En salles depuis hier, Seul contre tous vous dévoilera la vérité romancée du scandale autour de la ligue nationale de football américain qui a eu lieu en 2002.

Will Smith déplorait le manque de Noirs Américains nommés aux Oscars ? Sous-entendait qu’il méritait une nomination ? Car la réponse est claire, non. Pas besoin d’aller chercher plus loin, si son ego a été blessé, tant pis.

Seul contre tous ou Concussion en VO raconte une histoire qui touche fort au cœur des Américains : le football. Ce sport où les joueurs sont considérés comme des dieux, que ce soit dans une petite ville du Texas (Friday Night Lights) ou dans l’avancée de l’intégration raciale (Le plus beau des combats), il ne faut surtout pas en dire du mal. Et c’est ce que tente de faire le deuxième long-métrage de Peter Landesman avec Concussion. En fait, ce film a exactement le même problème que Parkland, sa première réalisation, il est creux malgré un sujet diablement très riche. Tirée de l’histoire vraie du docteur Bennet Omalu qui a prouvé que les joueurs professionnels développaient des lésions au cerveau à la suite des trop nombreuses concussions qu’ils subissaient, Seul contre tous ne brille pourtant pas…

©SonyPictures

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Niveau réalisation, c’est assez propre, mais c’est surtout dans le montage et les personnages qu’il y a un problème. Le début par exemple, sachant que je ne savais pas du tout de quoi parlait le film, je n’avais pas du tout compris le lien avec le football et le médecin légiste… Oui, je ne dois pas être très maligne, mais les deux pans étaient complètement séparés, ce qui aurait pu marcher dans une série avec plus de temps pour relier les choses, mais là, j’étais juste perdue dès le départ et j’ai eu du mal à me raccrocher aux wagons ensuite. Quand enfin l’enjeu devient crucial, le ballon se dégonfle rapidement et toute la tension disparaît et laisse sur un sentiment de semi-échec.

Pourtant, encore une fois, le sujet des footballers qui sont touchés par l’encéphalopathie traumatique chronique intrigue. La NFL aurait comploté toutes ces années pour cacher que leurs joueurs souffraient ou du moins étaient susceptibles de souffrir d’une maladie relativement grave, dont les symptômes sont violents ? Peut-être qu’il parle plus aux Américains qui sont les premiers touchés mais qui ont surtout vécu les faits au premier plan. Nous ? Pas tant que ça… Surtout que face à un Goliath, on soutient toujours le petit David, mais quand il n’est pas attachant, difficile de le faire…

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Will Smith. Non, détacher les syllabes ne donne pas un accent nigérian. Et cette rigidité d’en faire un héros américain car il a gagné le « droit » de l’être résonne avec condescendance. Pourquoi essayer d’être un bon Américain et renier ses origines ? Gugu Mbatha-Raw (prochainement dans Free State of Jones) s’en sort mieux, sans aucun doute.

(P.S. : Je trouve que c’est réellement dommage, avec un tel sujet, on aurait pu avoir un drame social plein d’espoir…)