Robert Kirkman est à l’origine de The Walking Dead version comic book. Il propose désormais son autre oeuvre, Outcast, en version télé pour Cinemax (Banshee).

Il serait idiot de rapprocher la série de Supernatural mais pourtant Outcast, avec ses cas de possessions démoniaques par des entités aux allures de plasma noir, joue sur des codes graphiques assez similaires. Reste que Cinemax n’est pas la CW et que la série de Kirkman joue sur un autre terrain de jeu.

Oubliez le trailer de The Exorcist the series, Outcast est la série « démoniaque » qu’il vous faut. Sans attendre, le premier épisode nous plonge dans l’horreur avec une première scène absolument fascinante de terreur. Le ton n’évoluera pas vraiment puisque l’ambiance générale n’est pas à la gaudriole. Kyle Barnes, le héros, n’a rien pour lui, une vie de merde, un passé sombre et glauque et un démon qui semble lui en vouloir. Adopté très jeune, il n’a plus que ses yeux ténébreux pour pleurer sa vie toute aussi ténébreuse. Possédé par des démons intérieurs, Barnes rencontre un exorciseur qui, lui, combat les démons qui sont à l’intérieur, littéralement, d’âmes innocentes. Son premier cas sera celui d’un jeune garçon.

outcast

Outcast ne se donne aucune limite dans la représentation de la violence psychologique. Si les flashbacks ont la saveur d’une Madeleine de Proust sériephile un peu rassis, il règne un profond malaise dans la contextuatlisation des relations entre les personnages. Rien ne semble être agréable pour eux, pas mêmes les rencontres. A travers des dialogues bien sentis, Outcast nous emmène pendant près d’une heure dans les méandres de l’esprit humain. Abstraits ou concrets, les démons du passé et du présent sont la plus grande bataille du héros dont le combat devient quasi biblique à travers une scène violente en fin d’épisode.

Si le surnaturel ne fait pas de Outcast une série fantastique au demeurant, elle est, à l’instar de The Walking Dead, une série profondément réaliste qui pourra déranger certains mais qui en fascinera plus d’un. Sur la longueur, Outcast a encore du mal à proposer quelque chose de lisible mais il serait regrettable de ne pas se plonger dans cet univers qui, on l’espère, nous possédera.