Aujourd’hui lundi 25 janvier, vous vous réveillez dans un monde où X-Files existe encore et toujours. Et pour un fan comme moi, c’est un jour excitant et terrifiant.

Après une longue relation de 9 ans, on a dit au-revoir à la série un soir de 2003 sur M6. Et comme un ancien couple, on tente de se revoir quelques années après, le temps d’une rencontre. Cette rencontre, ces retrouvailles, c’est le film I Want To Believe en 2008. Un ratage. Alors on laisse tomber avec le maigre espoir quand même de se dire qu’un jour peut-être la flamme reviendra. Ce n’est pas un coup d’un film d’un soir qui frappera à la porte mais celui d’une nouvelle relation, moins intime, qui durera un mois. Moins intime car désormais, nous vivons à l’heure où tout se partage. Forcément, tout le monde aura son avis sur X-Files. Voici le mien.

Cette critique se base sur mon passif avec X-Files, ma fanitude, mon lourd bagage de X-Phile. Les spoilers seront indiqués.

Première fois que l’on regarde X-Files illégalement n’est-ce-pas ? Vous êtes fous. Ou modernes. Moi, je suis vieux, ou plutôt j’ai de la bouteille en téléphagie. Et ce retour de X-Files, je l’attendais et le craignais.

Le pré-générique est une remise en bouche de la mythologie primaire, celle de l’existence des extraterrestres. La série utilise la voix-off comme souvent mais avec une facilité un peu  dérangeante. « My name is… » est le genre d’introduction déjà dépassée. A base de photos d’épisodes, Mulder nous remet dans le bain, dans le coeur de la série à savoir le pitch pur et simple de la série : les enquêtes paranormales et la conspiration extraterrestre. L’épisode base le coeur de son intrigue sur les événements de Roswell en 1947 avec ce fameux crash de soucoupe. Pour la première fois de son histoire, X-Files nous montre ce qu’il s’est passé. A partir de là, on touche au premier problème de l’épisode, My Struggle ne cache rien. Ou tout du moins, X-Files ne suggère plus rien.

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Cette scène n’est pas dans l’épisode, on vous prévient

Explosions, alien, technologie, passif des personnages, les non-dits sont morts dans X-Files version 2016. On y va à coup de surligneurs à tous les secteurs. Les dialogues sonnent un peu faux entre Mulder et Scully et on se souvient que cette impression avait été soulignée lors de la diffusion d’un extrait. On se retrouve alors avec des scènes qui ne parlent pas aux fans ou alors ceux qui veulent revoir les gimmicks de la série au temps des premières saisons. C’est ce qu’on redoutait et ce que cet épisode nous propose : un nouveau départ qui se base sur un état des lieux de la série qui s’arrête aux trois premières saisons. Il faut se mettre en tête que le grand public connaît le pitch global de la série mais ne connaît pas les vraies évolutions des personnages de la série et a donc une image arrêtée et clichée de ce qu’est X-Files : un duo d’enquêteurs qui chasse les aliens, duo composé d’une sceptique et d’un parano… La série est passée outre ce postulat depuis les 5 dernières saisons du show ! Alors forcément, Mulder est redevenu le parano qui veut du petit homme vert et Scully, la chieuse qui veut qu’on la laisse tranquille. A ce niveau, Gillian Anderson nous ressert encore la rigide Scully de Régénérations avec son coup tendu et ses yeux tristes tandis que Duchovny nous livre un Mulder encore bien efficace mais évidemment à mille lieux du personnage qu’on nous avait laissé en fin de série.

Venons-en au coeur de l’épisode à savoir cette enlevée, Sveta, qui a des choses à dire et que Tad O’Maley (Joel McHale de Community), Morandini du complot, souhaite présenter à Mulder et Scully. Il n’y a tout simplement rien qui ne nous surprend. Les enlevés se comptent par dizaines dans la série et ce n’est pas un bête conspirationniste qui pourrait éveiller la curiosité de Mulder… Pourtant Carter prend ce prétexte pour réunir Mulder et Scully. Même Skinner (redevenu assistant directeur alors qu’il était directeur dans le second film) en est réduit à ne plus être réintroduit et aura juste une scène où on le voit ouvrir la porte du bureau de Mulder. Non. Tout ça n’est pas très fin. Ce qu’on nous montre est connu des fans depuis 200 épisodes et deux films. Ce déjà-vu ou plutôt ce rabachage affaiblit l’ensemble qui est pourtant bien rythmé et mené. A chaque acte, on a envie de savoir quel est le fin mot de cette histoire. On retrouve la musique de Mark Snow, la réalisation sobre et efficace (les standards d’aujourd’hui désormais) et l’alchimie entre Duchovny et Anderson (même s’il faut attendre la moitié de l’épisode pour s’en féliciter).

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Malgré un dénouement assez convenu et Mulder et Scully très passifs dans l’affaire, on se dit que X-Files avait besoin de ce reboot qui tend vers l’incohérence du propos. Ceux qui vont regarder et qui intéresse la Fox et les annonceurs ne sont pas les fans, ils sont minoritaires. C’est le grand public, celui qui résume la série en une phrase. X-Files en 2016, ce n’est plus de la suggestion, c’est un service sur un plateau d’argent d’un plat qu’on connait mais qui a été remis au goût du jour.

 

 

Maintenant quid de 2012 qui n’est pas mentionné, quid du retour de l’Homme à la cigarette qui vient faire coucou et surtout quid de la conspiration qui semble revenir à des fondamentaux intéressants et qui nous fait dire que la mythologie avait trop évolué. Dans les faits, c’est excitant, dans l’exécution, c’est encore bancal et il faudra attendre le sixième et dernier épisode pour voir une once de nouveau développement. 42 minutes c’est peu.

La mythologie s’oriente vers des expérimentations humaines, un pan de la mythologie qui restait encore floue. Remettre l’humain au centre du complot permet de situer le coeur de l’intrigue sur un sujet plus terre à terre. Carter l’a joué finement là dessus. Les quelques morceaux d’indices laissés ça et là (avec notamment la mention des Navajos comme peuple ayant une difformité assez commune…) peuvent donner de belles choses mais il est clair que repartir sur Roswell et la base du rôle du gouvernement sera difficile à tenir niveau cohérence de 9 ans de ramifications mythologiques.

On veut y croire.