Free Love, en salles le 10 février, est réalisé par Peter Sollett et s’inspire de faits réels. Engagé, abordant plusieurs sujets difficiles (injustice, maladie, deuil), c’est le genre de film que l’on a du mal à regarder, mais que l’on sait important.

free-loveNew Jersey, 2002. Laurel est inspecteur de police. Depuis 20 ans, elle travaille d’arrache-pied et a mis sa vie entre parenthèses. Jusqu’à sa rencontre avec Stacie, une jeune mécanicienne. Les deux femmes tombent amoureuses et s’installent rapidement ensemble. Pour marquer le coup, elles se rendent à la mairie pour un « partenariat domestique ». Mais Laurel se voit diagnostiquer un cancer du poumon avancé. Le traitement commence. Mais alors qu’elle débute les démarches pour que Stacie bénéficie de la pension allouée aux conjoints de fonctionnaires de police après leur décès, les problèmes commencent. La transmission de cette pension n’est pas autorisée pour les « partenaires domestiques ». Aidée de son coéquipier, Laurel va tenter de défendre sa cause. Ils font la rencontre d’un activiste gay qui permet entre autres de rendre l’affaire publique et d’exercer une pression sur la hiérarchie policière.

Free Love traite de faits réels, survenus en 2002 et qui ont considérablement fait évoluer les choses pour les couples gay au niveau de l’État.

Steve Carell en activiste gay / Universum Film

Steve Carell en activiste gay / Universum Film

Alors qu’Ellen Page et Julianne Moore sont très justes dans leur interprétation, tout en sobriété et en humanité, Steve Carell fait plutôt office de pantin et rend l’ensemble très américain. Plusieurs scènes font finalement sourire, voire rire. On ne sait si le cliché est voulu à ce point. Free Love a un côté maladroit qui vient peut-être de la volonté d’en montrer un peu trop. Cet aspect exagéré est pourtant contrebalancé par le traitement de la relation de Laurel et Stacie, dont le ton est très juste.

Âmes sensibles, s’abstenir : les scènes finales de maladie avancée sont à la limite du soutenable. Était-ce bien nécessaire ? Cela ne rend pas l’ensemble pour autant plus émouvant. On aurait du coup préféré un film moins long, plus ramassé, plus politique aussi sur les différents aspects et moments de l’affaire, notamment en interne entre les membres du conseil de police.

Universum Film

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Finalement, le meilleur passage et le meilleur discours est celui de Stacie. Agacée et attristée par tout ce tapage, alors qu’elle aimerait profiter au calme des derniers jours de sa compagne, elle finit par s’exprimer malgré sa grande timidité. « We are just average people » (nous sommes comme tout le monde), dit-elle en racontant leur quotidien simple. La jeune femme se montre plus étonnée qu’autre chose des complications inhérentes à leur situation. Finalement c’est bien le seul résumé de la situation qui vaille, et le plus percutant.