Second épisode et premier loner pour X-Files saison 10 et bordel, ça fait du bien !

Spoilers inside tout le long de la critique.

Initialement prévu en 5è position, Founder’s Mutation met déjà en scène Mulder et Scully de retour au FBI. On ne comprend donc pas comment ils ont fait depuis la fin de My Struggle mais à priori, tout est rentré dans l’ordre, Skinner leur souhaite la bienvenue en plus. Quid de l’épisode Home Again qui les verra vraiment de retour pour la première fois au FBI vu que c’était le vrai épisode 2 ?

Un prégénérique efficace vient nous faire dire que 13 ans de disette était une trop longue période. Ce premier loner est en fait infiniment lié à l’intrigue de My Struggle et ce placement de diffusion se révèle judicieux. On reste dans la thématique des expériences humaines et surtout on remet une couche sur William. On le sait tous, on va soupirer mais les fans américains vont adorer car ils sont majoritairement shippers. C’est là que Founder’s Mutation nous étonne. L’épisode contient des choix artistiques que nous n’avions pas connu dans la série. L’aspect démonstratif, le fait que la série ne suggère plus passe plutôt bien au final. On perd en ambiance mais on gagne en rythme.

x-files

Le flashback d’un des personnages est assez étrange et tranche avec l’écriture global de la série passée. Alors que dire des rêveries de Scully et Mulder qui viennent un peu nous sortir du ton de l’épisode pour nous embarquer dans des scènes qu’on redoutait. Finement mises en scènes, les scènes de rêveries rappellent que James Wong travaille sur American Horror Story et amène tout ce savoir-faire acquis sur les 5 saisons de la série horrifique et donne un tout autre visage à X-Files. On reste dans l’étrange mais on trouve du fascinant. On frôle le parallèle avec les scènes d’Amor Fati mais avec une poésie macabre en plus. Déroutant surtout quand on n’adhère pas forcément à la story-line William. Il faut juste espérer que ce choix soulignait les peurs de Mulder et Scully en les renvoyant également à leur solitude. Si Scully a peur que son fils soit hybride, Mulder craint de revivre un énième enlèvement. Mettre des images sur des peurs n’étaient pas le rôle de la série mais elle le fait plutôt bien pour sa version 2016 même si ça reste un tantinet simpliste et simplet.

Reste que l’enquête est efficace globalement mais elle part dans des tranchées qu’on aurait aimé voir développées. Les enfants difformes ne sont là que pour montrer, et les images d’horreur n’apportent rien au récit. La suggestion morte, la série prend le contre-courant et pointe du doigt ce qui existe. L’épisode trouble, fascine, dérange et se permet alors de nous balader sur plusieurs pistes. Pas de chance quand l’épisode se conclut et que nous avons plus de questions que de réponses notamment sur l’origine de ses enfants, le pourquoi et le comment de la disparition du foetus, le pourquoi et le comment de ces frère et soeur, duo charismatique en quelques secondes mais qui est sous-exploité. L’enquête est bouclée et on reste sur notre faim. Une nouvelle fois, la série nous étonne en nous montrant un Mulder qui ne veut pas en finir avec cette histoire. L’ordre de l’épisode rentre encore en ligne de compte. Verra t-on des suites de cette histoire dans le 10×06 ?

Au final, la plupart des images marquantes des trailers se retrouvent dans cet épisode qui s’éparpille et compile un trop plein d’informations dommageable. Il nous reste quand même d’autres images « shipers » à redouter dans les épisodes à venir… Ce petit côté feuilleton ne fait pas beaucoup de mal à cet épisode et à la série et fait rentrer X-Files dans la modernité. Il faut se faire à l’idée que l’on ne peut rien faire à ça. Founder’s Mutation fait du bien. C’est frais, rythmé et on a enfin devant soi un épisode de X-Files qui rappelle que la série a toujours une imagination folle.

https://www.youtube.com/watch?v=pZdKuQ-h2sM