Après les jouets et les insectes, place aux monstres ! On invite aujourd’hui Mademoiselle Chat, nous venant tout droit du blog De l’Autre Côté de l’Image, qu’on adore (vous trouverez le lien vers le site en fin d’article), pour nous parler du monde merveilleux des monstres et des cris d’enfants, le monde de Monstres et Cie. Alors, ces monstres sont ils vraiment effrayants ?

Sorti en 2002, Monstres et Cie continue d’explorer l’un des thèmes cher aux studios Pixar, l’enfance. La beauté de l’animation réside dans son pouvoir à traiter l’impossible. Elle répond à cette question que l’on se pose et à laquelle on ne peut trouver de réponses. Et si les jouets se réveillaient une fois le dos tourné pour partir explorer le monde. Et si les insectes devaient eux aussi apprendre à vivre en communauté. Et si les monstres tapis derrière la porte, prêt à nous dévorer, avaient peur, eux aussi ? 

Derrière la porte se cache alors un monde insoupçonné. Une ville immense dans laquelle cohabitent des créatures étranges en paix. Monstropolis. Une ville alimentée par l’énergie fournie par l’usine Monstres et cie, qui traite les hurlements de terreur des enfants. Une ville paisible, jusqu’à l’arrivée de la minuscule Bouh, qui s’est échappée du monde des humains pour semer la panique au milieu des monstres civilisés.

Monstres et Cie

L’équipe des deux monstres

Monstropolis n’est finalement que le miroir de notre monde. Les monstres travaillent, mangent et rient. Ce sont des monstres humains. Ils ont l’apparence d’un dessin d’enfant. Des poils bleus, des gros yeux, des cornes et des dents effrayantes. Ils sont l’incarnation même de l’imaginaire. Mais ce sont des êtres incarnés, de chair et d’os, qui possèdent leurs propres contradictions, leurs propres émotions. C’est un film de potes, où l’amitié de deux monstres braves et ridicules est remise en cause par une minuscule fillette. Elle fait rire, elle fait pleurer. Mais elle est innocente. Sa terreur est précieuse, c’est elle qui alimente l’immense métropole. Une métropole aux couleurs gaies qui s’alimente de l’angoisse de créatures sans défenses. C’est une industrie, une  » compagnie  » dans laquelle on ne doit penser qu’à faire du rendement. Que ce soit efficace. Faire peur, c’est facile. Avoir peur, c’est différent. C’est un monde bâti sur l’horreur. Une monde qui possède des failles. Une porte s’ouvre. Elle donne accès à un monde bien plus terrifiant. Ceux qui commettent des erreurs sont bannis. Ils errent dans le monde des humains. Ils ne sont plus monstres, ils ne sont plus rien, car les humains doutent eux de leur existence.

L’animation, c’est pour les enfants. C’est peut-être finalement vrai. Monstres et Cie inverse les rôles. Les enfants deviennent de vraies terreurs qui viennent effrayer les monstres. C’est peut-être là tout le génie du film. Un film qui s’adresse aux enfants en les faisant passer pour des parasites, pour des petits monstres. Le film traite de la peur, et emprunte aux codes des films d’horreur. La créature, à savoir une fillette à la bouille adorable, est toxique. Plutôt que de la comprendre, on en a peur. Peur de ce «bouh», cri terrifiant venu d’une toute petite bouche innocente, capable de faire hurler les monstres les plus courageux. Porté par un fabuleux duo, de l’imposant « Minou » Sully jamais loin de son meilleur pote Bob, le film déborde d’énergie et d’humour. L’adulte s’en va un temps, l’enfant revient et rit. C’est pour les enfants, car les adultes n’existent plus, et rêvent. Ils peuvent encore voir à travers la porte. C’est leur dernière chance, avant que celle-ci ne soit détruite à tout jamais. Faire peur, c’est décidément un métier compliqué. Pixar l’a bien saisi. Les enfants de Pixar savent parler de l’innocence, ce sont des faiseurs de rêves, de l’impossible.

Monstres et Cie

L’enfant suscite donc la peur au monstre

Vous retrouverez demain notre journée consacrée au Monde de Nemo ! Le matin, on vous parlera donc du premier film pour vous retrouver vers 18h, afin que nous puissions parler du Monde de Dory

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