Si Bad Education vous dit quelque chose, c’est sans doute que vous avez suivi les trois saisons de la BBC3 jusqu’en 2014. Pour clore l’aventure en beauté, Jack Whitehall revient pour de folles péripéties jusqu’en Cornouailles, sous la forme d’un long-métrage intitulé The Bad Education Movie.

Eh non, il ne s’agit pas là du classique d’Almodavar, mais bien de l’épilogue des cours d’Alfie Wickers, le prof le moins pédagogue de l’histoire, qui emmène sa classe K pour un dernier tour de manège afin de fêter la fin du lycée dans une comédie un peu grossière.

Bad Education, c’est le versant moins trash de The Inbetweeners. Et comme son compatriote, la fin de la série n’a pas annoncé la fin de leur histoire puisqu’elles connaissent le même sort : une adaptation en film. The Bad Education Movie confie une fois de plus la lourde tâche à Jack Whitehall de dérider les spectateurs. L’humoriste a su construire un nom en tant que comédien de stand-up, et malgré sa tendance à tout rabaisser, son personnage d’Alfie Wickers réussit à se rendre attachant malgré tout. Grand enfant, un man-child, comme le disent si bien les Anglo-Saxons, Alfie a tout pour sympathiser avec les jeunes, même les plus dissidents de l’école. Avec sa fameuse classe K de cas sociaux des plus divers, ils partent en voyage scolaire jusqu’en Cornouailles… accompagnés de la mère hyper relou de Joe comme chaperonne car elle ne fait strictement pas confiance au prof d’histoire. Normal, me direz-vous.

©EntertainmentFilm

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L’intrigue ne sert pas à grand-chose à part accumuler des idées de plus en plus délirantes. Ils commencent par des champis lors d’une visite au musée d’Anne Franck pour finir sur de la marijuana… Entre temps, ils arrivent quand même à mentionner un groupe politique extrémiste local, l’historique complet d’une église, sans oublier un débat sur la zoophilie. Mais à travers toutes ces épreuves, la classe K reste soudée, menée par leur prof favori qui ne le cache pas, porte une véritable affection à ses élèves qui le lui rendent bien. Tout au long de la série, et le sentiment culmine particulièrement dans le film, ils ont beaucoup appris les uns des autres et ils s’en sortent mûris, même s’il est difficile de s’identifier à ces stéréotypes parfois.

On s’en doute, avec un scénario co-écrit par Whitehall et son comparse Freddy Syborn, les répliques ne pouvaient être que pleines de blagues crasseuses et puériles. Cet humour dans la série de « bon goût » était équilibré avec la présence des autres personnages plus adultes, comme Miss Gulliver qui avait enfin réussi à choper Alfie, ou même les interruptions perverses-sociapathes de Fraser. Ici, le rebelle de la CLA (interprété par Iain Glen) ne parvient pas à unifier les foules même avec son côté ronchon. C’est le gros problème, au final, on ne rit pas vraiment, on cherche juste à connaître le sort de la classe K.
Ah oui, chronologiquement parlant, The Bad Education Movie se trouve complètement à part car elle ne suit pas tout à fait avec cohérence les faits de la série, mais en même temps, c’est quand même la fin du lycée…

(P.S. : Whitehall adore vexer les gens dans ses spectacles en fait, il fait des blagues trop méchantes à mon goût…)