Second épisode en deux jours pour bien commencer cette saison 10 de X-Files qui a le mérite d’avoir quelques liens avec le premier.

La Fox et Chris Carter ont décidé de changer l’ordre de diffusion des épisodes et cet épisode 2 n’était pas le second à l’origine. La question était donc de savoir si la cohérence était de mise. A la fin du 10×01, Mulder et Scully étaient convoqués par Skinner et rien ne nous montrait le changement de statut de nos personnages qui redeviennent des agents du FBI. Dans ce second épisode, ils sont de retour aux affaires et dans leurs costumes. Soit. Ça fonctionne plutôt bien et au détour d’une scène avec Skinner, leur supérieur, qui leur souhaite un bon retour, tout parait fluide.

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Cet épisode est considéré comme un loner, un épisode indépendant qui était la part majeure de la série des années 90 (60% de la série). James Wong écrit et réalise cet épisode et influe tout de même un excellent lien entre le premier épisode et celui-ci en renvoyant aux expériences humaines mais surtout en remettant sur le tapis l’affaire du fils de Scully qu’elle avait laissé à une famille dans la saison 9 en 2002. La psychologie des personnages se retrouvent alors au centre d’une partie de l’intrigue et on ressent, à travers des rêveries, comment Scully et Mulder aurait géré la présence de William dans leur vie. C’est bref mais suffisamment explicite pour découvrir les peurs de chacun. Scully a peur que William soit le fruit d’une expérience (on ne sait pas comment Scully est tombée enceinte sachant qu’elle était déclarée stérile au cours de la série ! Eh oui !) et soit un ersatz d’alien et Mulder craint tout simplement qu’on lui enlève encore son fils comme on lui a enlevé sa soeur quand il était jeune. Les scènes sont d’une beauté formelle assez bonne et le ton tranche vraiment avec celui de l’épisode.

Cette enquête est très efficace au demeurant. On regrettera juste le trop plein d’informations qui fait dévier l’enquête vers tout autre chose pour finalement aboutir sur un cul de sac. James Wong a peut-être trop écrit pour American Horror Story tant son récit est explosé. Cependant, l’ambiance est là et on est baladé sur plein de pistes… Pistes qui seront abandonnées. On n’en sait pas plus sur certaines victimes ni sur le pourquoi du comment du coupable. Il est aussi intéressant de noter que Mulder fait référence au Syndicat, ce groupe de personnages conspirationniste qui faisait des expériences sur les humains pour créer des hybrides. Cela donne une consistance à l’épisode qui l’inscrit bien dans la continuité du précédent.
L’épisode est assez démonstratif et n’hésite pas à aligner scènes gores et expositions d’enfants difformes. On plonge dans un certain malaise pendant 40 minutes. Dommage de ne pas continuer sur cette thématique et de partir sur trois sujets différents : les enfants, l’enquête et William. Cette densité n’est pourtant pas désagréable et si l’épisode parait un poil brouillon, il donne de bons frissons mais pose beaucoup de questions sans donner de réponses.

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