X-Files, une série vieille de 22 ans fait son retour et vous savez que celle-ci est considérée comme culte. Comme vous êtes à fond dans les séries depuis que vous avez l’ADSL, vous allez tester X-Files. Alors, verdict ?

Quand un héros réintroduit sa quête via une voix-off, c’est qu’elle est la base même de la série et du premier épisode. Mulder nous raconte donc qu’il est un insaisissable chasseur de complot et d’alien. En cinq minutes, vous comprenez aisément que la célèbre affaire Roswell est au cœur de la mythologie, du fil rouge de la série. Les extraterrestres ont fait leur temps et aucune série ne tient encore la route sur ce thème depuis… X-Files.

On nous cache tout, on nous dit rien était l’adage des années 90. En 2016, on nous cache rien, on nous dit tout. La société a évolué et X-Files se devait aussi. Ce que vous aviez vu dans beaucoup de séries est montré. Le complot n’existe que dans la tête des héros Mulder et Scully et du petit nouveau Tad O’Maley (Joel McHale de Community).  POur le spectateur, plus de doute, les héros se battent contre des choses que rien ne semble protéger étrangement. La suggestion n’appuie pas le propos. Les dialogues ne cachent rien non plus. Tout va vite et le côté feuilleton des séries modernes qui font les unes des sites spécialisés ne se résume qu’ 42 minutes en début de saison et à 42 en fin de saison. On ne parle plus des formula shows comme Bones ou Castle sauf quand un événement vient toucher les héros, c’est à dire leur vie, aka le feuilleton.

x-files

Comprenant que Mulder et Scully sont des antagonistes avec un lourd passé, il est facile de prendre partie pour celui qui croit et celui qui ne veut pas, ou ne veut plus. Dès lors, Mulder apparaît comme un martyr qui se bat contre le vent et les institutions. Un complot où le gouvernement, les militaires et les médias sont les principaux acteurs existe depuis 70 ans et touche même la population en son coeur, en son sein : son ADN. La science pas si fiction s’invite dans un premier épisode au rythme impeccable mais qui n’invente rien. Un héros face à tout le monde a déjà été vu dans 24 et dans toutes les séries aux ramifications denses comme la récente Quantico. Heureusement, les aliens semblent n’être que le point de départ d’une conspiration globale entre la désinformation médicale et le pistage des êtres humains. L’intelligence et la modernité du propos peuvent faire de cette mouture de X-Files, un beau représentant de la série de genre qui manque cruellement sur les networks. Il faudra cependant un peu plus développement de personnages puisqu’il semble évident que trois personnages (Scully, Mulder, Tad) et Skinner en appui ne suffisent pas à créer un univers dense et palpable. L’apparition du méchant emblématique de la série, l’Homme à la Cigarette, tend vers un schéma où quelqu’un tire les ficelles. Les machinations seront de mises mais ne vous attendez pas à avoir des ramifications comme dans les séries citées plus haut, il n’y aura qu’un épisode fil rouge en fin de saison, le 10×06. Ce sera donc rapide et, on l ‘espère, riche.

Si vous avez aimé ce premier épisode, il faudra aussi tester le second quoiqu’il arrive puisqu’il est indépendant et remet cette fois-ci le duo Mulder et Scully au centre d’une enquête paranormale. Une belle occasion de voir si ces personnages sont intéressants sortis de leur cocon mythologique. La série penchera moins du côté d’un Supernatural qui tend vers un feuilleton indigeste que d’un Sleepy Hollow version SF et d’un Fringe old school. Ce premier épisode donne de bonnes bases de fil rouge mais sacrifie un peu ses personnages en imposant un archétype quelque peu désuet.