Pixar, J-1 : Le voyage d’Arlo

Tout commence avec un gros « Et Si ? » Et si la comète qui a frappé la Terre il y a 65 millions d’années était seulement passée à côté de notre chère planète ? Et si les dinosaures n’avaient pas disparu ? Et si Pixar réécrivait l’histoire de la Terre ? Et si Pixar s’était planté avec Le Voyage d’Arlo ?

//Les Plumes Asthmatiques publie exceptionnellement chez nous, après une entente préalable, cordiable, aimable !//

Synopsis (Allociné) : Et si la catastrophe cataclysmique qui a bouleversé la Terre et provoqué l’extinction des dinosaures n’avait jamais eu lieu ? Et si les dinosaures ne s’étaient jamais éteints, et vivaient parmi nous de nos jours ? Arlo, jeune Apatosaure au grand cœur, maladroit et craintif,  va rencontrer et prendre sous son aile un étonnant compagnon : un petit garçon sauvage, très dégourdi, prénommé Spot.

©Pixar

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2015 aura été une année productive pour Pixar mais voilà, après la splendide réussite de Vice Versa cet été, où toute la créativité, où tout le talent du studio s’est exprimé, Le Voyage d’Arlo fait mauvaise figure. Ce 16e film de Pixar a plus pris de Disney que du studio qui nous a offert Toy Story, Wall-E, Là-Haut et les autres chefs d’oeuvre. Mou, faible, mineur, peu créatif, le Voyage d’Arlo est une déception assez frustrante. D’ailleurs, le film a connu pas mal de problèmes en coulisses et cela se ressent. Après de multiples remous, le réalisateur originel a claqué la porte et le film a vu sa date repoussée de plus d’un an, le film a eu une nouvelle équipe, avec le réalisateur Peter Sohn, l’homme qui a inspiré Russell de Là-Haut, et des personnes expérimentées de l’équipe Pixar. Peter Sohn a décidé de faire table rase et de repartir à zéro. Avec des contraintes et une dateline qui laissait peu de marge de manœuvre, ce Voyage d’Arlo semble précipité. Des fois, on pourrait presque ressentir qu’il ne s’agit que de la première ébauche du film.

Mais voilà, le conflit se ressent pendant tout le film. Déjà visuellement, le film signe les plus beaux décors d’un Pixar. La Nature dépeinte par le voyage d’Arlo, la Nature dans laquelle les dinosaures et les humains vivent, n’a jamais été aussi belle. Les premières images du film nous font douter même tant elles sont bien faites, les premiers plans passent presque pour des prises de vue réelles et rendent hommage aux grands espaces américains, ceux qui ont été sublimés par les westerns et certaines peintures. Malheureusement, cette beauté est clairement entachée par l’animation, quasi cartoonesque, d’Arlo et de ses compères les dinosaures mais aussi de Spot, le petit humain. Cette dichotomie graphique est difficile à oublier pendant l’heure et demie du film et il est dommage qu’elle focalise autant notre attention car elle amoindrit aussi l’émotion que cherche à procurer le film.

©Pixar

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Arlo, l’apatosaure peureux, est donc perdu dans la Nature, il a assisté à la mort de son père et pour rentrer chez lui il se fait un ami, un petit humain qui marche à quatre pattes et qui grogne plus qu’il ne communique. Le dinosaure et l’enfant deviennent donc amis, compagnons de route et lors de la plus belle scène du Voyage d’Arlo, ils révèlent leurs blessures. Il est très difficile de ne pas verser une larme mais cela sera la seule car le reste du périple d’Arlo pour retrouver sa mère et ses frère et sœur peine à émouvoir. Trop évidente, trop simpliste, l’intrigue ne décolle pas vraiment. Arlo se fait un ami, Arlo surmonte sa peur, Arlo grandit, Spot grandit, Arlo retrouve sa famille et Spot aussi. Il n’y a pas plus linéaire, il n’y a pas plus Disney. D’ailleurs, la scène de la mort du père d’Arlo rappelle tellement celle du Roi Lion que cela en est troublant. Dans la progression de son intrigue, le film suit aussi son modèle, ce film vénéré de par le monde, sans en atteindre toutefois le génie, l’émotion et les personnages secondaires cultes. Dommage. Surtout que Peter Sohn tenait là un film qui aurait pu être original.

Le Voyage d’Arlo n’est pas pour autant raté, il est certes décevant, mais il reste malgré tout divertissant…pour un jeune public. Le public adulte, lui, sortira déçu de la séance et sera frustré d’avoir là un Pixar mineur, d’avoir vu un film pas à la hauteur comme on aurait été en lieu et place d’attendre d’un Pixar.

(P.S. : Cette critique vous est donc offerte par Les Plumes Asthmatiques, qu’on remercie ! Pas des plus cléments avec le petit dinosaure…).

C’est la fin de notre rétrospective, retrouvez demain notre critique du Monde de Dory !

About The Author

Akiha

Une énième fangirl de Whedon, obsédée par les comédies musicales, la nourriture et les drames britanniques.

1 Comment

  1. Toute la salle était en pleur, enfant comme adulte, « peine à émouvoir » je doute que le terme soit approprié 🙂

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  1. Zootopie : bienvenue au royaume animal • SMALL THINGS : Cinéma séries - […] avec plaisirs sur ces habitats naturels presque retranscrits. Zootopie rattrape un peu le niveau du Voyage d’Arlo, qui était…
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