La crise économique touche tout le monde, et particulièrement la bulle de l’immobilier en 2008 aux États-Unis. 99 Homes revient sur la spéculation et des moyens pas tout à fait légaux de faire fortune…

Les films sociaux impactent plus ou moins l’esprit des gens. Mais quand ce sont les 99% des gens qui sont touchés, cela nous concerne tous. Même si en France, l’expulsion est bien plus complexe et protégée qu’aux États-Unis.

99 Homes dans son titre, fait écho aux 99ers. 1 % de la population américain détient autant de richesses que les 99 % de la population restante. Le film tourne autour de la question de l’argent mais aussi de l’humanité. Oui, car les scènes d’expulsion blessent vraiment, entre la compréhension que celui qui fait son travail est censé être payé, mais aussi l’incompréhension que face à tant de misère, les agents n’aient pas plus pitié. Mais de toute façon, il faut se rendre à l’évidence, pour gagner de l’argent dans une bulle économique, il faut être sans pitié. Si les méthodes soulèvent l’indignation des spectateurs, imaginez quand il s’agit de votre maison qui est saisie…

©WildBunch

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Ramin Bahrani est également le réalisateur du sous-estimé At Any Price (sérieusement sous-estimé probablement à cause de Zefron au casting malheureusement), où un événement économique chamboulait une famille. Son authenticité se ressent avec le style brut de la réalisation, parfois hasardeuse. Dans 99 Homes, le message se veut politique et prend une dimension plus profonde. Au fur et à mesure que l’histoire se déroule, que les biens immobiliers sont saisis, après chaque trousseau de clés jeté dans le bocal, c’est son âme que Dennis vend morceau par morceau. Et ce contrat avec le diable ? Il a été signé avec nul autre que Rick Carver.

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Pour le coup, c’est Michael Shannon qui délivre les meilleures répliques, avec cette vilenie qui lui sied. Le calcul dont il fait preuve pour gagner des sous révèle le génie derrière. Andrew Garfield quant à lui joue les bons petits soldats, mais surtout celui qui n’a plus le choix… Bien sûr, il y aura quelqu’un pour dire « on a toujours le choix », mais entre laisser vivre sa famille dans une chambre d’hôtel ou subvenir à leurs besoins quitte à oublier la frontière de la moralité, le choix se fait relativement vite pour les moins regardants. Et malgré tout, on se surprend à soutenir Dennis, car oui, Garfield réussit à montrer ce mépris envers son propre personnage qui n’assume pas ses actes.

(P.S. : Mais alors pourquoi c’est sorti en e-cinéma et pas dans les salles ? Je veux dire, c’est un film avec des « stars » dans une certaine mesure, et vraiment bien fait…)