Mieux vaut tard que jamais, un film indépendant et torturé, Before I Disappear n’est pas à regarder en période de déprime.

Before I Disappear prenait en fait la forme d’un court-métrage intitulé Curfew de Shawn Christensen datant de 2012 qui a remporté l’Oscar du court-métrage. Mais il a eu l’opportunité de le transformer en long-métrage, grâce à l’aide de Paul Wesley notamment, et le résultat est enfin sorti sur nos écrans le 2 décembre dernier (encore diffusé dans quelques cinémas choisis).

Richie touche le fond d’une dépression totale. Le film s’ouvre sur sa lettre d’adieu à sa petite-amie décédée suivie de sa tentative de suicide tout simplement. S’ensuivent alors la mention de dettes, la reconnexion avec sa sœur et sa nièce, et une balade dans New York. L’ambiance rappelle celle de To Write Love On Your Arms, pas seulement à cause du suicide, mais aussi par l’immersion dans la drogue, la solitude, malgré une maturité un peu plus évidente. Ce film indépendant crée bien sa propre atmosphère mais manque quand même de contenu. Le mal-être généralisé et caractérisé engouffre complètement son personnage et le spectateur avec, mais malgré l’empathie qu’on peut ressentir pour Richie, on n’arrive jamais à vraiment s’y attacher.

©IFCFilms

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Ce qui sauve le film de sa torpeur, c’est la relation entre Richie et sa nièce, Sophia. Fatima Patcek est l’exemple même de l’actrice précoce. Elle réussit avec une facilité déconcertante à tenir tête à Shawn Christensen dans un personnage trop mature pour son âge à cause de la défaillance de sa mère (Emmy Rossum). Pour l’anecdote, déjà en 2012, elle interprétait le rôle de Sophia et l’auteur réalisateur ne voyait personne d’autre pour le rôle. La relation entre Richie et Sophia s’apprécie et se regarde sous un œil amusé. Les rôles adulte-enfant s’inversent, et sa précocité se ressent dans sa répartie. Bien sûr, entre deux scènes, forcément il y a le dealer de drogue qui s’immisce, mais aussi le mafieux venu réclamer son remboursement. Mais la touche d’originalité vient des scènes imaginaires que Richie visualise sous l’effet de la drogue, comme des scènes chantées et dansées, dont l’une dans un bowling (très différente d’Across the Universe) directement tirée de son court-métrage.

(P.S. : Le film est très personnel, et c’est ce qui est touchant, mais punaise que c’est déprimant.)