Alors que la saison 4 n’a même pas encore été diffusée (ce sera le cas le 4 mars sur Netflix), House of Cards a déjà prévu une cinquième saison pour 2017. Avec toutefois une modification de taille…

©Netflix

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Le choix peut surprendre. En effet, si House of Cards, une « historique » de Netflix (elle est l’une des premières nées avec Orange is the New Black), jouit d’une bonne réputation et de bonnes audiences, c’est au niveau de l’histoire qu’il y a matière à s’interroger. Là où les Britanniques (car House of Cards est avant tout un remake) en ont fait trois saisons (avec, SPOILER la mort du personnage principal SPOILER), les Américains n’ont pas pu résister à l’idée d’étirer un show qui est devenu un phénomène viral grâce à la prestance de Kevin Spacey aka Frank Underwood, en témoignent les petits teasers lâchés ces dernières semaines. Toutefois, la saison 3 était de qualité, et du fait de sa fin ouverte, une saison 4 était inévitable, et pouvait a priori passer pour la dernière de la série. Piqûre de rappel : à la fin de la saison 3, Frank, en campagne et désigné candidat à la présidence des Etats-Unis, est quitté par sa femme Claire, lassée de jouer les potiches et les poupées manipulées par son sociopathe de mari. Dès lors, la saison 4 aurait pu apparaître comme l’ultime saison où Frank doit prendre des choix radicaux concernant sa personne et sa carrière politique, le laissant au final démuni ou encore plus puissant. 4 saisons, cela semble déjà beaucoup pour un show aussi massif (tant sur la forme que sur le fond, son budget est colossal) sur l’ascension d’un personnage au pouvoir. Le choix d’une cinquième saison s’inscrit clairement dans une idée de profiter de l’événement que constitue House of Cards pour faire passer Frank par des chemins un peu plus tortueux, histoire d’essorer au maximum un personnage qui pourrait cependant ne plus devenir que la caricature de lui-même, obligé de se recycler encore et encore alors que 4 saisons sont déjà beaucoup pour avoir fait le tour du personnage. De surcroît, en tant que phénomène sociétal, et les élections à la présidence américaine se déroulant fin 2016 (on voit d’ailleurs des affiches « FU 2016 » partout sur le Net), il y a peut-être volonté également de profiter de cela pour offrir, via la série, un contrepoids télévisuel digne des grandes stratégies de showbusiness. Et là s’imbrique une question : si tel était le cas, cela pourrait-il être la véritable cause du départ du showrunner Beau Willimon à la fin de la saison 4 ? A-t-il refusé de « vendre » son puissant concept à la solde de stratégies commerciales ? Quoi qu’il en soit, si une saison 5 pouvait faire tiquer, l’absence du créateur n’est pas spécialement pour nous rassurer… Reste à savoir si cette cinquième saison sera justifiée scénaristiquement et arrivera toujours à nous surprendre. Premier verdict après la diffusion de la saison 4, dès le 4 mars.