On ne va pas se mentir, les zombies marchent fort dans la culture populaire du moment. Toutefois, si la Bit-Lit en regorge, et si la série The Walking Dead fait toujours des scores impressionnants, le cinéma, hormis quelques trublions du passé (Resident Evil) et quelques OVNI (Warm Bodies) reste, en ce moment, assez timide en la matière. Haut les coeurs, Road of the Dead arrive dans les bacs par KMBO éditions (page facebook)

Alors qu’une météorite s’est écrasée sur la Terre, les vivants se transforment en zombie. C’est dans ce beau bazar qu’évolue Barry, à la recherche de sa soeur, Brooke, capturée par des paramilitaires …

Heureusement que Kiah Roache-Turner est là pour nous rappeler toute la richesse d’un genre pourtant usé, dans les apparences, jusqu’à la corde par le cinéma des années 90. Difficile de raconter une histoire originale dans ce genre a priori ultra-simple à exécuter où morts se contentent de courir après les vivants. Alors que Danny Boyle avec su proposer quelque chose d’exceptionnel avec 28 Jours, mais surtout 28 semaines plus tard (certes réalisé par Fresnadillo mais tout de même produit par Boyle), le renouveau du genre semble quand même peu réaliste, yout semble avoir été dit, non ?

Pauvres fous. Non content d’être un des films les plus épiques de cette année (on distingue souvent ce film comme un Mad Max avec des zombies, pour vous donner une idée), Road of the Dead propose au spectateur blasé par les éternels exercices de tyle que connaît le genre 10000 bonnes idées à la seconde, la meilleure étant sans doute que les zombies, le jour levé, ont un sang inflammable qui peut, entre autres, servir d’essence pour les voitures ! Sous le couvert, lors des premières scènes, d’un apparent premier degré, le film est en fait un gros délire à la limite de l’écologie hardcore : quand Fury Road propose de remplacer l’essence par de l’eau, Road of the Dead en fait du sang de zombie !

Le film, genre oblige, est épouvantablement violent, et cette violence, très étonnement à l’heure des Kick-Ass et autres Kingsman, n’est pas toujours sublimée par le second degré ou la mise en scène. En témoignent certaines scènes de torture, très crues et sans vrai humour ou dérision auxquels s’accrocher, vrai moments de gêne, on reconnaît un vrai talent dans la manière d’accrocher le spectateur. C’est là une des originalités du film, d’ailleurs, qui prend la posture de l’hommage (en témoigne le fameux savant fou, rarement drôle ou caricatural) à ses ainés, sans jamais tomber dans la moquerie facile. Depuis Romero, les zombies n’ont jamais été aussi agressifs, un vrai sentiment de danger se fait ressentir au visionnage, on a enfin peur pour les personnages qui, si souvent sont eux-mêmes dangereux et bien entraînés, communiquent de par une interprétation sensible et réaliste (on rappelle quand même que tous en sont plus ou moins à leur premier rôle important) une vraie sensation de peur.

 

Road of the Dead

Prêt pour l’affrontement !

Bien sûr, le gros du scénario se contente, malgré quelques saillies et idées bien senties, d’une banale histoire d’invasion de morts, dus à une chute de météorite. Mais les zombies ne sont pas toujours le principal danger, alors que les humains méfiants, voir sadiques, prennent souvent un malin plaisir à se torturer et s’entre-tuer. Road of the Dead parle souvent de rédemption personnelle, de culpabilité, parfois d’héroisme mais teinté d’une noirceur impitoyable. On est heureux que le pitch soit suffisamment modeste et retreint pour ne pas faire partir le film dans de grandes considérations scientifiques et psychologiques, ici l’homme est un loup pour l’homme et on s’arrête ici ! Il s’autorise même, parfois, un changement de genre, à l’horreur réaliste se substituent des pouvoirs magiques, dont celui de Brooke qui est SPOILER de contrôler aux zombies FIN SPOILER. Un scénario riche en émotions, donc, sublimé par une mise en scène honnête, avec effets gores souvent organiques (voilà qui est agréable), malgré une shaky-cam qui, si elle peut parfois renforcer l’immersion dans l’action, se marie très mal avec le montage coupé rapidement à la hache, presque épileptique. Quand à la bande-son, elle est épique à souhait, et donne à l’ensemble un ton souvent juste.

Au delà de son évidente et rafraîchissante, mais ne passant jamais pour une excuse pour faire mal, humilité, le Road of The Dead reste un film très sincère, avec tout ce que cela peut comporter comme qualités et défauts quand le réalisateur en est à son coup d’essai. Bon film de genre à l’ancienne, il saura ravir les amateurs d’hémoglobine dans sa durée toute adaptée d’une heure et demie. Le film sort en DVD aujourd’hui par KMBO (page facebook). Merci à Cinétrafic, retrouvez les films d’horreur sortis en 2015 et les meilleurs films d’action de cette année 2015.

AMD