Netflix offre pour les fêtes une émission particulière avec Bill Murray, A Very Murray Christmas, dans son propre rôle.

Sofia Coppola retrouve Bill Murray, non pas pour la suite de Lost in Translation, mais pour une production spéciale fêtes de Noël écrite par les deux comparses et Mitch Glazer, disponible sur Netflix.

C’est… chelou. Le terme semble bien adéquat pour cette heure passée en compagnie de Bill Murray qui chante des chansons de Noël sur des airs complètement dépressifs. La pléiade d’invités ne fait que mettre son héros éponyme à l’honneur. On le sait, à l’approche des fêtes, la société capitaliste s’excite et cherche des moyens de surenchères pour pousser encore plus à la consommation pour fêter ensemble les traditions. La télévision n’échappe pas à la règle, le Grand Cabaret incarne l’exemple type chez nous, et avec les multitudes d’épisodes spéciaux de toutes les émissions Netflix a tiré le gros lot avec la sienne, ce faux docu-fiction, qui allie numéros musicaux, invités d’exception devant et derrière la caméra sous le titre égocentrique d’A Very Murray Christmas.

©Netflix

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L’idée est simple, Bill Murray est obligé de présenter cette émission à l’hôtel Carlyle de New York à la veille de Noël, mais suite à la mauvaise météo, tous ses invités n’ont pas pu se rendre à l’événement comme George Clooney. Il n’a aucune envie de l’animer, mais comme le font pas si subtilement remarquer ses productrices (Amy Poehler et Julie White), son contrat plane au-dessus de sa tête et il est bien obligé de l’honorer. Bon gré, mal gré, son aventure continue dans les couloirs de l’hôtel, en passant par les cuisines jusqu’au bar où divers invités vont venir l’accompagner chanter des classiques de Noël de Jingle Bells à Silent Night sur les notes de Paul Schaffer. Les chansons ne sont pas les seuls éléments classiques de l’émission, puisque l’ambiance, et même le genre, laissent une impression de déjà vu. Il faut avouer qu’en France, tout cet aspect des chants de Noël est beaucoup moins exploité, du coup, on n’est pas très familier avec.

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Sofia Coppola en profite pour filmer son mari, accompagné de son groupe Phoenix, en duo avec monsieur Murray, mais il n’est pas le seul professionnel de la musique puisque Jenny Lewis interprète un beau rendu de Baby It’s Cold Outside également. Puis d’autres noms comme Maya Rudolph ou Chris Rock, tous répondent présents pour pousser la chansonnette dans A Very Murray Christmas. On n’oublie pas Rashida Jones et Jason Schwartzman qui jouent un joli couple sur le point de se marier, le tout sur la dépression omniprésente du personnage principal. Difficile de ressentir de la joie quand ils chantent ou de s’extasier devant leurs voix puisque la majorité des invités ne sont pas des chanteurs à la base, et ils ne fournissent pas d’effort pour y mettre du leur afin de rester cohérent avec le concept de l’émission. L’humour semble également absent, même avec une lecture au second voire troisième degré, après que l’esprit de Noël soit passé par là. En tout cas, c’est dans une complète incompréhension qu’on regarde avec désarroi les dix dernières minutes de ce moyen métrage.

(P.S. : Ça me fait penser un peu à Love Actually, à croire que les chants de Noël doivent être mal chantés…)