Place à quelques rires… ou du moins, on essaye. Rien ne nous préparait à la vague Amy Schumer. Et pourtant, la voilà, et cette fois-ci dans une comédie sur grand écran, Crazy Amy.

Crazy Amy (Trainwreck en VO) est le dernier film en date de Judd Apatow qui sort sur nos écrans mercredi prochain.

Depuis sa plus tendre enfance, le père d’Amy n’a eu de cesse de lui répéter qu’il n’est pas réaliste d’être monogame. Devenue journaliste, Amy vit selon ce crédo – appréciant sa vie de jeune femme libre et désinhibée loin des relations amoureuses, qu’elle considère étouffantes et ennuyeuses ; mais en réalité, elle s’est un peu enlisée dans la routine. Quand elle se retrouve à craquer pour le sujet de son nouvel article, un brillant et charmant médecin du sport nommé Aaron Conners, Amy commence à se demander si les autres adultes, y compris ce type qui semble vraiment l’apprécier, n’auraient pas quelque chose à lui apprendre.

Je ne suis pas partisane d’Amy Schumer, vraiment pas. Mais la bonne surprise de ce film, c’est qu’il ne délivre pas autant de vulgarité beauf que ce que j’aurais cru, elle ne surjoue pas, et le casting ne pourrait pas être plus parfait. Grossier, oui, surtout dans les références sexuelles, mais pas gras. C’est surtout que le personnage de Bill Hader compense le niveau de folie d’Amy Schumer. Plus habitué dans des rôles plus caricaturaux dans les sketchs du Saturday Night Live, il surprend avec son humour beaucoup plus posé et naturel. On retrouve pas mal d’acteurs de l’émission d’ailleurs, non seulement Vanessa Bayer en personnage secondaire, mais aussi Pete Davidson et Leslie Jones de passage. Malgré tout, le film se présente plus comme un long Amy Schumer show, qui a connu une certaine notoriété cette année passée balayant même Lena Dunham en tant que it comédienne du moment.
A noter la présence de Tilda Swinton dans une pure comédie, ainsi que celle d’Ezra Miller (qui avaient déjà tourné ensemble dans We need to talk about Kevin). Sans oublier LeBron James (qui se débrouille pas mal du tout et dont les scènes avec Hader passent comme une lettre à la poste) et d’autres sportifs qui jouent leurs propres rôles, la Schumer est plutôt bien entourée, sans compter tous les caméos qu’on voit (Daniel Radcliffe et Marissa Tomei, rien que ça). Oh, est-ce que j’ai mentionné Brie Larson aussi ? Non, pas encore ? Bref, voilà, beaucoup de noms.

©Universal

©Universal

Cela n’empêche que Crazy Amy reste une romcom, et qu’elle soit réalisée par Judd Apatow ne change pas la donne si ce n’est qu’il réussit à attirer un public plus masculin que la moyenne. Mais on anticipe aisément les événements, et même si quelques blagues font mouche, la voix off d’Amy irrite rapidement. Tombée dans cette relation sur laquelle personne ne parie, car ils « connaissent » Amy et la pensent incapable de changer alors qu’elle croit dur comme fer qu’il pourrait être « l’unique » l’obligeant par la même à mûrir. Oui, c’est du vu et revu… Mais s’ils vont bien ensemble, on leur pardonne.
L’histoire est attachante et drôle, aucun doute là-dessus. Même le thème de la famille apporte son propre sens, ce qu’on ne peut pas dire de toutes les comédies. Puis les échanges entre les divers personnages font vraiment naturels dans leurs comportements, malgré des répliques un peu trop préparées, avec une réserve de spontanéité qui m’a étonnée de la part de Schumer. Donc j’en ressors mitigée. En fait, le fond manque de ce petit quelque chose pour en faire une comédie touchante.

(P.S. : En gros, ce qui sauve le film, c’est son cast…)