Alors que la série vient d’être renouvelée pour une saison 2 par et sur Netflix, Fuller House / La Fête à la maison 20 ans après, semble être une fausse bonne idée.

Entre 87 et 95, La Fête à la maison avait fait les belles heures de CBS et celles une paire d’années plus tard de France 2 en fin d’après-midi. Sitcom familiale par excellence, la Fête à la maison est restée dans les mémoires non pas pour sa qualité mais plutôt pour son ambiance bon enfant et son ciblage vraiment familial. A cette époque, Friends n’était pas encore arrivé dans nos contrées et la sitcom était plutôt encore considérée comme un genre bas de gamme (malgré les exceptions Seinfeld et compagnie). Une Nounou d’enfer ou Notre Belle Famille sont d’autres exemples (peut-être plus réussies cependant).

Mais pourquoi avoir fait revenir les Tanner en 2016 ? Et sur Netflix ? On se pose encore la question. La série cible toujours le même auditoire et ne parvient pas à se moderniser, tout du moins en se plaçant dans une position d’attente haute. Des sitcoms de qualité, il y en a peu depuis 5 ans. How I Met Your Mother, Mon Oncle Charlie et Big Bang Theory ont été les trois grands noms du genre. Undateable reste une série méconnnue mais terriblement old school et… drôle ! Fuller House aurait pu arrivée sur Disney Channel. La cible est la même, le ton est adéquat et la qualité oscille entre le très bon enfant et le légèrement divertissant.

Fuller House est un beau jeu de mot entre Full House et Fuller le nom de famille de la désormais adulte DJ Tanner, récemment veuve. Mère de trois enfants, elle organise une fête de départ pour toute sa famille qui s’en va vers des autres horizons. On retrouve les oncles Joey et Jesse, son père Danny et sa sœur Stéphanie et sa meilleure amie Kimmy. La maison est identique, les rires du public sont là et le générique également (chantée par Carly Rae Jepsen). D’ailleurs, le premier épisode commence sur les premières images du générique et s’arrête brusquement sur un 29 ans plus tard (notez alors la pertinence du titre français déjà obsolète). Bancal.
Mais un nouveau générique arrive avec un beau parallèle sur l’évolution physique des personnages. Les special guest stars que sont les « adultes » du show original miment leur scène du générique des années 80. C’est rétro pour ne pas dire kitsch mais c’est assumé.

Le premier épisode aurait été un beau téléfilm réunion boursouflé par des blagues déjà rances et des acteurs inégaux. Si on a plaisir à revoir tous les personnages, l’intérêt s’essouffle vite par un humour bas de gamme malgré un public qui semble réceptif. Les 2 premières minutes sont remplies d’applaudissements à chaque apparition d’un membre du cast d’origine mais ça ne suffit pas à maintenir le spectateur puisqu’il reste toujours les défauts de la série mère : les blagues tombent à plat, Joey est toujours aussi peu drôle dans ses imitations même en VO. D’ailleurs, dommage d’avoir perdu la VF de certains acteurs notamment pour Danny Tanner (mais qui va finalement bien avec la nonchalance de Bob Saget, qui se demande ce qu’il fait là). Et en plus, on ne dit plus Déji, mais Deejay…. Triste nostalgie.

Après une petite pique sur l’absence de Michelle aka les sœurs Olsen, l’épisode joue sur du fan service en alignant les madeleines de Proust : la chanson Forever chantée par John Stamos (toujours impeccable), les gimmicks ciblant Kimmy (personnage intemporel et de qualité) et Danny ou encore le remake d’une scène du premier épisode rejouée à l’identique avec, pour bien souligner le retour de la série, un écran partagé où est joué la scène originale. Mais le fan service ne fait pas tout surtout pour des enfants devenus adultes. Oui, je parle de nous. Fuller House ne va pas au-delà de sa note d’intention et reste purement anecdotique. Passé le premier épisode et les quelques rares apparitions de Joey, Jesse ou Danny, Fuller House reste une comédie calibrée pour Disney Channel, rien de plus.

fuller house

Fuller House

Les enfants occupent tout de même une grosse part des épisodes mais on est pris par la curiosité de savoir comment la série gère DJ, Stéphanie et Kimmy. La bonne surprise est que Jodi Sweetin (Stéphanie) est celle qui s’en sort le mieux avec un personnage joyeux et agréable. Candace Cameron est loin d’être honteuse et Andrea Barber est toujours d’une efficacité redoutable en la personne de Kimmy Gibbler. Un bon point est donné au traitement de Stéphanie puisque son infertilité donne une autre dimension au personnage. L’idée ne vient pas plomber l’épisode, ni ne rajoute du faux pathos ou de la morale trop pensante. Comment juger Fuller House efficacement sachant qu’il était impensable d’être surpris par ce revival ? La volonté artistique est plutôt en faveur des familles dont les parents, nostalgiques, se replongeront avec leurs enfants avec un certain plaisir, tout du moins, sans réel déplaisir.