Mercredi prochain sort le nouveau Michael Bay, 13 Hours. Alors on voit dejà les critiques cinéphiles s’en plaindre, sauf que sur SmallThings on aime bien Bay ! Alors, faute d’une critique construite, j’ai décidé de me la jouer Buzz et de faire un article catchy sur le film. Voici donc 10 caractéristiques auxquelles se préparer avant d’aller voir ce nouveau actioner signé Bay.

 

1- Tu vas t’ennuyer pendant 20mn.

Oui, c’est comme ça, c’est quasiment une règle dans le gros cinéma de Bay, ses films durent 2h30 et toute la première courte partie est souvent à jeter. Dans 13 Hours, le contexte politique du film est jeté au spectateur sur d’innombrables cartons à l’écran, tu vas lire du texte saccadé et alterné avec des images peu subtiles dans ce qu’elles représentent pendant quelques minutes puis les personnages vont se présenter à toi pendant un quart d’heure sans que t’en aies quoi que ce soit à faire. Oui, c’est lourd, mais attends de voir ce qui vient après.

 

2 – C’est du Michael Bay, donc l’action est impressionnante et ça explose de partout.
Ça paraît bête à dire comme ça mais le Bay de No Pain No Gain ou The Island est minoritaire, il fait de l’action et la critique feint trop souvent la surprise à ce niveau. La guerre, les flingues, l’epicness est au centre de son cinéma et 13 Hours ne fait pas exception. Ici, t’attends la fin de la longue exposition et tout le reste c’est de la baston. Tu vas aimer si t’es client, sinon n’achète pas ton billet. Fan de Bay ? T’en auras pour votre argent, la critique te fera culpabiliser d’avoir passé un bon moment après mais, toi, tu sauras que ça valait le coup. Les oreilles (surtout) et les yeux (un peu)  saigneront à la fin mais, eh, t’étais prévenu, la bande annonce ne ment pas.
3- Les figures féminines ne mènent jamais large chez Bay.
Souvent, elles sont de simples objets de désir au regard du spectateur masculin ou non qui, sois honnête avec toi même, en demande quand même, sinon tu ne serais pas dans la salle. Mais Bay s’était un peu calmé à ce niveau dans Age of Extinction, Nicola Peltz était sexy oui mais avait un rôle assez consistant et n’était pas filmé de manière (trop) tendancieuse par la caméra. Dans 13 Hours, la figure féminine (la seule du film hein, Bay c’est du cinéma de mec) blonde n’est pas spécialement vue comme un bout de viande mais ne sert pas à grand chose dans l’intrigue et surtout, n’a quand même pas grand chose dans le crâne. Ce moment où elle s’étale dans un escalier qui fait deux marches … Bref, si t’es féministe ou un peu exigeant à ce niveau t’aimeras pas, et puis t’aimeras pas non plus le public qui s’exclamera (peut être) des expressions un peu vulgaires et machos à certains moments. Mais bon, si t’es dans la salle, c’est que t’as signé.
13 Hours

Un petit flingue pour tenir le coup.

4 – La réalité historique sera sacrifiée sur l’autel de l’epicness.
J’ai pas d’autres exemples à ce niveau dans la filmographie de Bay mais on sait déjà que la cohérence scénaristique, de base, c’est pas trop son style. Alors pour coller à l’Histoire, la vraie… Je sais que certains spectateurs ont déjà tendance à s’exclamer de rage quand Gladiator ou Le Pacte des Loups osent un truc un peu borderline d’un point de vue historique, alors franchement qu’ils aillent pas voir 13 Hours parce que c’est clairement pas la priorité de donner un cours d’histoire. Bay a pas pris ce sujet parce qu’il l’intéressait d’un point de vue historique hein, mais parce que ça pète dans tous les coins ! Alors non, t’apprendras sans doute pas grand chose de correct sur les relations entre USA et Orient, mais c’est pas ce que tu demandes en allant voir le film. Si?
5 – C’est un peu méta.
Oui, le cinéma de Bay depuis quelques années est un peu méta, on l’avait remarqué avec Transformers 4 déjà, il fait un peu des blagues sur la pop culture et sur le contexte dans lequel le film se déroule. Alors oui, quand les soldats jouent à Call of Duty ou regardent Tonnerre sous les Tropiques avant d’aller poutrer du méchant, ça peut agacer si on s’imaginait que Bay allait tenir à son propos pour respecter la mémoire des morts. Mais non, il est pas comme ça Bay, il aime bien faire des hommages mais il veut qu’on s’éclate dans ses films, c’est pas pour rien que ça explose partout et que la musique est épique. Bah même argument, dans 13 Hours les références sont faites pour que le spectateur se sente diverti. Et ça marche si on est pas trop regardant sur le respect de la vérité vraie.
6 – C’est patriotique.
Bah oui hein, Bay est un américain et du genre à aimer son pays (du genre à voter Trump, je pense pas, mais quand même du genre à vouloir défendre le droit de port d’arme). Alors le drapeau américain tu vas l’avoir, les grands discours sur la grandeur de l’Amérique et sur pourquoi les soldats continuent le combat alors qu’ils pourraient se tirer, tu vas les avoir aussi. Le combat pour la personne n’existe plus chez Bay, America Nide You alors risque ta vie. C’est le cas ici, ça pourra agacer les moins va-t-en guerre des spectateurs mais le ton est donné dès la bande annonce alors les questionnements moraux doivent être laissés à la porte avant de voir 13 Hours.
13 Hours

Un petit drapeau américain… Pour tenir

7 – Y aura du suspens.
Alors là on a le même problème de respect des morts et de la vérité vraie que je citais plus haut. Bay est sans doute très triste pour ces soldats qui se sont sacrifiés pour leur pays (la fin en témoignera), mais ça ne va pas non plus l’empêcher de raconter son histoire comme il en a envie, on est pas chez Polanski. Alors oui, t’auras beau savoir pour avoir lu Wikipedia avant quel soldat est mort et quel autre ne l’est pas, 13 Hours va jouer avec tes nerfs jusqu’à ce que mort cérébrale s’ensuive. Tu vas être diverti, en fait, que tu le veuilles ou non, que tu veuilles que cette histoire qui, en vrai, est terrible te soit contée en mode thriller ou non. Alors amuse toi bien.
8 – L’écriture des personnages est sacrifiée.
Sauf si t’es un peu sériephile (tu reconnaîtras les acteurs), tu seras incapable de différencier les personnages entre eux. Ils se ressemblent tous, ces blancs soldats,de 13 Hours, et c’est pas leur écriture uniforme qui t’aidera à faire le tri. Comme ça tu seras obligé de t’attacher à tous, et si y en a un qui meurt tu seras triste parce que tu te diras qu’il avait une fille ou deux jumeaux alors que, si ça se trouve, pas du tout et c’est celui qui a survécu qui avait une fille. J’avais dit plus haut qu’il y a avait une exposition qui présentait les personnages ? Bah oui, mais les personnages en groupe, pas un par un, y a pas le temps le van des attaquants est déjà en route pour les démolir.
9 – C’est trash.
Bah oui, c’est du Bay, c’est pas subtil, quand c’est pas sa saga familiale qui est en jeu il fait ce qu’il veut concrètement. Alors comme c’est un gosse biberonné à Rambo, les membres (des méchants, hein, donc des non-américains de préférence) se coupent, le sang gicle et la caméra ne laisse pas beaucoup de détails à l’imagination d’un pauvre spectateur qui détourne souvent le regard de l’écran face à 13 Hours. T’as le droit de râler sur ce critère là, comme c’est relativement rare chez Bay. Mais comme tu lis ces lignes, c’est que t’es prévenu, alors si t’y vas quand même …

10 – Tu vas aimer.
Mais tu vas culpabiliser d’aimer parce que les cinéphiles te fustigeront rien que parce que t’es allé voir 13 Hours au ciné, IMAX ou non ! Alors évite de culpabiliser, t’as le droit d’aimer le cinéma de Bay si tu veux, moi je l’aime bien et ça m’empêche pas de voir un Godard de temps en temps. Tu pourrais toujours leur dire que la force du cinéphile c’est la diversité. Mais il t’écouteront pas ….
AMD