Troisième épisode de X-Files et épisode décalé, grande marque de fabrique de la série… et premier vrai test pour cette saison 10 ?

Je suis vieux.

Et faire rire est difficile. Une comédie réussie l’est-elle car elle vous a fait rire ou parce qu’elle a fait rire d’autres gens aussi ? Le parcours de X-Files avec la comédie a débuté en saison 2 avec Faux-frères siamois. Cet épisode était écrit par Darin Morgan qui a signé une grande partie des épisodes comiques ou décalés de la série. Il réitère l’aventure cette saison avec Mulder and Scully Meet the Were-Monster.

Difficile de juger cet épisode pour plusieurs raisons. Cet épisode vient après deux épisodes loin d’être léger. Les épisodes décalés sont rarement décevants. Les épisodes comiques sont là pour offrir une bouffée d’air frais dans la saison. Mais était-ce nécessaire pour une saison de 6 épisodes seulement ? La série voulait-elle offrir un pot-pourri de ce qu’elle sait faire ? Si c’est le cas, le diffuser en troisième position n’était pas l’idéal. Et concernant ma position, j’ai toujours eu du mal avec les épisodes comiques encensés… Bad Blood, en saison 5, avait été une déception la première fois. Et c’est à peu près mon ressenti pour cet épisode 3. Il n’y aura pas de double critique pour la simple et bonne raison que, comme annoncé dans l’introduction, il est difficile de juger pour les autres sur l’humour. Et pour cet épisode, je n’ai pas ri une seule fois.

L’épisode met du temps à démarrer. Aucun gag ne touchait le pub, aucune subtilité me sortait d’un ennui qui commençait à pointer. J’étais même gêné par les choix scénaristiques. Il faut voir Mulder totalement out of character avec son portable. On dirait un vieux ringard. Ca ne sonne pas juste. Le temps passe, oui. 20 ans nous contemplent, oui, mais bon sang, il y a plus intelligent à trouver qu’un Mulder dépassé par la technologie. Cette sensation de temps qui passe est très présent dans cette saison. Tout simplement par ce qu’il est difficile de voir Mulder et Scully sur notre écran. Nous avons vu Duchovny et Anderson en tant qu’acteurs en photos ou en interviews, Duchovny en Hank Moody, et notre image d’Epinal de Mulder et Scully n’a pas bougé. C’est peut-être ça aussi qui avait peu marché dans le second film, I Want To Believe en 2008. Les personnages vieillissaient sans nous. IL n’était plus Mulder et Scully. Les revoir en costumes dans la forêt de Vancouver en début d’épisode m’a fait réfléchir sur ce qui avait changé. Je ne sais pas. La haute définition était là, l’image était léchée, les acteurs ont 50 ans…

Mulder and Scully meet the were-monster

Revenons à l’épisode en lui-même. Il est bavard, très bavard. Rhys Darby joue Guy Mann, un homme monstre et il est l’attraction de l’épisode. Il n’y a rien d’autre. L’épisode semble très léger et même Mulder et Scully ne parviennent pas à sauver l’histoire. Scully est absente même quand Mulder se caricature avec des grands monologues devant elle. C’est très plaisant de voir Gillian / Scully détendue mais ce n’est pas réjouissant de voir Mulder en aigri blasé. Je suis déjà dans ce rôle. J’aurais pu alors m’identifier à lui mais pas du tout. Son soudain sceptiscime ne colle pas. Les nombreuses références à d’autres épisodes font plaisir (l’hommage à Kim Manners, grand réalisateur de la série et celui qui a tourné le premier épisode de Darin Morgan, est touchant) mais semble n’être qu’un catalogage. L’humour n’est pas là, la légèreté si. Et on continue à ne plus suggérer…

L’épisode est tellement bavard qu’en y repensant, l’épisode ne raconte quasiment rien si ce n’est les mésaventures de Rhys Darby / Guy. L’épisode propose encore des flashbacks, trois fois en trois épisodes, ça devient un gimmick un peu lourdeau et qui tue le rythme de l’épisode. On se retrouve un peu dans Bad Blood avec un récit souligné d’un point de vue bien aprticulier mais rien ne colle, pas même une Scully particulièrement sexy et surtout honteusement mise en situation parodique.

Là, c’est soft.

Vous l’aurez compris, Mulder and Scully meet the were-monster n’est pas le chef d’oeuvre que beaucoup ont aimé mais c’est subjectif. j’accorde à l’épisode une histoire bien ficelée puisque ce n’est pas donné à tout le monde de proposer un retournement de situation intelligent et une fin assez symbolique qui rappelle que le coeur de la série, le vrai, celui qui bat, contient une belle morale sur la croyance e, les peurs et l’identité. Cet épisode vieillira mieux que moi.