Meilleure actrice pour Brie Larson, critiques positives, Room arrive en France avec une image très positive. Verdict…

C’est le 9 mars que vous pourrez découvrir Room de Lenny Abrahamson (Frank) adapté du livre d’Emma Donoghue qui adapte le scénario.

Jack, 5 ans, vit seul avec sa mère, Joy. Elle lui apprend à jouer, à rire et à comprendre le monde qui l’entoure. Un monde qui commence et s’arrête aux murs de leur chambre, où ils sont retenus prisonniers, le seul endroit que Jack ait jamais connu. L’amour de Joy pour Jack la pousse à tout risquer pour offrir à son fils une chance de s’échapper et de découvrir l’extérieur, une aventure à laquelle il n’était pas préparé.

Ce pitch est un pitch de départ puisque la grande partie du métrage s’orientera sur la dure réhabilitation à une vie sociale pour les deux personnages. D’un côté, nous avons Joy, qui a grandi normalement mais qui s’est retrouvé vite sous l’influence de Nick, un homme odieux qui l’enferme donc dans une cabane. Jack, lui, a tout appris dans cette cabane. L’ouverture vers le monde extérieur va alors le renfermer.

room

Room est droit dans son histoire, il n’y a pas des révélations à tiroir, des tenants et aboutissants obscurs, des situations floues. Le film est sincère dans sa démarche et raconte vraiment comment les deux personnages se réhabilitent d’une simplicité absolue. On sentait que le film préférait s’arrêter sur le caractère de Jack plutôt que de Joy. Et par une mise en scène inspirée, Abrahamson met sur le devant de la scène Jack au détriment de Brie Larson qui supporte beaucoup. Jack est un personnage éponge. On pointe du doigt l’apprentissage de l’enfant, du fait que, tout jeune, un enfant absorbe des tas d’information et en fait sa base d’évaluation. Dans cette grille de lecture, Jack n’a que la ROOM pour référence. Le monde extérieur est une notion floue que seule la TV peut légèrement faire défaillir, et encore, c’est de la magie pour lui. Quand il se retrouve dehors, il ne comprend pas ce monde lumineux, bruyant, qui fourmille d’autres personnes. Sa grille de lecture est bouleversée. C’est alors à travers des barreaux d’escalier, une vitre de fenêtre, un trou laissé par un tapis enroulé que Jack va observer le monde et le comprendre. Il n’y a qu’à voir la scène où un petit garçon vient lui demander de jouer dehors. Il toque à la vitre comme un appel de l’extérieur. Sa seule ouverture vers le dehors était un velux, fenêtre réduite disposée en hauteur, inaccessible écran. Jack est donc une éponge gorgée d’eau qui ne peut plus accueillir d’autres informations. Il rejette beaucoup de choses mais petit à petit, plus le monde s’ouvre à lui, plus il peut devenir une éponge plus grande et ainsi récupérer de la place pour retenir de nouvelles informations.

A contrario, Joy est une éponge sèche qui a puisé dans ses ressources pour contenir sa forme actuelle. Elle donne tout à son fils et ne récupère rien. Elle vit à ses dépends et une fois à l’extérieur, peine à retrouver une place, socialement parlant. Elle qui ne comptait que sur elle-même se retrouve assaillie par la réalité de la Vie, par les contacts permanents et surtout par le jugement. La seconde facette avec l’apprentissage de la vie en société est le jugement. Room parvient a concilier les deux thématiques avec beaucoup de force. Pour revenir à la simplicité du propos, il faut aussi se concentrer sur ce qui apporte du changement chez les personnages. Il y a le malheur pour les adultes et le bonheur pour l’enfant. Une dépression de la part de Joy lui permet d’ouvrir les yeux quand Jack a besoin d’un chien pour s’ouvrir au monde. Le parallèle inquiétant entre le monde adulte et le monde enfantin tend vers la fatalité avec cette innocence de Jack et ce malaise de la mal nommée Joy.

Room est un drame simpliste mais puissant qui revient aux fondamentaux de nos rapports avec la société et du lourd et long chemin vers l’apprentissage définitif, de notre condition d’être parmi d’autres. Room représente bien cette citation :

Here is the world. Beautiful and terrible things will happen. Don’t be afraid.
― Frederick Buechner, Beyond Words: Daily Readings in the ABC’s of Faith