Les Deux Amis, premier long métrage du comédien Louis Garrel sort ce mercredi 3 février en Blu-ray et DVD. L’occasion de revenir sur un film qui apporte de la fraîcheur dans une industrie française peu innovante.

Clément, figurant de cinéma, est fou amoureux de Mona, vendeuse dans une sandwicherie de la gare du Nord. Mais Mona a un secret, qui la rend insaisissable. Quand Clément désespère d’obtenir ses faveurs, son seul et meilleur ami, Abel, vient l’aider. Ensemble, les deux amis se lancent dans la conquête de Mona.

Louis Garrel est bien connu du cinéma français et l’un des comédiens les plus attrayants de sa génération tant par son jeu d’acteur que par ses choix de carrière – tantôt jeune parisien vivant une relation incestueuse avec sa sœur pour Bertolucci dans Innocents – The Dreamers, tantôt amant d’Yves Saint Laurent dans le génial Saint Laurent de Bonello – il s’est fait remarqué à plusieurs reprises aux côtés de Christophe Honoré dans Les Chansons d’AmourLa Belle Personne ou encore Ma Mère, qu’il retrouve ici en tant que co-scénariste.

Une paire gagnante donc puisque l’un des aspects les plus intéressants de Les Deux Amis est son scénario. Bien que l’intrigue soit relativement simple, Garrel et Honoré parviennent à nous embarquer dans les périples du trio naissant et ce grâce à une sobriété dans leur traitement et une atmosphère vacillant entre légèreté et sérieux. A plusieurs reprises, le récit touche à différents genres jonglant habilement entre comédie, drame et romance. Si le début peut en déconcerter plus d’un, principalement à cause du fait que le film n’entre pas dans une catégorie unique, la suite finit par nous charmer et nous convaincre que le cinéaste a beaucoup plus à nous dire qu’on ne le croit.

les deux amis

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En effet, il parvient à nous surprendre par des séquences inattendues qui nous font rire, nous émeuvent ou nous déroutent – cf, la scène de danse dans le café. Le tout porté par un trio électrisant qui fonctionne à merveille : la ravissante Golshifteh Farahani, qui a déjà une filmographie importante (Mensonges d’Etat de Ridley Scott, Poulet aux Prunes de Marjane Satrapi ou My Sweet Pepper Land de Hiner Saleem), s’impose clairement face aux deux autres grâce à une sensibilité et un jeu des plus naturels. Vincent Macaigne s’en sort également très bien dans un rôle complexe, de même que Louis Garrel, toujours très juste, qui ne se donne pas le « beau rôle ».

Malgré tout, le long métrage n’apporte pas de véritable originalité sur le plan technique. La mise-en-scène, si elle est correcte, reste relativement classique. De ce fait, Les Deux Amis est agréable à découvrir mais ne restera pas, à priori, une oeuvre mémorable. Le temps nous le dira…