Malheureusement, le début 2016 n’est pas mieux que 2015. Et à ce rythme, nous allons tenir une rubrique nécrologique régulière. Après Michel Galabru, Pierre Boulez, David Bowie, c’est Alan Rickman, inoubliable Pr Rogue pour beaucoup d’entre nous, qui a succombé à un cancer, à l’âge de 69 ans.

Comme David Bowie, et seulement trois jours plus tard, Alan Rickman a été terrassé par un cancer, au même âge, 69 ans. Et comme David Bowie, le choc, tant il n’était pas attendu, n’en est que plus brutal. Car au-delà de son interprétation mondialement connu du professeur Severus Rogue dans l’octalogie Harry Potter, si puissante qu’elle nous a fait adorer le détester, Alan Rickman était devenu une figure, reconnaissable entre toutes. Son style et son élégance toutes britanniques en avaient fait un acteur de tout premier plan, tant au cinéma qu’au théâtre, son genre de prédilection (il a joué dans plus de soixante pièces), où il fut, d’abord et avant tout un grand shakespearien (The Tempest, Romeo and Juliet, Antoine et Cléopâtre). Sa carrière cinématographique ne début d’ailleurs qu’en 1988, alors qu’il jouit déjà d’une assise plus que conséquente, renforcée trois ans plus tôt par le rôle de Valmont dans la pièce adaptée des Liaisons Dangereuses. Et de quelle manière ! Celle d’une interprétation mémorable du terrible Hans Gruber, le premier ennemi de John McClane dans le premier opus de la saga Die Hard. Ce rôle vaudra d’ailleurs à Rickman d’être nommé 46e meilleur méchant de tous les temps. Au-delà de ses traits et de son regard si particuliers, lui donnant toujours cet air endurci et froid qui faisait son succès dans ses performances de personnages complexes empreints d’une profonde mélancolie (Rogue, mais aussi le juge Turpin de Sweeney Todd, le Shérif de Nottingham, ou encore le colonel Brandon de Raisons et Sentiments), Alan Rickman était une voix inoubliable. Cette voix grave, travaillée, à la fois susurrante (comme celle de la chenille Absolem de Alice au Pays des Merveilles), doucereuse et glacée, qui tout de suite posait le personnage et participait de ses ambiguïtés (c’est sous ce timbre sec et dur que l’injuste Pr Rogue cachait une frustration amoureuse immense). Aussi metteur en scène et réalisateur (dont le tout récent Les Jardins du Roi, où il incarnait Louis XIV, comme un dernier rôle symbolique d’un grand acteur), Alan Rickman était un vrai artiste et une personne d’une grande sensibilité. Il avait d’ailleurs déclaré : « si l’on juge un personnage, on ne peut pas le jouer », paroles qui résonnent en écho avec son interprétation du Professeur Rogue. Immense acteur, on pourra toutefois encore le découvrir dans la suite d’Alice au Pays des Merveilles, où il redonne sa voix à Absolem, mais aussi dans le film Eye in the Sky.

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Adrien souhaite à son tour rendre hommage à un acteur qui l’a marqué :

Alan Rickman était un très grand acteur. Bon en chaque instant, sa mort me touche personnellement car comme beaucoup il a été ma porte d’entrée dans l’univers fascinant de JK Rowling au cinéma. C’est dans son interprétation de Severus Rogue que je veux me souvenir de lui : un homme certes triste, blessé, mais profondément bon et sensible. J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps lors de sa dernière apparition dans son rôle et je n’ose pas imaginer l’état dans lequel je serai la prochaine fois que je le verrai. Peut être ressentirais-je finalement un détachement, ne verserai pas une larme car la mort fictive se sera détachée de la mort réelle, devenant donc infiniment moins réelle. Mais la peine de l’avoir perdu, lui, arrivera sans doute dès que je verrai son visage, renfrogné, aigri, mais si lourd de sens quand on a compris le personnage. Ceci n’est pas la nécrologie du professeur Rogue, dont j’ai passé le cap du déni depuis bien longtemps, mais participer à celle de Severus Rogue me rend incapable de le détacher de son personnage, tant il avait compris dans son interprétation remarquable l’essence même de son personnage, si complexe. Mais, plus qu’un simple personnage de film, un grand acteur disparaît aujourd’hui, dont je ne pourrai que le souvenir tant il est lié à tout ce que j’aime dans le cinéma. Repose en paix, Alan Rickman, nous n’oublierons pas : « le dernier ennemi qui sera détruit, c’est la mort ».

Akiha, également, voudrait l’honorer :

Parfois, les décès des « célébrités » paraissent bien lointaines et intangibles. Mais pas celle d’Alan Rickman. Un Alan Rickman qui a bercé notre enfance, qu’on revoit au moins chaque année à Noël dans Love Actually si ce n’est dans un marathon Harry Potter… Un visage avec l’arrogance à la britannique qui révélait un acteur de talent et une personne admirée de tous. Ce n’est pas un rôle qui a marqué mais une carrière, même si pour la plupart des jeunes potterheads, il restera toujours le professeur Rogue, Always.

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Iris, enfin, voudrait aussi rajouter quelques mots :

L’année n’a commencé que depuis 14 jours, et entre les (trop nombreuses) morts de célébrités, voilà que mon acteur favori disparaît brusquement (je ne savais pas qu’il souffrait d’un cancer). Alan Rickman était surtout connu pour le rôle du Professeur Rogue dans Harry Potter, mais il a joué dans un très grand nombre de films ! Cet homme m’a tapé dans l’oeil justement dans Harry Potter : le genre de gars qu’on adore détester ! Et quand j’ai entendu sa voix en VO, j’étais complètement fan ! Je me souviens avoir recherché et acheté tous les DVD de sa filmographie. C’est ainsi que j’ai redécouvert Die Hard et Robin des Bois avec un oeil différent. C’est aussi là que j’ai découvert la petite perle Snow Cake avec mon autre actrice préférée, Sigourney Weaver. Et Bottle Shock sur l’histoire d’un anglais qui découvre et importe le vin californien (maintenant presque aussi réputé que le vin français). Et le très drôle Galaxy Quest, où il joue un acteur blasé ! Et plein plein d’autres… En me remémorant tous ces moments, je me dis qu’il est temps que je me refasse toute sa filmographie, et je vous enjoins à le faire aussi, sans risque ! Aujourd’hui, Alan Rickman est mort. Aujourd’hui, je suis triste.